De moins en moins de CDI dans les PME
La dernière vague du baromètre des PME-PMI Ipsos - LCL - La Tribune montre qu’avec la crise, la précarité a fortement augmentée : alors qu’en 2008, les deux-tiers des PME déclaraient avoir embauché leur dernier salarié en CDI, elles n’étaient plus qu’une sur deux au deuxième trimestre 2009. Par ailleurs, si la baisse de l’activité est enrayée, la reprise se fait toujours attendre.
Au premier trimestre 2008, les deux-tiers des petites et moyennes entreprises (68%) avaient embauché leur dernier salarié en CDI, et une sur cinq (20%) en CDD. La dernière mesure sur le 2ème trimestre 2009 montre que ce ratio s’est nettement détérioré depuis, avec seulement la moitié des entreprises qui ont embauché leur dernier salarié en CDI (51%, -17 points), contre 40% qui ont préféré signer un CDD (+20 points). Cela renvoie bien évidemment aux difficultés que rencontrent les PME depuis maintenant un an, et à l’incertitude quant à la reprise d’une activité plus soutenue.
En effet, si l’indice d’état de santé des PME-PMI est stable depuis mars dernier, il reste à un niveau historiquement bas, comparable à ce que l’on mesurait lors de la récession de 1993. Dans un environnement économique jugé « défavorable au développement de l’entreprise » par 80% des patrons interrogés, avec des efforts du gouvernement en matière d’aide aux entreprises jugés « peu efficaces » dans 77% des cas, on reste dans une logique de prudence peu propice à la croissance, à l’investissement, à l’embauche. L’achat d’équipement est ainsi en baisse dans près d’une entreprise sur deux (46%) et stationnaire dans quatre entreprises sur dix (42%). 30% des PME voient parallèlement leur effectif se réduire, alors qu’il est « stationnaire » dans 57% des autres firmes, et en progression dans seulement 14% des entreprises interrogées, des sociétés de services principalement.
Les petits patrons se plaignent toujours d’une demande faible, pointée en deuxième position dans la liste des principaux freins au développement de leur entreprise (27% de citations), au même niveau que « l’incertitude politique et économique », quelques points derrière le traditionnel « poids des charges sociales » (33%). Dans le détail, on constate que c’est la demande interne aux entreprise qui fait particulièrement défaut : la moitié des patrons de PME notent une baisse de la demande pour leur produit émanant des grandes entreprises, des collectivités et des autres PME. L’appareil productif français est aujourd’hui piégé dans une crise de confiance : inquiets du niveau de la demande, les entreprises n’investissent pas, ce qui valide par là même leurs anticipations pessimistes.