74% des Français sont défavorables à l'expérimentation animale

Quelle est l'opinion des Français sur l'expérimentation animale ? Ipsos a mené l'enquête pour One Voice.

Chiffres clés

  • Les Français sont dans leur grande majorité (74%) défavorables à l’expérimentation animale.
  • Ils soutiennent l’interdiction de l’expérimentation pour différents types de produits (dont les médicaments), mais aussi l’interdiction de l’élevage et la capture d’animaux destinés à l’expérimentation animale.
  • Les Français soutiennent clairement le développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale, appelant même à l’interdiction de l’expérimentation animale lorsque ces méthodes alternatives existent.
  • Les Français lancent un appel clair à plus de transparence : la quasi-totalité d’entre eux souhaitent que le consommateur soit informé des éventuelles expérimentations sur les animaux menées sur les produits qu’il achète.

Une opposition forte au principe de l’expérimentation animale

Les Français sont dans leur grande majorité (74%) défavorables au principe même de l’expérimentation animale, 43% d’entre eux se déclarant même tout à fait défavorables. Cette opposition est non seulement majoritaire, mais elle est également en forte hausse. En 20 ans, elle a progressé de 10 points (comparaison des résultats avec ceux d’une enquête réalisée par Ipsos pour One Voice, par téléphone, du 31 janvier au 1er février 2003, auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus).

Un écart de perception important s’observe entre hommes et femmes. Les hommes sont globalement défavorables à l’expérimentation animale, mais dans une proportion plus faible que les femmes (63% contre 85%).

Au-delà de l’opposition au principe, un soutien clair à l’interdiction de certaines pratiques liées à l’expérimentation animale

Dans le détail, on observe un soutien à l’interdiction de l’expérimentation animale destinée à tester différents types de produits. C’est le cas pour les produits ou les ingrédients chimiques (66%, +11 points vs 2003), les produits nocifs consommés par l’homme comme le tabac ou la drogue (66%) ou bien encore pour les médicaments (65%). Quel que soit le type de produit sur lequel ils sont interrogés, les Français soutiennent l’interdiction de l’expérimentation animale.

Les Français sont aussi très majoritairement favorables à la fin des captures et élevages d’animaux destinés à l’expérimentation. La plupart des répondants soutiennent la fermeture des élevages situés en France et destinés à l’expérimentation animale, que ce soient les élevages de chiens (85% soutiennent leur fermeture) ou bien les élevages de primates (80%). La capture d’animaux sauvages fait aussi l’objet d’un rejet important : 81% des Français soutiennent l’interdiction de la capture de primates libres en Asie et leur envoi en France pour procéder à de l’expérimentation animale.

Un soutien à l’interdiction de l’expérimentation animale qui varie selon l’espèce animale, mais qui demeure systématiquement majoritaire

Le souhait d’interdiction de l’expérimentation animale varie selon l’espèce sur laquelle cette expérimentation est réalisée. Les animaux domestiques suscitent davantage le souhait d’une interdiction (85% pour les chiens, 84% pour les chats), tout comme les chevaux (84%) ou les primates (81%).

Si le soutien à l’interdiction de l’expérimentation animale est moins élevé pour d’autres espèces animales, c’est tout de même le cas pour une majorité de répondants pour les insectes (55%) ou pour les rongeurs (65%).

Quelle que soit l’espèce animale, on observe que les femmes se montrent systématiquement plus favorables à l’interdiction de l’expérimentation animale que les hommes, avec à chaque fois un écart supérieur à 10 points (91% des femmes sont ainsi favorables à l’interdiction de l’expérimentation sur les chiens, contre 80% des hommes).

Les Français plébiscitent le développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale

D’une manière générale, les Français soutiennent l’idée qu’il faut chercher à développer les méthodes alternatives à l’expérimentation animale, pour ne plus avoir à faire subir cela à des animaux (81% soutiennent cette position contre 19% seulement qui considèrent ces expériences comme une nécessité pour la santé humaine). On observe une nouvelle fois que les femmes sont les plus critiques envers l’expérimentation animale, 86% d’entre elles soutenant le développement des méthodes alternatives tandis que seulement 14% priorisent l’expérimentation à des fins de santé humaine.

Les Français souhaitent également que, lorsque ces méthodes alternatives existent, l’expérimentation animale soit interdite. 87% sont favorables à cette mesure, dont 59% qui y sont même tout à fait favorables. Ils affichent aussi un soutien large (83%, dont 52% qui y sont tout à fait favorables, en hausse de 12 points vs 2003) à la mise en place d’une autorité indépendante visant à contrôler que les expérimentations sur les animaux sont nécessaires et ne peuvent être remplacées par d’autres méthodes.

Afin de développer ces méthodes alternatives, ils soutiennent massivement un transfert progressif des financements publics destinés à l’expérimentation animale vers le financement d’organismes scientifiques qui développement des méthodes de recherche sans animaux (89% des Français y sont favorables, dont 54% tout à fait favorables).

Favorables au développement des méthodes alternatives, les Français soutiennent l’autorisation de mise sur le marché de médicaments ayant été testés selon des méthodes alternatives à l’expérimentation animale (84% y sont favorables, dont 46% tout à fait favorables).

Un appel à la transparence en matière d’expérimentation animale

Les Français sont une grande majorité (87%) à considérer qu’il est important que le consommateur soit informé de l’existence de l’expérimentation animale, lorsque celle-ci a eu lieu, sur les produits qu’il achète. 56% d’entre eux considèrent même cette information comme très importante.

RAPPORT

One Voice

 

A propos de One Voice

One Voice, association de loi 1908, a été créée par Muriel Arnal en 1995. Elle agit en France et dans le monde pour le respect des animaux, pour la planète et pour les humains. Elle développe des campagnes de lobbying et de sensibilisation en s'appuyant notamment sur le travail d'investigation de ses enquêteurs et des rapports d'experts. Elle travaille avec des ONG internationales, des sanctuaires et des refuges partout dans le monde.


A propos de ce sondage

Enquête Ipsos pour One Voice menée du 7 au 11 avril 2023 auprès de 1000 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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