Comment rebondir après un échec professionnel ?

Une enquête Ipsos pour le Ministère du Redressement Productif dans le cadre du colloque « Rebondir » organisé le 13 janvier.

Auteur(s)

  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty
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Une société qui condamne (trop) l’échec

L’échec est quelque chose de négatif et de stigmatisant qu’il en difficile de surmonter, en particulier dans le monde du travail. Si 36% des personnes interrogées estiment qu’il est facile de surmonter un échec professionnel, la majorité (62%) n’est pas d’accord avec cette affirmation (65% des cadres et 68% des professions intermédiaires).

Pourtant, l’échec peut être une expérience enrichissante et même pour beaucoup un passage obligé pour réussir professionnellement. Tous les Français ou presque (94%) pensent qu’on apprend toujours de ses échecs. Dans le même esprit, la majorité (71%) estiment que pour réussir sa vie professionnelle, il faut savoir prendre des risques quitte à se mettre de temps en temps en situation d’échec (78% des hommes, 75% des cadres).

Dans ce contexte, les Français considèrent qu’on dévalorise trop souvent les gens qui subissent un échec dans leur vie professionnelle (à 83%, 87% chez les cadres et 88% chez les professions intermédiaires). Ils constatent qu’en France, avoir une seconde chance est plutôt exceptionnel, notamment pour les créateurs d’entreprises. Pour 69% des personnes interrogées, on ne redonne pas assez leur chance aux entrepreneurs qui ont connu un échec.

 

Comment aider à rebondir après un échec ?

L’échec est mal accepté et de ce fait, mal encadré. Pour une large majorité de Français (77%), les entrepreneurs qui ont connu un échec professionnel ne sont pas suffisamment accompagnés par les pouvoirs publics pour leur permettre de rebondir, contre 12% pour qui ils sont bien accompagnés.

Pourtant, d’après les Français, un certain nombre de mesures permettrait de les aider efficacement à rebondir professionnellement. C’est le cas par exemple de la généralisation des échanges d’expérience entre entrepreneurs « débutants » et « confirmés » (une mesure que 80% jugent efficace) ou de la mise en valeur des réussites accomplies par les entrepreneurs ayant échoué une première fois (efficace pour 71%).

Plusieurs acteurs peuvent également être mobilisés pour infléchir la représentation négative de l’échec. L’école en premier lieu. Elle pourrait enseigner les vertus de l’expérience et lutter contre les préjugés à l’égard de l’échec (73% des Français pensent qu’une telle mesure serait efficace pour aider les entrepreneurs à rebondir). Les banques ensuite, dont les chargés de clientèle pourraient être sensibilisés au fait qu’un échec entrepreneurial est une expérience positive (une mesure efficace pour 64%). Enfin les pouvoirs publics pourraient communiquer davantage sur les dispositifs de soutien aux entrepreneurs (efficace pour 67% des personnes interrogées).


Fiche technique :

Sondage effectué pour : Le Ministère du Redressement Productif
Échantillon : 940 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
Dates du terrain : Du 13 au 14 décembre 2013.
Méthode : Échantillon interrogé par téléphone.
Méthode des quotas : sexe, âge, catégorie socio professionnelle de la personne de référence du ménage, région et catégorie d’agglomération.

Auteur(s)

  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty

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