De l’enfance à l'adolescence vers l'âge adulte : quelles étapes, quelles transitions ?

Pour la neuvième année consécutive dans le cadre des Forums Adolescences, Ipsos Santé a réalisé pour la Fondation Pfizer une étude quantitative qui confronte les regards des adolescents à ceux des adultes. L’enquête 2013 poursuit la thématique des différences entre générations initiée l’année dernière en étudiant les étapes entre les différents âges de la vie de l'enfance à l’adolescence et de l’adolescence vers l'âge adulte. Une nouveauté cette année, l’introduction du regard des séniors (âgés de 60 ans et plus) afin de mieux appréhender les évolutions générationnelles sur ces « moments de passage ». Parallèlement au sondage quantitatif, 650 adolescents issus de 33 lycées des académies d’Ajaccio, Amiens, Caen, Lille, Limoges, Lyon, Nantes, Orléans-Tours, Poitiers, Strasbourg, Toulouse et Versailles se sont engagés dans l’aventure des Forums Adolescences 2013 et ont enrichi la réflexion pour apporter des éclairages qualitatifs et des illustrations.

Auteur(s)

  • Luc Barthélémy Directeur de Clientèle, Public affairs
Get in touch

Découvrez le Forum Adolescences 2013

En exclusivité :
Vidéos « Best of » des réalisations artistiques des lycéens : 1/2
Vidéos « Best of » des réalisations artistiques des lycéens : 2/2

Baromètre de bien-être des adolescents : une vision des adultes qui s’améliore

Dans la continuité des tendances observées depuis la création du baromètre en 2005 et sans évolution significative depuis la vague de l’an passé, le bien-être des ados est un fait majoritaire :

  • 85% des adolescents déclarent pouvoir parler facilement avec leurs parents,
  • 85% savent à qui s’adresser en cas de difficultés personnelles,
  • 71% estiment se sentir bien à l’école,
  • 47% se sentent souvent sous pression,
  • 25% se sentent mal dans leur peau (même tendance qu’en Janvier 2012).

Si le sentiment d’avoir beaucoup d’amis reste élevé (77%), il perd cependant 4 points, résultat convergeant aux difficultés à aller vers les autres : 29% des adolescents ressentent ces difficultés soit + 4 pts vs 2012.

Mais cette année et pour la première fois depuis 2005, les lignes semblent bouger auprès des adultes qui expriment des opinions moins négatives sur le vécu des adolescents bien que toujours très décalées des retours très majoritairement positif des adolescents.

Ce sont en particulier les adultes en contact personnel ou professionnel avec eux qui ont le plus évolué dans ce baromètre, et qui nous restituent par une possible capillarité le fruit de leur observation d’adolescents dont le quotidien s’améliorerait.

  • Les adolescents sont mal dans leur peau : - 12 points par rapport à la précédence enquête,      - 21 pts chez les adultes en contact avec des adolescents
  • Ils peuvent parler facilement avec leurs parents : + 10 pts, + 11 pts
  • Ils savent à qui s’adresser en cas de difficultés personnelles : + 8 pts, + 13 pts
  • Ils se sentent bien à l’école : + 6 pts, + 13 pts
  • Ils ont des difficultés à aller vers les autres : - 9 pts, - 13 pts
  • Ils se sentent souvent sous pression : - 9 pts, - 12 pts

De l’enfance à l’adolescence vers l’âge adulte, quelles étapes, quelle transition ?

Si le passage de l’enfance à l’adolescence paraît inscrit dans un « calendrier de vie » clair et bien balisé par des étapes nécessaires : des expériences initiatiques d’une part, la réalité d’un corps qui change d’autre part, et enfin le bouleversement des relations, le passage à l’âge adulte est beaucoup plus incertain qu’il ne l’était par le passé si l’on en juge les avis contrastés des adolescents, adultes et des séniors sur la question.

Devenir adulte n’est pas affaire d’âge mais d’expériences et d’autonomie. Le corps n’aide pas à marquer ce changement d’état qui reste volontaire et moins guidé par des normes et des rites collectifs que ce qu’ont connu nos aïeux. Plus qu’une transition, devenir adulte serait devenu ainsi une aventure paradoxale : on est plus libre d’investir sa vie d’adulte à sa manière. Mais ce qui rend libre est porteur de difficultés. Il s’agit de créer son chemin vers l’âge adulte plutôt que d’en suivre un : les adolescents ressentent qu’ils sont moins contraints par une trajectoire pré-dessinée par des appartenances sociales, familiales ou religieuses que ne semblent l’avoir été leurs parents ou grands-parents, moins déterminés par des attributs comme l’emploi, le logement ou le mariage, davantage soumis à des ruptures de parcours qui troublent les repères usuels (retour au domicile du parent, dépendance économique…). Une certitude immuable : la parentalité reste le marqueur essentiel de l’adulte, ou devrait l’être aux yeux des adolescents.

Auteur(s)

  • Luc Barthélémy Directeur de Clientèle, Public affairs

Consommateurs