Dilemme pour les employeurs : restreindre l'accès des salariés à Internet, ou les laisser "surfer et apprendre"

L'enquête Ipsos Reid réalisée aux Etats-Unis montre que la majorité des employés utilisent leur accès Internet au bureau à des fins privées. Près des trois-quarts d'entre eux seraient d'accord pour que leur employeur contrôle l'accès au réseau.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Près de la moitié des employés américains disposant d'une adresse électronique et d'un accès Internet sur leur lieu de travail surfent pour des raisons personnelles (46%), et plus d'un sur deux (55%) utilisent également leur e-mail à des fins privées. Les 18-34 ans sont encore plus nombreux que leurs collègues à procéder de la sorte, 57% naviguant sur Internet pour des raisons personnelles, et 68% utilisant leur e-mail professionnel pour correspondre avec leurs amis.

Parmi ceux déclarant naviguer sur Internet depuis leur lieu de travail pour des raisons privées, la plupart recherchent quelque chose de précis au moyen d'un moteur de recherche (89%). Les trois-quarts consultent les fils d'informations, pour lire les dépêches d'actualité et les résultats sportifs. Les sites permettant de comparer les prix des produits sont également populaires, consultés par les deux-tiers des employés (67%), soit une proportion supérieure à ceux déclarant effectivement acheter en ligne (45%). Près d'une personne sur deux (49%) utilise également sa connexion au bureau pour surveiller les cours de la Bourse, et 14% consultent par Internet leurs comptes bancaires. Moins nombreux en revanche sont ceux qui jouent en ligne (22%) ou visitent des sites "pour adultes" (11%).

Il est intéressant de constater que près des trois quarts des Américains disposant d'une connexion sur leur lieu de travail (73%) seraient d'accord pour que leur employeur surveille et contrôle leurs navigation sur Internet. Edward Morawski, du bureau Ipsos Reid de New York, et responsable de l'étude, constate que "le problème est délicat pour les employeurs, et soulève un paradoxe intéressant. D'un côté, surfer pour des raisons personnelles pendant son temps de travail est incontestablement préjudiciable à sa productivité. En revanche, l'utilisation d'Internet facilite la vie quotidienne des employés, leur bien-être étant l'une des clés de l'efficacité au travail. Les employés ont aujourd'hui la possibilité de régler au bureau des problèmes dont ils avaient l'habitude de s'occuper à la maison, comme le suivi de leurs comptes bancaires par exemple. Naviguer sur Internet pour des raisons personnelles n'est pas systématiquement synonyme de loisirs, comme le prouve notre enquête. Leurs soucis réglés, les employés peuvent plus facilement se concentrer sur leur travail."

Pour Tudor Williams, expert du groupe de consultants sur la communication électronique NetGain, restreindre l'accès au Net dans l'entreprises serait une erreur : "Internet est un outil de communication, simplement un peu plus performant que le téléphone. Si les employeurs veulent encourager l'ingéniosité de leurs salariés, ils ne doivent pas les empêcher de s'informer." 

Activités des employés américains qui utilisent Internet au travail à des fins personnelles :Base : 200 employés AMéricain qui utilisent leur accès Internet professionnel à des fins personnelles, extraits d'un échantillon aléatoire de 1000 Américains

  • Accèdent à des moteurs de recherche : 89%
  • Consultent les dépêches d'actualités - informations, sports... : 75%
  • Accèdent à des sites de vente en ligne ou des sites comparant les prix des produits, sans pour autant acheter : 67%
  • Suivent les cours de la bourse ou l'évolution de leur propre portefeuille :49%
  • Effectuent des achats en ligne : 45%
  • Jouent en ligne : 22%
  • Suivent leurs comptes bancaires  : 14%
  • Visitent des sites pour adultes 11%

 


Fiche technique :

Ces résultats sont extraits de la vague des 29 et 30 avril 2000 de l'étude Ipsos Reid Express. Chaque semaine, Ipsos Reid interroge par téléphone un échantillon national représentatif de 1000 Américains.Marge d'erreurs +/- 3%. Cette marge est susceptible d'être plus importante pour les sous-échantillons.

Pour plus d'informations concernant ces études, contacterEd MorawskiIpsos Reid Worldwide GroupNew York(212) 265-3200

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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