40% des 11-15 ans déclarent que l'école les ennuie

Notre Avenir à tous publie la troisième vague de son « Baromètre des adolescents » mené par Ipsos, en partenariat avec la Chaire Innovation Santé de l’Essec. Santé mentale, mal-être, ennui et manques de concentration à l’école, isolement, info-anxiété, hyper connexion et cyberharcèlement : une légère embellie chez les 11-15 ans mais une situation toujours très préoccupante.

Une légère amélioration de l’état de santé mentale des adolescents mais la situation reste préoccupante

Plus d’un adolescent sur quatre fait l’objet d’une suspicion d’un trouble anxieux généralisé

49% des adolescents en France sont touchés par des troubles de l’anxiété (-4 points par rapport à 2022 mais +6 points par rapport à 2021).

En dépit d’une légère baisse, plus d’1 adolescent sur 4 fait l’objet de troubles anxieux généralisés (29%, -2 points par rapport à 2022, mais +4 points par rapport à 2021).

C’est un phénomène qui touche à un niveau équivalent les garçons (28%) comme les filles (29%) et qui diminue un peu à l’arrivée au lycée. Les années collèges sont particulièrement difficiles pour les adolescents : 32% des 11-12 ans, 30% des 13-14 ans et 20% des adolescents âgés de 15 ans font l’objet d’un trouble anxieux généralisé.

Ce phénomène touche plus particulièrement les enfants issus de ménages aux revenus modestes et intermédiaires.

En ce qui concerne l’évaluation des troubles de la dépression, on note là aussi une légère embellie mais 41% des adolescents sont toutefois concernés par des symptômes dépressifs plus ou moins sévères (-7 points par rapport à 2022) et 16% déclarent des troubles modérés ou sévères.

Les adolescents sous-déclarent leur niveau de mal-être

Le niveau de bien-être général déclaré par les jeunes reste stable (7,2/10 stable vs l’année précédente). Et seulement 6% des adolescents déclarent qu’ils ne vont pas bien (notes comprises entre 0 et 4 sur 10).

Ce niveau de bien-être sous-déclaré est encore plus fort chez les adolescents dont le niveau d’anxiété est le plus élevé : seulement 1 sur 5 a conscience de ne pas aller bien en donnant une note inférieure à 5/10 à leur état de bien-être général (18%, +2 points vs 2022).

L’école : un lieu où beaucoup d’adolescents s’ennuient et où leur mal-être s’exprime

L’école, un endroit où l’on s’ennuie de plus en plus

Près de 4 jeunes sur 10 déclarent « l’école, ça m’ennuie » (39%), un chiffre en progression de 3 points par rapport à 2022 (36%). 

Par ailleurs, 43% des élèves ont le sentiment que ce qu’ils apprennent à l’école ne leur servira à rien (en progression de 1 point par rapport à 2022).

Autre indicateur préoccupant, un peu moins d’1 adolescent sur 2 déclare avoir abordé à l’école des sujets d’actualité qui l’intéresse au cours des deux dernières semaines (45%, -5 points par rapport à 2022) et seulement 1 élève sur 3 déclare avoir éprouvé de l’admiration pour l’un de ses professeurs (36%, -3 points). 

Enfin, près d’1 élève sur 5 avoue utiliser son smartphone pendant les cours dès qu’il en a l’occasion (19%, une proportion qui atteint même 29% des adolescents dont le niveau d’anxiété nécessiterait une évaluation psychiatrique). 

Près de 6 adolescents sur 10 déclarent être angoissés par les interrogations ou lors de la remise de notes

Plus d’1 élève sur 4 a le sentiment de ne pas avoir le niveau pour suivre les cours (28%, -1 point par rapport à 2022) et près d’1 sur 3 déclare que ses professeurs emploient souvent des mots qu’il ne comprend pas (32%, -1 point par rapport à 2022). 

Dans le même temps, les craintes et les angoisses générées par l’école diminuent légèrement par rapport à 2022 mais le sujet des notes reste le plus anxiogène pour les adolescents (59% déclarent que cela les angoisse).

Logiquement, les jeunes souffrant des troubles de l’anxiété ou de la dépression, même légers, se disent très majoritairement angoissés par les notes : 74% de ceux ayant des troubles légers de l’anxiété et 73% de ceux ayant des troubles légers de la dépression.

Harcèlement et cyber harcèlement, légère amélioration de la situation qui reste toutefois inquiétante

1 adolescent sur 4 a été confronté à des situations de harcèlement sur les réseaux sociaux

La proportion d’adolescents victimes d’actes de cyberviolence sur les réseaux sociaux semble enregistrer une légère baisse mais reste à un niveau très préoccupant : 14% déclarent qu’il leur est déjà arrivé que sur les réseaux sociaux on se moque d’eux de façon répétée (-6 points), 14% que l’on fasse circuler des rumeurs les concernant (-4 points), 14% qu’on les insulte de façon répétée (-3 points) et 12% qu’on les y menace (-2 points).

Près d’1 jeune sur 4 a déjà vécu l’une de ces situations (24%). Si les choses semblent un peu s’améliorer par rapport à 2022 (-7 points), l’état des lieux reste très préoccupant : 1 adolescent sur 3 qui dit avoir vécu des comportements de cyberharcèlement, dit qu’il vit cette situation actuellement (32%).

Près de 7 adolescents sur 10 déclarent avoir participé à la consultation lancée par le ministère de l’Education Nationale

L’initiative mise en place par Gabriel Attal lorsqu’il était ministre de l’Education Nationale semble avoir eu un certain nombre d’impacts : près de 7 élèves sur 10 déclarent qu’on leur a proposé de remplir le questionnaire anonyme sur le harcèlement (68%)

Dans leur grande majorité, les adolescents déclarent que cette initiative leur a permis de mieux comprendre les comportements qui relèvent du harcèlement (89%), de savoir ce qu’il faut faire lorsque l’on est témoin de ces situations (89%), voire à vouloir s’engager dans la lutte contre le harcèlement scolaire (61%).

Sur les fronts de l’info-anxiété, et des écrans, une légère embellie mais l’actualité inquiète les adolescents d’autant plus qu’ils ont du mal à la comprendre.

En 2023, l’état du monde inquiète autant nos adolescents (42%) que l’écologie (43%) et les violences faites aux enfants (48%) qui reste le sujet qui les stresse le plus.

Face à l’actualité, l’incompréhension continue de dominer dans l’esprit des adolescents (49%, +2 points). Cependant cette année la colère progresse aussi (29%, +5 points) et se situe au même niveau que l’angoisse (29%).

Ce stress face à l’actualité est aussi probablement dû au fait qu’une majorité des adolescents découvre souvent l’actualité via son smartphone (52%), et le plus souvent seuls, sans personne pour échanger sur ces informations.

1 adolescent sur 5 déclare « souvent » rencontrer de vraies difficultés pour dormir à cause de ce qu’il a lu sur son smartphone avant de se coucher ou pendant la nuit (20%).

Enfin, en moyenne, les adolescents déclarent passer 6h18 par jour sur des écrans (smartphone, ordinateur, console de jeux, télévision). L’enquête fait apparaître une baisse du temps passé devant les écrans, une tendance à confirmer dans la prochaine vague d’enquête.

Le souhait d’avoir des enfants plus tard, pour la première fois évalué auprès des 11-15 ans

44% des adolescents déclarent, à date, envisager d’avoir des enfants plus tard. Mais les résultats sont contrastés selon la catégorie socioprofessionnelle des parents (47% chez les enfants issus des CSP favorisées contre 40% de ceux issus des CSP défavorisées).

Une proportion équivalente d’adolescents déclare ne pas savoir et être encore trop jeune pour y penser (44%).

Un indicateur que Notre Avenir à tous et Ipsos suivront dans les prochaines années pour mesurer à quel point il est corrélé ou pas à l’évolution de l’état d’esprit des jeunes et à leur optimisme.

Notre avenir à tous

A propos de Notre Avenir à tous

Après plus de vingt années au service du développement durable, après avoir conduit Doing Good Doing Well pendant une décennie pour accompagner les entreprises dans leur transition écologique et leur responsabilité sociale, Hélène Roques fonde Notre avenir à tous pour mobiliser des ressources avec des acteurs publics, privés, et associatifs, et initier des dynamiques également dans le domaine de l'Education.

Notre avenir à tous fonctionne comme un laboratoire qui enquête, conçoit des programmes et développe de nouvelles ambitions avec des entreprises et des institutions publiques, capables de mobiliser les collaborateurs, les clients, et les publics cibles.

 


A propos de ce sondage

Enquête menée par Ipsos pour Notre avenir à tous du 27 novembre au 12 décembre 2023 auprès d'un échantillon représentatif de 1000 adolescents âgés de 11 ans à 15 ans, construit selon la méthode des quotas (sexe et âge de l’enfant, profession du parent, région, catégorie d’agglomération).

Auteur(s)

  • Etienne Mercier
    Etienne Mercier
    Directeur du département Public Affairs Santé
  • Adeline Merceron
    Adeline Merceron
    Directrice adjointe du département Public Affairs Santé

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