Baromètre annuel Apprentis d'Auteuil : des Français plus généreux dans un contexte de crise

Pour cette 2ème édition du Baromètre de la solidarité à l’épreuve du coronavirus, Ipsos dévoile les résultats de son enquête pour Apprentis d’Auteuil auprès de l’ensemble des Français et des hauts revenus.

Auteur(s)

  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs
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Alors que s’ouvre la période de déclaration de revenus 2020, Ipsos pour Apprentis d’Auteuil présente les résultats de la seconde édition de son baromètre de la solidarité à l’épreuve du coronavirus réalisé auprès de l’ensemble des Français et des hauts revenus.

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Lors de la première édition de ce baromètre et tandis que le premier confinement venait de prendre fin, les Français exprimaient leur envie de s’engager pour un monde nouveau, plus responsable et plus solidaire. Qu’en est-il en 2021 ? Comment s’exprime la générosité dans le contexte actuel ? Quelles sont les causes qui préoccupent le plus les Français ? La hausse exceptionnelle du plafond de défiscalisation pour les dons aux associations permettant de bénéficier d’une réduction de 75% sur son impôt sur le revenu a-t-elle eu un impact ?

Les chiffres clés

L’ensemble des Français :

  • 52% ont envie d’être plus solidaires en raison de la crise vs 65% en mai 2020
  • Depuis le début de la crise, 29% des Français ont exprimé leur solidarité avec des dons en nature
  • 49% ont effectué un don en 2020 (-2 points par rapport aux intentions exprimées)
  • 54% comptent effectuer un don en 2021 (vs 51% l’an dernier pour 49% effectivement réalisés)
  • 14% des donateurs ont donné plus de 500 € (+2 points)
  • 31% des donateurs comptent donner plus en 2021 (+6 points)
  • 6% ont donné plus en raison de l’élévation du plafond de défiscalisation

Les Hauts revenus :

  • 68% ont envie d’être plus solidaires en raison de la crise vs 75% en mai 2020
  • 25% déclarent s’être engagés bénévolement depuis le début de la crise
  • 16% déclarent s’être réorientés professionnellement pour être plus solidaires
  • 77% ont effectué un don en 2020 (stable)
  • 81% comptent faire un don en 2021 (contre 82% l’an dernier pour 77% effectivement réalisés)
  • 43% des donateurs ont donné 1000 € ou plus (-12 points)
  • 27% ont donné plus en raison de l’élévation du plafond de défiscalisation

L’envie de faire preuve de solidarité est en baisse par rapport à 2020

Alors que la crise s’est installée, un peu plus de la moitié des Français déclarent que les conséquences de la crise sanitaire leur ont donné envie d’être plus solidaires (52%, seuls 11% beaucoup plus), un sentiment qui reste majoritaire mais est en forte baisse par rapport à mai 2020 (-13 points). La baisse est moins marquée chez les Français disposant de hauts revenus (-7 points), qui sont encore plus de deux tiers à déclarer que les conséquences de la crise leur ont donné envie d’être plus solidaires (68%, 29% beaucoup plus).

Néanmoins, la solidarité continue de s’exprimer sous des formes variées

Depuis le début de la crise, les Français soutiennent en priorité leur cercle proche (37% déclarent avoir été plus solidaires avec leur entourage). Toutefois, les Français ne se sont pas repliés sur eux-mêmes : pour exprimer leur soutien face aux conséquences de la pandémie, de nombreux Français ont fait des dons en nature (nourriture, vêtements) (29%), en argent (21%), se sont engagés bénévolement (12%) ou même disent s’être réorientés professionnellement (5%). Par ailleurs, 17% des Français déclarent que s’ils n’ont pas encore exprimé leur solidarité face aux conséquences de la crise par des dons en nature, ils le feront dans les mois à venir. Même constat pour les dons d’argent (18%), et dans une moindre mesure pour l’engagement bénévole (11%). Enfin, 6% déclarent qu’ils vont certainement se réorienter professionnellement dans les prochains mois pour concrétiser davantage leur envie d’être solidaires. Les plus aisés ont davantage fait des dons d’argent destinés à faire face à la crise (47%) que la moyenne (21%). Pour autant, ils ne se sont pas cantonnés à être solidaires financièrement. En effet, 25% déclarent s’être engagés bénévolement et 16% avoir pris un nouveau tournant professionnel pour concrétiser leur envie d’être plus solidaires.

Une proportion de donateurs et des intentions de dons stables

Près d’un Français sur deux déclare avoir fait au moins un don en 2020 (49%), une proportion assez stable par rapport à 2019 (-2 points). Chez les Français les plus aisés, la part de donateurs est plus élevée et se maintient également à un niveau constant (77% en 2020, stable). Quant aux intentions de dons pour 2021, elles s’établissent à 54% (vs. 51% d’intentions en 2020 et 49% qui ont effectivement donné). Parmi ces 54%, 25% ont déjà donné au 1er trimestre. « Nous avons pu craindre l’an dernier que la pandémie et le premier confinement provoquent un repli sur soi et freinent la générosité des Français. Il n’en a rien été et la stabilité reflétée par cette enquête dans l’intention de donner est encourageante. L’impact économique et social de la crise sanitaire a décuplé la conscience qu’ils ont du rôle majeur que les associations et fondations comme la nôtre jouent auprès des plus vulnérables et ils affichent une volonté de soutenir nos actions » commente Stéphane Dauge, Directeur de la communication et de la collecte d’Apprentis d’Auteuil. Chez les plus aisés, les tendances sont proches avec des intentions de dons globales à 81% pour l’ensemble de l’année 2021 (contre 82% l’an dernier pour 77% effectivement réalisés). Parmi eux, 51 % déclarent avoir déjà fait des dons depuis le début de l’année. « L’enquête conforte une volonté des Français de soutenir les populations les plus fragilisées par la crise sans attendre les traditionnelles échéances fiscales. Cependant, si leur générosité s’exprime davantage tout au long de l’année, deux temps forts persistent : au printemps pour les personnes à hauts revenus et disposant pour certaines d’un patrimoine conséquent, et en toute fin d’année pour l’ensemble des Français. La collecte de printemps demeure une échéance cruciale pour le secteur associatif » analyse Stéphane Dauge.

Une hausse des montants moyens de dons

Sur l’année 2020, les donateurs français déclarent avoir donné en moyenne 395 €, un montant en forte hausse (+95 €) par rapport aux dons déclarés pour 2019. Les montants de dons en 2020 sont assez hétérogènes : plus de la moitié des donateurs déclarent avoir donné 100 € ou moins (53%, +5 points), un tiers entre 101 et 500 € (33%, -7 points) et 14% plus de 500 € (+2 points). Les plus aisés déclarent quant à eux avoir donné 2 463 € en moyenne, soit 323 € de plus qu’en 2019. La part de ceux qui déclarent avoir donné entre 501 et 1000 € est en hausse (15%, +6 points), ce qui peut s’expliquer par le relèvement du plafond de défiscalisation de 552 € à 1000 €, en revanche ils ne sont « plus que » 43% à déclarer avoir donné plus de 1000 € (-12 points). « Apprentis d’Auteuil, nous avons eu la chance de constater en 2020 une légère augmentation du montant moyen des dons et celle-ci semble se poursuivre en ce début d’année. Nous espérons que cette dynamique perdurera et que de nombreux nouveaux donateurs se manifesteront car les besoins sont nombreux » précise Stéphane Dauge. Parmi les Français qui ont donné en 2020, un peu plus de 3 sur 10 prévoient de donner un montant plus élevé en 2021 (31%, 3% beaucoup plus élevé) contre 25% l’an passé. A l’inverse la part de donateurs qui comptent donner moins est en baisse (13%, -5 points). A l’image de l’an passé, un peu moins de la moitié des donateurs les plus aisés prévoit de donner plus en 2021 qu’en 2020 (48%, -1 point). 14% souhaitent à l’inverse donner moins (-5 points). « Près d’un Français sur trois envisage de donner plus en 2021, ce qui est une excellente nouvelle, considérant qu’ils étaient déjà un sur quatre en 2020. Le souhait maintenu par près de la moitié des hauts revenus sondés de vouloir donner davantage cette année représente un encouragement pour le secteur associatif car l’ensemble des acteurs qui, comme Apprentis d’Auteuil, agissent auprès des plus fragilisés par la crise, doivent faire face à une hausse criante des besoins. » pointe Stéphane Dauge.

Le relèvement du plafond de défiscalisation pour les dons aux associations permettant de bénéficier d’une réduction de 75% sur son impôt sur le revenu reste peu connue

Moins de la moitié des Français savent que le plafond de défiscalisation des dons est passé de 552 € à 1000 € (39%, 49% parmi les donateurs) et seuls 16% savent que la mesure a été reconduite (22% parmi les donateurs). Au total 6% des Français déclarent que cette mesure a eu un impact sur le montant de leurs dons en 2020 (11% parmi les donateurs), une proportion faible mais qui semble avoir participé à l’augmentation moyenne du montant des dons. Chez les plus aisés, l’information a mieux circulé : 62% savent que le plafond a été relevé (67% parmi les donateurs). Plus d’un quart des plus aisés déclarent d’ailleurs que cela a eu une incidence sur le montant de leurs dons (27%, 33% des donateurs). En revanche seule une minorité sait que ce plafond de défiscalisation à 1000 euros a été reconduit (42%, 48% des donateurs). « Selon l’enquête, cette hausse du plafond de défiscalisation à 1000 euros a eu un impact sur la générosité de plus d’un Français aisé sur quatre en 2020, or la majorité d’entre eux ignore que ce dispositif a été reconduit pour l’année 2021. Faire connaître cette reconduction représente un véritable enjeu de communication pour les acteurs permettant à leurs donateurs de bénéficier d’une réduction de 75% sur leur impôt sur le revenu » précise Stéphane Dauge.

Une information des donateurs perfectible

Le niveau d’information des hauts revenus en matière d’avantages fiscaux liés aux dons, donations et legs reste lui aussi perfectible : 81% s’estiment aujourd’hui bien informés (83% des donateurs) mais seulement 36% « très bien informés » sur ce sujet. Le niveau d’information a même tendance à s’éroder sur certains dispositifs. Ainsi, ils sont aujourd’hui 56% à s’estimer informés de la possibilité dans le cadre d’une succession d’extraire un bien de la succession (donc de l’assiette de calcul du montant des droits) s’il fait l’objet d’une donation par l’héritier à un organisme caritatif (-7 points), 58% à l’être des modalités de réduction de l’IFI au titre des dons faits à des organismes caritatifs (-6 points) et 59% à connaître le report possible de la réduction d’impôt sur le revenu sur les 5 années suivantes lorsque le montant des dons dépasse la limite de 20% du revenu imposable (-6 points). La presse joue un rôle crucial en la matière, car il s’agit de la principale source d’information des hauts revenus sur ce sujet (30% s’informent par ce biais), avant même l’administration fiscale (25%) ou leur conseiller bancaire (21%). « Il est inquiétant de constater que le niveau d’information des Français disposant de hauts revenus décroisse sur des dispositifs en place depuis pourtant 3 ans maintenant. La multiplicité des évolutions fiscales que les contribuables ont connu en 2018 (modification de l’assiette de l’Impôt sur la fortune, hausse temporaire de la CSG sur les retraites, passage au prélèvement à la source), alliée à la récente augmentation du plafond de défiscalisation sur l’IR des dons versés à certains acteurs, appellent une pédagogie claire et régulière quant aux leviers susceptibles d’encourager une générosité que les Français, et en particulier les plus aisés, disent vouloir exprimer dans le contexte actuel de crise sanitaire, économique et sociale » ajoute Stéphane Dauge.

Un effort plus important au profit de tous les types d’organismes caritatifs

Les Français continuent de vouloir donner plus aux grandes associations et organismes reconnus d’utilité publique (25%) mais 15% comptent leur donner moins. L’intention de donner davantage aux petites associations locales est en hausse mais légèrement moindre (22%, +4 points contre 13% qui comptent donner moins). De même celle de donner plus aux Fondations (21%, +2 points contre 14% qui comptent donner moins). Les plus aisés affichent un ordre de préférence similaire avec toutefois des intentions de donner « plus » plus élevées comparativement aux intentions de donner « moins ».

L’aide aux personnes démunies : la cause qui tient le plus à cœur aux Français

En juin 2020 la cause pour laquelle les Français comptaient le plus donner était la santé. A l’heure où les premiers vaccins font leurs preuves, c’est l’aide aux plus démunis qui les préoccupe désormais le plus, citée par 36% des répondants (+9 points). La santé et la recherche médicale reste toutefois citée par 34% des répondants (-5 points). La défense des animaux reste en troisième place (25%). Elle est suivie de l’enfance, la jeunesse et l’éducation (24%), sujet particulièrement sensible dans le contexte actuel, marqué par l’isolement, le décrochage scolaire et la précarisation de nombreux étudiants. Viennent ensuite l’environnement (22%, - 5 points) qui en 2020 était la 2nde cause à laquelle les Français déclaraient vouloir le plus donner, le handicap (19%, + 5 points), les personnes âgées, la culture et le patrimoine (14%, + 6 points) et enfin la défense des droits de l’homme (10%). Les Français les plus aisés citent également l’aide aux personnes démunies en première position (43%, +5 points). La santé et la recherche médicale sont moins citées mais demeurent à un niveau élevé, en seconde position (42%, -6 points). Enfin, ils placent l’enfance, la jeunesse et l’éducation en troisième position (40%, +6 points), suivies de l’environnement, du handicap et de la culture et du patrimoine (27% à égalité pour les trois causes). « Bien que demeurant une des causes majeures pour les Français, le passage de la santé et de la recherche médicale en seconde position des préoccupations traduit probablement le soulagement occasionné par le développement et l’accès à des vaccins. Cependant, si ces vaccins représentent un espoir de mise à l’abri du virus, les Français ont bien conscience qu’ils ne prémuniront pas les personnes les plus démunies, ainsi que les enfants et les jeunes dans leur ensemble, des conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire. Apprentis d’Auteuil agit depuis 155 ans auprès de ces publics et nous pouvons attester que les besoins sont criants et que nous avons effectivement besoin du soutien du plus grand nombre pour leur venir en aide. » conclut Stéphane Dauge.

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A propos d'Apprentis d'Auteuil

Fondation catholique reconnue d’utilité publique, acteur engagé de la prévention et de la protection de l’enfance, Apprentis d’Auteuil développe en France et à l’international des programmes d’accueil, d’éducation, de formation et d’insertion pour redonner aux jeunes et aux familles fragilisés ce qui leur manque le plus : la confiance. Apprentis d’Auteuil accompagne plus de 36 000 jeunes et familles dans près de 240 établissements. Ces jeunes lui sont confiés par leur famille ou par l’Aide sociale à l’enfance. La fondation dispense 77 formations professionnelles dans 12 filières. A l’international, Apprentis d’Auteuil a choisi d’agir en partenariat. La fondation mène des actions dans plus de 31 pays aux côtés de ses 59 partenaires locaux. Chaque année, 15 000 jeunes et familles dans le monde bénéficient de ces programmes 

 


Fiche technique : Ipsos a reconduit le dispositif d’étude mis en place pour Apprentis d’Auteuil l’an passé. Dans ce cadre, 1000 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française, ainsi que 500 personnes dont le revenu annuel net du foyer est supérieur à 120 000 € (moins de 2% des foyers fiscaux) ont été interrogées du 5 mars au 18 mars 2021.

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  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs

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