58% des Français réfractaires à l'idée d'un renforcement de la taxation sur les successions

Retraite, succession, épargne : chaque année, Ipsos enquête sur le rapport des Français à leur argent. Découvrez les résultats de la 20ème édition du Baromètre de l'Épargne mené pour le Cercle des Épargnants.

Auteur(s)

  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
  • Salomé Quétier-Parent Chargée d'études senior, Public Affairs
Get in touch

Les investissements peu risqués ont la faveur des Français

Près de 3 Français sur 10 déclarent suivre l’actualité au sujet de l’épargne et des produits financiers, un score qui poursuit sa hausse (29%, +4 points en deux ans). De même, les Français s’intéressent de plus en plus à ces sujets (45%, +4 points également en deux ans).

Cela n’a toutefois pas d’impact sur les stratégies privilégiées en matière de produits d’épargne. Les Français continuent de préférer les investissements peu risqués (50%) à ceux très risqués mais qui rapportent davantage (26%) et les investissement très liquides (48%) aux investissements plus compliqués à débloquer mais plus rémunérateurs (28%).

La volonté d’épargner reste stable (31%, -1 point), et toujours nettement au-dessus des scores de 2017 et 2018 (23%). A noter qu’elle est particulièrement élevée chez les jeunes de moins de 35 ans (55%).

Parallèlement, l’intention de puiser dans son épargne remonte légèrement (24%, +3 points). On observe ainsi une polarisation croissante des Français entre ceux qui souhaitent épargner et ceux qui comptent puiser dans leur épargne (la part de ceux qui n’envisagent de faire ni l’un autre étant de plus en plus resserrée : 45%, -9 points en 5 ans).

L’assurance-vie se maintient une nouvelle fois en tête des produits d’épargne préférés des Français (31%), mais sa côte diminue (-3 points). Elle est désormais sensiblement équivalente à celle des livrets réglementés (30%), tandis que les PEL-CEL arrivent en 3ème position (22%).

Infographie - Les Français et l'épargne

 

L’assurance vie est également en tête des produits d’épargne préférés des Français pour la retraite (25%), cette fois avec le PER (24%). Toutefois, leurs scores sont en recul, tandis que celui du livret A est en hausse (18%, +6 points).

Au total, presque 8 Français sur 10 possèdent aujourd’hui un Livret A (79%), 42% une assurance-vie et 12% un PER. En termes de potentiel de nouveaux souscripteurs, le PER se situe en tête avec 11% de Français intéressés, talonné par l’assurance vie, à 10%.

Les raisons de détenir un produit d’épargne : constituer une épargne de précaution (pour 54% des épargnants), mais aussi s’assurer contre le risque de dépendance (23%), préparer sa retraite (22%), ou encore épargner afin d'aider ses enfants ou petits-enfants (20%).

Infographie - Les placements préférés des Français

 

Focus sur le PER

Presque un Français sur deux (49%) déclare connaître le PER mais seuls 13% disent qu’ils le connaissent bien. Ceux qui connaissent le PER le trouvent attractif fiscalement et, dans une moindre mesure, souple et intéressant dans le cadre d’une transmission.

La notoriété du remplacement des plans d’épargne retraite complémentaire par des PER a progressé auprès des détenteurs de complémentaires retraite (53%, +15 points).

Par ailleurs, parmi ceux à qui on a proposé d’adhérer à un PER ou de transférer leur plan actuel vers un PER (17%), de plus en plus déclarent avoir été convaincus par les arguments exposés (65%, + 11 points).

In fine, 76% des Français qui détiennent un PERP, un contrat Madelin ou un PERCO envisagent de le transférer un jour vers un PER et plus de trois sur dix sont déjà en train d’y réfléchir (31%, +13 points).

Les Français majoritairement inquiets quant à l'avenir du système de retraites

Plus de trois quarts des Français (76%) se disent inquiets pour l’avenir du système de retraites. Son financement demeure en tête de leurs priorités pour les années à venir (59%), devant l’assurance maladie (47%), la dépendance (28%) et les complémentaires santé (27%).

Si elle diminue, l’inquiétude des actifs quand ils pensent à leur propre retraite reste également majoritaire (58%, -15 points en 3 ans).

Infographie - Les Français et la retraite

 

Le manque d’argent est toujours la principale source d’inquiétude des futurs retraités (81%), mais les confinements semblent avoir exacerbé d’autres craintes comme le changement de rythme (43%, +8 points en 2 ans) et la solitude (42%, + 7 points en 2 ans)

D’ailleurs, un tiers des actifs (34%, +7 points en deux ans) envisage de continuer une activité professionnelle après avoir rempli les conditions permettant de percevoir une retraite à taux plein.

Enfin, plus d’un non-retraité sur quatre (27%, + 10 points en deux ans) épargne aujourd’hui régulièrement pour financer sa retraite, 38% ne le faisant que quand cela est possible et 35% ne le faisant pas du tout.

Focus sur la réforme des retraites

Les Français sont d’accord pour dire que le système de retraite actuel doit être réformé (72%), mais la réforme telle qu’elle est prévue actuellement ne remporte qu’une adhésion minoritaire (40%).

En effet, si les mesures liées à l’uniformisation des différents régimes séduisent (70% sont favorables au rapprochement des régimes du privé et du public et 69% sont en faveur de la fin des régimes spéciaux), les autres pistes de la réforme partagent davantage. Ainsi par exemple, seuls 38% des Français seraient pour une élévation de l’âge légal de départ en retraite et 42% pour l’allongement de la durée de cotisation.

 

Infographie - la réforme des retraites

 

Finalement, pour assurer la viabilité du système de retraite, aucune des solutions « classiques » exposées ne suscite une large adhésion. Les Français prônent davantage le développement des fonds de pension ou l’augmentation des cotisations (envisagées comme solutions par respectivement 57% et 48% des Français) que le recul de l’âge de départ (40%), mais aucune solution n’obtient une adhésion réellement majoritaire. Une seule chose est certaine, la plupart des Français sont opposées à une solution qui passerait par la diminution du montant des pensions de retraite (84%).

Les Français attachés au principe des successions

De la même manière qu’ils préfèrent les investissements sûrs aux investissements risqués mais plus rentables, les Français optent pour l’option prudente lorsqu’il s’agit de choisir entre les investissements peu taxés pour les héritiers mais peu rémunérés (52%) et ceux davantage taxés mais qui rapportent beaucoup sur le moment (26%).

Infographie - Les Français et la taxation des successions

 

Cette tendance, dénote, au-delà de la prudence, un attachement fort vis-à-vis du principe des successions dans le cadre d’un héritage. Elle est cependant moins présente chez les de moins de 35 ans, pour qui ces préoccupations apparaissent plus lointaines (44% pencheraient plutôt pour un investissement qui rapporte beaucoup mais est très taxé sur la succession).

La majorité des Français est donc assez logiquement opposée à l’idée d’une réforme visant à augmenter l’imposition sur la taxation des successions (58%).

En revanche, deux tiers sont favorables à ce que cette taxation soit plus progressive pour que les successions les plus élevées soient les plus taxées (66%).

Sondage Ipsos Français épargne et retraite
A propos du Cercle des Epargnants :
Le Cercle des Épargnants est une association indépendante qui compte plus de 470 000 adhérents ayant notamment souscrit des produits d’épargne retraite auprès de Generali. Le Cercle des Epargnants est un centre de réflexion qui étudie les évolutions en matière d’épargne et de retraite et analyse les besoins et les attentes des Français sur ces sujets désormais au cœur de nos sociétés. Il partage ses travaux en vue d’une meilleure information de ses adhérents et développe des relations institutionnelles avec ses partenaires.
www.cercledesepargnants.com

Fiche technique : enquête Ipsos pour le Cercle des Épargnants réalisée par internet du 12 au 16 janvier 2022 auprès d’un échantillon représentatif de 1000 Français âgés de 18 ans et plus.

Auteur(s)

  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
  • Salomé Quétier-Parent Chargée d'études senior, Public Affairs

Plus de contenus sur Services financiers / Assurance

Société