Bilan des élections, la droite l'emporte, la gauche résiste, le FN bat son record de voix

Avec une participation en forte progression, la droite gagne finalement 7 des 13 régions de métropole, contre 5 pour la gauche. Le barrage républicain et la mobilisation de l’électorat de gauche ont empêché le Front National de l'emporter, même s'il bat son record de voix de la Présidentielle 2012 et conforte son ancrage territorial, en obtenant près de 360 élus.

UNE PARTICIPATION EN NET PROGRESSION

La participation au second tour des élections régionales 2015 s’établit à 58,4%, en progression de 8,5 points par rapport au premier tour. La mobilisation anti-FN de l’entre-deux-tours, la dramatisation du scrutin, des résultats serrés créant nombre de seconds tours à enjeux peuvent expliquer ce fort sursaut. Cette participation est en hausse de plus de 7 points par rapport au second tour des régionales de 2010. Elle ne constitue cependant pas un record et reste inférieure au second tour des régionales de 2004 (65,6%).

7 RÉGIONS GAGNÉES POUR LA DROITE

La droite conquiert à l’issue du second tour sept régions, dont les plus peuplées : Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Alsace-Lorraine-Champagne Ardennes, PACA, Nord-Pas-de-Calais Picardie, Pays de la Loire, Normandie. Elle a bénéficié en Ile-de-France et en Auvergne-Rhône Alpes d’un vote utile d’une partie de l’électorat FN qui a contribué à sa victoire.

5 RÉGIONS CONSERVÉES GRÂCE AU REPORT DE VOIX POUR LA GAUCHE

La gauche conserve cinq régions : la Bretagne, l’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val de Loire et le Languedoc-Roussillon-Midi Pyrénées. Elle fait un peu mieux que ne le laissait présager le rapport de force politique issu des dernières départementales. Grâce au léger rebond des listes PS suite à la hausse de la popularité présidentielle post-attentats et à la progression du FN grignotant le socle électoral de la droite, elle s’impose à l’arraché en triangulaire dans le Centre-Val de Loire et la Bourgogne-Franche-Comté. Dans un contexte de forte mobilisation anti-FN, la résistance de la gauche s’explique en partie par les très bons reports de voix de l’électorat des listes à gauche du PS au premier tour : 79% des électeurs du Front de Gauche et 83% des électeurs EELV ont voté pour la liste d’union de la gauche au second tour.
La gauche perd la Corse, qui passe aux mains des nationalistes emmenés par Gilles Siménoni, le maire de Bastia.

LE FN PERDANT DANS SES DUELS GRÂCE AU BARRAGE RÉPUBLICAIN 

Le FN ne conquiert aucune région, en perdant les duels en PACA et dans le Nord-Pas de Calais-Picardie, et les triangulaires où il avait une chance de l’emporter, en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne et en Bourgogne-Franche-Comté. 57% des Français disaient dans l’entre-deux-tours éprouver de l’inquiétude à l’idée d’une victoire du FN : c’est peu ou prou la proportion d’électeurs qui se sont portés sur le candidat de droite en PACA et Nord-Pas-de-Calais. Le FN est ainsi battu par le sursaut de mobilisation et un barrage républicain qui a fonctionné, l’électorat de gauche en jouant majoritairement le jeu.
Le FN obtient toutefois lors de ses régionales son meilleur score historique en voix, toutes élections confondues. Il obtient, avec 58,5% de participation, 6 820 147 voix, dépassant le record de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2002, avec 79% de participation (6 421 426 voix). Pour la première fois également, il dépasse la barre des 50% au second tour dans un département, le Vaucluse. Il conforte enfin son ancrage territorial en obtenant près de 360 élus, contre un peu plus de 150 en 2010.

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