Santé mentale : 63% de la population mondiale a recours à l'IA en soutien psychologique
Les enseignements clés sur la santé mentale dans le monde
▶ 46% des personnes dans le monde sont en souffrance ou en difficulté psychologique
▶ 36% pensent ne pas avoir besoin d'aide médicale
▶ 63% utilisent l'IA pour trouver des conseils et des informations sur la santé mentale mais 28% reconnaissent qu'elle les a conduits à des comportements nocifs
▶ 43% des 18-24 ans déclarent des niveaux sévères de dépression, d'anxiété et de stress et 92% déclarent que le temps passé sur les écrans a un impact significatif sur leur vie
▶ 48% des salariés n'osent pas parler de leurs problèmes de santé mentale au bureau mais 84% attendent un soutien de leur entreprise.
La santé mentale dans le monde reste préoccupante : une nouvelle détérioration
Le Mind Health Index (MHI) est un indice crée par des chercheurs à partir d’un questionnaire d’une cinquantaine de variables qui permet de mesurer la santé mentale dans le monde en tenant compte d’un certain nombre de facteurs très variés (les symptômes de détresse psychologique, la qualité des relations sociales, etc.). Il permet d’identifier 4 typologies d’individus : les personnes épanouies, les personnes qui s’en sortent, les personnes qui basculent et les personnes en difficulté. Ces dernières se caractérisent une absence probable de bien-être dans la plupart des domaines qui entraîne une détresse psychologique et une altération des facultés psychosociales. En 2026, le MHI montre que l’état de santé mentale ne s’améliore pas et atteint même son plus bas niveau : 23% sont considérés comme épanouis (-2 pts vs 2022-2023), 31% qui s’en sortent (-4 pts vs 2022-2023), 31% qui basculent (+3pts vs 2022-2023) et 15% en grandes difficultés mentales (+3pts vs 2022-2023).
Les scores du DASS permettent d’évaluer une suspicion de Dépression d’Anxiété et de Stress ainsi que son intensité. La proportion de personnes susceptibles de souffrir d’une dépression sévère ne montre aucune amélioration et se maintient à son plus haut niveau : 14% comme en 2024-2025 contre 11% en 2022-2023. Il en de même pour ceux susceptibles de souffrir d’anxiété sévère : une inquiétante stagnation atteignant 5% des personnes interrogées, comme en 2024-2025. Quant au stress, il atteint un niveau record : 22% des personnes seraient susceptibles d’en souffrir sévèrement contre 20% en 2022-2023. Au global, plus d’un quart de la population globale (26%) serait potentiellement concerné par des symptômes sévères de dépression, d’anxiété ou de stress contre 23% en 2022-2023.
Près d’une personne interrogée sur trois déclare souffrir actuellement d’un problème de santé mentale (31%) : bien que cette proportion reste proche des deux dernières mesures (32%), il est important de rappeler qu’en 2022-2023, 27% des personnes interrogées déclaraient souffrir d’un problème de santé mentale.
Ces 3 différents indicateurs (MHI, DASS et auto-déclaration de problèmes de santé mentale), même s’ils sont relativement différents, permettent de conclure que le mouvement actuel irait probablement dans le sens d’une détérioration de la santé mentale dans le monde.
Certains facteurs semblent contribuer négativement à l’état de la santé mentale dans le monde
76% des personnes déclarent que de multiples facteurs affectent actuellement leur santé mentale : L’instabilité financière et l'insécurité de l'emploi (51%), l'incertitude quant à l'avenir dans un monde en rapide évolution (51%), l'exposition constante aux mauvaises nouvelles dans les médias (41%), des évènements personnels traumatisants tels que la perte d’un proche ou une rupture (41%) et l'agitation socio-politique (40%).
L'utilisation excessive des écrans engendre un impact négatif sur la santé mentale et physique. Le temps déclaré d’utilisation des écrans par jour pour des activités personnelles atteint en moyenne 5,1 heures. Au total, 75% des répondants rapportent que le temps d'écran affecte négativement leur vie quotidienne. Les impacts cités concernent la qualité du sommeil (56%), la capacité de concentration (54%), le niveau d'activité physique (52%) et l'humeur générale (51%). Les conséquences sur les interactions sociales touchent 49% des répondants, tandis que 44% rapportent des sentiments d'isolement social et des difficultés à maintenir une alimentation équilibrée.
Un recours insuffisant aux professionnels de santé, freiné par de multiples barrières
La confiance dans la capacité à trouver de l’aide en santé mentale recule. La proportion d’individus déclarant « qu’en cas de besoin d'aide pour un problème de santé mentale, ils sauraient comment y accéder », baisse substantiellement pour la 1ère fois cette année (61%, -5 points vs 2024-2025). Par ailleurs, la confiance dans le système de santé publique pour apporter un soutien rapide aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale est à son plus bas niveau (42%, -3 pts vs 2022-2023).
Le recours aux professionnels de santé est insuffisant malgré les besoins importants de certaines population : 40% des personnes interrogées déclarent avoir consulté au moins un professionnel de santé pour des problèmes de santé mentale au cours des 12 derniers mois. Un phénomène préoccupant : parmi les personnes considérées en situation de détresse psychologique (struggling), 43% déclarent ne pas avoir consulté de professionnel de la santé mentale au cours des 12 derniers mois.
On observe des obstacles multiples à la consultation des professionnels de santé : parmi les personnes considérées en situation de détresse psychologique (struggling) n'ayant pas consulté au cours des 12 derniers mois, les principaux obstacles identifiés sont le coût des consultations et traitements (42%), la conviction de ne pas nécessiter d'attention médicale (23%), la crainte de la stigmatisation (22%), la perception que l'aide médicale sera inefficace (21%) et l'accès limité aux professionnels de santé (19%).
L’IA pour prendre soin de sa santé mentale : une arme à double tranchant
Les outils d'intelligence artificielle sont déjà largement intégrés dans les pratiques de gestion et d’information de la santé mentale. Près des 2/3 ont déjà eu recours à l’intelligence artificielle pour prendre soin de sa santé mentale et s’informer (63%). Près d’une personne sur cinq (21%) déclarent l’utiliser régulièrement pour diverses situations : obtenir des conseils sur la façon d’exprimer leurs problèmes de santé mentale, recueillir des informations et les mesures à adopter pour faire face à leurs difficultés ou même pour évaluer leur état de santé mental actuel. Ce niveau d’utilisation régulier atteint plus du tiers des moins de 35 ans (35%).
Les niveaux de satisfaction à l’égard des conseils actuellement délivrés par les IA pour gérer sa santé mentale sont mitigés : l'évaluation de l'efficacité de l’IA pour gérer sa santé mentale révèle une division. En effet, 55% des utilisateurs se déclarent satisfaits des conseils fournis par les plateformes d'IA pour la santé mentale, tandis que 45% expriment une insatisfaction. Mais parmi les utilisateurs réguliers, le taux de satisfaction monte à 71%.
Les outils d’IA exposent à des risques de mésusage et de dépendance : un peu plus de quatre personnes sur 10 (42 %) appliquent les conseils fournis sans les questionner, 38 % indiquent que l’IA est devenue leur réflexe pour obtenir une aide en santé mentale, au point d’avoir du mal à s’en passer et 28 % déclarent que certaines recommandations d’IA les ont conduits à adopter des comportements néfastes.
Plus inquiétant encore, une méfiance s’installe à l’égard des soutiens habituels (amis, famille, professionnels de santé). Près de quatre utilisateurs sur 10 (38%) déclarent faire davantage confiance aux plateformes d’IA qu’aux professionnels de santé mentale (58% chez les utilisateurs réguliers), et 41 % disent privilégier les outils d’IA pour leur santé mentale plutôt que de se confier à leurs pairs (62% chez les utilisateurs réguliers).
L’entreprise, une partie du problème et de la solution
Le niveau de stress rencontré au travail et ses impacts sont loin d’être négligeables, cela se traduit notamment par des symptômes d’ordre physique et psychologique. Plus d’un salarié sur deux éprouve un niveau de stress significatif (56%, +3 pts vs 2024-2025, notes 6-10). Les salariés concernés par le stress au travail déclarent subir des troubles du sommeil (33%), des sautes d’humeur, une irritabilité accrue (24%), une baisse de la motivation ou de la productivité (24%), mais aussi des symptômes d’ordre physique (24%).
Au travail, la santé mentale reste un sujet encore tabou pour de nombreux salariés. 48% des actifs déclarent qu'ils ne discuteraient pas de leurs défis de santé mentale dans leur environnement professionnel. Cette proportion est inférieure parmi ceux diagnostiqués d’un problème de santé mentale (39%). Les principales raisons invoquées pour ne pas partager ces difficultés au travail reposent d’abord sur la conviction que la santé relève de la sphère privée, ne sentant pas à l’aise pour en parler au travail (42%), le doute quant à l'aide réelle que pourrait apporter le lieu de travail (28%), la peur du jugement et de la stigmatisation (20%) et les inquiétudes concernant les répercussions sur la carrière ou la sécurité de l'emploi (20%). Parmi les personnes diagnostiquées d’un problème de santé mentale, certaines craintes sont amplifiées : 34% redoutent la stigmatisation et 33% des conséquences professionnelles.
Pourtant, l’intérêt face à des structures ou d’aides spécifiquement dédiées au bien-être et à la santé mentale, est fort. 84% des actifs déclarent qu’ils pourraient utiliser au moins un programme de soutien s'il était proposé là où ils travaillent, avec 39% qui déclarent même qu’ils l'utiliseraient certainement s’ils y avaient accès. Les programmes les plus demandés sont : les cours d’activité physique gratuits ou subventionnés (68%), des programmes d'aide aux employés tels que des séances de thérapie virtuelle (64%), des séances de méditation/yoga/relaxation sur le lieu du travail ou en ligne (63%), la présence d’infirmières ou de thérapeutes sur site (62%) et des webinaires de sensibilisation à la santé mentale (59%).
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En savoir plus sur le Mind Health Index
Le Mind Health Index (MHI) est un outil proactif d'évaluation et de promotion du bien-être mental. Partie intégrante de l'AXA Mind Health Report, il permet d'évaluer l'état mental des individus.
Comment l'indice est-il construit ?
L'indice est basé sur 50 variables relatives à treize facteurs distincts affectant la santé mentale :
- Les modérateurs : Il s'agit généralement de domaines sur lesquels les gens ont peu de contrôle : la qualité du système de santé local, par exemple, ou les problèmes de santé mentale actuels et passés.
- Les actions positives : Il s'agit d'actions que les personnes peuvent entreprendre pour améliorer leur bien-être mental : activité physique, hygiène de vie, alimentation, par exemple.
- Les résultats : Il s'agit de la combinaison des résultats concernant les actions positives et les modérateurs. Ils peuvent être positifs (satisfaction de leur vie actuelle, bonheur) ou négatifs (anxiété, stress, dépression).
De la difficulté à l'épanouissement
L'indice classe ensuite les personnes dans l'une des quatre catégories suivantes : de la difficulté mentale à l'épanouissement.
- En difficulté : Leur absence de bien-être dans la plupart des domaines est susceptible d'entraîner des difficultés. Ils sont sujets à une détresse émotionnelle et psychosociale.
- Languissant : la léthargie représente l'absence de bien-être positif. Si vous végétez, vous ne fonctionnez pas à plein régime, vous pouvez vous sentir démotivé et avoir du mal à vous concentrer. Les personnes qui se languissent courent un risque accru de développer une maladie mentale.
- Qui s’en sort : ce sont des personnes qui peuvent avoir quelques zones de bien-être, mais pas suffisamment pour atteindre l'état d'épanouissement. Les personnes qui s'en sortent peuvent éprouver un sentiment de bien-être atténué par rapport à celles qui s'épanouissent.
- Epanouis : l'épanouissement représente l'apogée d'une bonne santé mentale (bien-être social, psychologique et émotionnel).
À propos de cette enquête
Enquête Ipsos pour AXA menée du 12 janvier au 16 février 2026 auprès de 19 000 personnes interrogées dans 18 pays : France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie, Irlande, Belgique, Suisse, Chine, Hong Kong, Japon, États-Unis, Mexique, Brésil, Turquie, Thaïlande, Philippines et Corée du Sud. Méthodologie complète disponible dans le rapport d'étude.