Armée française
Armée française

62% des Français favorables à un service militaire volontaire

Alors que la guerre en Ukraine continue d’inquiéter une large majorité de Français, l’intensité de cette préoccupation s’atténue légèrement depuis 2024. Si le spectre d’une extension du conflit en France nourrit toujours les craintes, l’idée d’un engagement militaire accru reste massivement rejetée. La vague de novembre de l'Observatoire de la politique nationale Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs mené pour RTL met également en lumière de fortes divergences politiques autour du rôle de la France, de l’Europe et des prises de position du gouvernement, tout en révélant un paradoxe : une adhésion majoritaire au service militaire volontaire, mais un refus marqué d’une implication directe sur le front ukrainien.

Les chiffres clés de l'étude

▶︎ 73 % des Français sont préoccupés par la guerre en Ukraine (-7 pts vs. 2024) 

▶︎ 77 % s’inquiètent des répercussions du conflit en France.

▶︎ 70 % s'opposent à l’envoi de troupes françaises (42 % totalement opposés). 

▶︎ 16 % seulement souhaitent augmenter l’aide à l’Ukraine (-7 pts vs. 2024). 

▶︎ 62 % sont favorables à un service militaire volontaire.

▶︎ 67 % sont préoccupés par la place de l’Union européenne dans la résolution du conflit.

 

Le conflit Ukrainien occupe toujours les esprits mais moins qu’en 2024

La guerre en Ukraine préoccupe près des trois quarts des Français (73%), une inquiétude qui s’érode néanmoins par rapport à mars 2024 (- 7 pts).

Une préoccupation nourrie par le spectre d’une importation du conflit en France. En effet, 77% des Français se montrent soucieux des répercussions en France de la guerre et 73% redoutent l’éventuel envoi de troupes militaires françaises.

L’inquiétude ne se vit pas nécessairement au prisme d’une défaite ou d’une victoire Ukrainienne. Ainsi la proportion de Français préoccupés par les conséquences d’une éventuelle défaite Ukraine est un peu moins importante qu’il y a 18 mois (65%, - 9 pts vs. mars 2024).

Si les sympathisants du RN demeurent toujours moins préoccupés que la moyenne par le conflit (66%, - 7 pts vs. 2024), c’est auprès des sympathisants de la France Insoumise que la préoccupation à l’égard du conflit est la plus faible (56%, - 37 pts vs. 2024). Une vraie ligne de fracture se dessine ainsi à gauche, les personnes proches de EELV (86%, + 1pt vs. 2024) et PS (84%, - 14 pts) demeurant fortement préoccupés par le sujet.

L’idée de voir l’implication de la France s’accroître suscite peu d’approbation

La part de Français souhaitant voir l’aide à l’Ukraine augmenter est toujours minoritaire (16%) et s’amoindrit par rapport à mars 2024 (23%). Et même auprès des personnes préoccupées par le conflit, cette position reste minoritaire (20%). Les Français sont en fait assez partagés sur la question : 36% souhaiteraient que l’investissement reste stable (+ 1 pt) quand 33% (+3 pts) déclarent vouloir le voir baisser.

Auprès des catégories moins inquiètes du conflit, la ligne de conduite à adopter diffère. Les sympathisants du Rassemblement National expriment davantage une volonté de désengagement (61% veulent voir l’aide diminuer). Au contraire, les personnes proches de la France Insoumise souhaitent avant tout que l’investissement reste le même (34%) plutôt que de le voir diminuer (29%).

Dans ce contexte, l’envoi de troupes militaires françaises est accueilli défavorablement (70% s’y opposent, 42% y sont totalement opposés, contre seulement 17% qui y sont favorables). Un rejet massif de l’ensemble du spectre politique, seuls les sympathisants du parti présidentiel se montrent en tendance plus enclins à accepter cet éventuel engagement militaire (43%). A noter, les plus de 50 ans sont davantage opposés à l’envoi de troupes (74%). 

A l’heure où les Etats-Unis négocient le « plan de la paix » comme nommé par Donald Trump, la place de l’Union Européenne interroge

Les deux tiers des Français sont préoccupés par la place de l’UE dans la résolution du conflit (67%) et plus largement dans sa capacité à se défendre en cas d’agression d’un de ses pays membres (72%). La crainte sous-jacente de voir l’Union Européenne prise en étau entre les Etats-Unis et la Russie est plus importante auprès des personnes proches de partis pro-européens : par exemple, 94% des sympathisants Renaissance sont inquiets de ne pas assez voir l’Union Européenne s’illustrer dans la résolution du conflit, 85% au PS.

Outre l’impact d’un conflit armé, ce sont aussi les tentatives de déstabilisation de la Russie en Union Européenne qui sont redoutées par les Français (72%).

Une parole présidentielle sur le sujet qui divise. Les propos du chef d’Etat Major sur le fait d’être « prêts à perdre ses enfants » sont plus clairement rejetés.

Les réactions aux déclarations du chef de l’Etat dénonçant les velléités impérialistes de la Russie sont mitigées : 41% trouvent que cela est utile pour affirmer une posture de fermeté et au contraire, 40% jugent ces propos inutiles, car trop alarmistes, tandis que 19% n’ont pas d’opinion. Les personnes proches de LFI et du RN sont les premiers à dénoncer ces propos, et sont respectivement 50% et 55% à les trouver alarmistes. La voix d’Emmanuel Macron trouve surtout un écho auprès de ses sympathisants (93% les jugent utiles), et dans une moindre mesure, chez ceux du PS (54%) et de LR (56%).

L’expression du Président en tant que chef des armées n’endigue pas sa mauvaise dynamique en termes de popularité : 19% ont une mauvaise opinion d’Emmanuel Macron (+ 1 pt vs. Octobre). Il s’agit de son plus bas niveau.

Interrogés cette fois sur les propos tenus par le chef d’état-major enjoignant la population à « accepter de perdre ses enfants », les Français se montrent plus critiques : 63% jugent ces propos exagérés, quand 29% pensent au contraire qu’ils sont nécessaires pour préparer les Français à une éventuelle aggravation du conflit. Comme pour les déclarations d’Emmanuel Macron, les sympathisants LFI et RN sont les plus critiques. Un avis en totale cohérence avec les réactions des différents chefs de file des partis (« total désaccord » avait écrit Jean-Luc Mélenchon sur X, « (il n’a) aucune légitimité à affoler les Français » avait déclaré Sébastien Chenu). Dans une moindre mesure, l’excès est aussi pointé du doigt par les sympathisants LR (63%), écologistes (67%) et PS (57%). 

Pour autant, une adhésion majoritaire à la mise en place d’un service militaire volontaire

La mise en œuvre d’un service militaire volontaire est perçue positivement : 62% y sont favorables quand 25% y sont opposés, 13% ne se prononcent. Au centre et à droite, la nouvelle est, à l’unisson, bien accueillie (75% des sympathisants LR y sont favorables, 93% chez Renaissance). A gauche, cette éventualité fait un peu plus grincer des dents même si une majorité reste favorable (51% de favorables, 34% d’opposés). Les sympathisants LFI sont les moins favorables (42%).

A noter que chez les jeunes (18-24 ans), 43% seulement y sont favorables, contre 44% qui y sont opposés. Ainsi ce sont surtout les plus de 50 ans qui adhèrent le plus à cette annonce (71% sont favorables / 19% opposés).

Une adhésion marquée au service militaire volontaire, qui révèle pourtant un paradoxe : si les Français se disent prêts à voir les nouvelles générations s’investir dans des missions militaires, l’idée d’un engagement direct sur le front ukrainien est, elle, massivement rejetée. La notion de volontariat est sans doute par ailleurs particulièrement clé dans leur perception.

Trop jeune, trop inexpérimenté, quel regard des Français sur le profil de Bardella ?

Pour les Français, l’âge de Jordan Bardella ne semble pas être un sujet : 48% estiment que ses 31 ans ne sont ni un atout, ni un handicap pour une éventuelle future candidature en 2027. Seul un sur quatre perçoit son jeune âge comme un handicap (24%). 21% y voient même un atout.

A l’instar d’Emmanuel Macron à l’heure des balbutiements d’En marche, la jeunesse de Jordan Bardella est d’ailleurs vue comme un atout pour les sympathisants du RN (56%).

Aucun consensus n’émerge sur son manque d’expérience politique : 50% des Français estiment que les critiques à ce sujet sont justifiées et 38% injustifiées. Les réponses à cette question traduisent surtout le soutien ou l’opposition politique au co-leader du Rassemblement National. A gauche, 77% trouvent ces reproches légitimes, 83% du côté de Renaissance. Et au contraire, les personnes proches du RN font largement fi des accusations d’amateurisme : 80% les trouvent injustifiées.

Les sympathisants LR sont les plus divisés sur la question (55% jugent cela justifié, 40% injustifié).

Rapport complet


A propos de l'enquête

Enquête Ipsos bva - CESI école d'ingénieurs pour RTL réalisée par Internet le 26 novembre 2025 auprès de 1000 Français âgée de 18 ans et plus. Méthodologie complète disponible dans le rapport d'étude.

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