Elections métropolitaines de Lyon : Gérard Collomb en position de force dans la perspective du 1er tour 

Alors que les habitants de la Métropole de Lyon auront à se prononcer pour la première fois au suffrage universel direct pour les élections métropolitaines, l’enquête Ipsos/Sopra Steria réalisée pour France Info, France Bleu et Le Progrès fait apparaître un contexte favorable au Maire de Lyon, Gérard Collomb, qui distance largement David Kimelfeld , l’actuel Président de la Métropole.

Auteur(s)

  • Stéphane Zumsteeg Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Ipsos Public Affairs
  • Laurène Boisson Chargée d'études Senior - Public Affairs
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Un déficit de notoriété pour David Kimelfeld par rapport à Gérard Collomb

Premier enseignement de cette compétition entre l’actuel et l’ancien président la Métropole, la notoriété des deux candidats est très différente: si 90 % des habitants du Grand Lyon connaissent, ne serait-ce que de nom, Gérard Collomb, ils ne sont en revanche que 37 % à avoir déjà entendu parler de David Kimelfeld. Si le parcours politique national de Gérard Collomb ainsi que son élection à la Mairie de Lyon dès 2001 expliquent logiquement sa très forte notoriété, cet écart spectaculaire à 4 mois des élections reste très préoccupant pour David Kimelfeld. 

Les autres têtes de liste testées sont encore moins connues. Dans l’ordre seulement 22% des habitants de la Métropole (et 32% des sympathisants LR) connaissent François-Noël Buffet, 13% Annie Guillemot (à peine plus auprès des sympathisants socialistes), 7% Bruno Bernard et 5% Andréa Kotarac.

Une image de Gérard Collomb globalement positive

Largement plus connu que David Kimelfeld, Gérard Collomb suscite logiquement plus de jugements (qu’ils soient positifs ou négatifs) sur sa personnalité. 61 % des personnes interrogées déclarent avoir plutôt une bonne opinion de lui contre 23% qui sont d’un avis contraire. Dans le détail, les opinions sont particulièrement positives auprès des Lyonnais (66%) mais aussi auprès des sympathisants LREM (74%) et LR (71%). De la même manière, il suscite 76% d’opinions positives auprès des personnes ayant voté pour François Fillon en 2017, soit plus qu’auprès de ceux ayant voté pour Emmanuel Macron (65%).

Autre élément venant souligner sa bonne image générale, les sympathisants EELV, Parti socialiste et RN ont, bien que dans de moindres proportions que ceux du centre et de la droite, une image majoritairement favorable de Gérard Collomb.

Plus d’un administré sur deux ne sait pas (encore) que les élections métropolitaines se dérouleront le même jour que les élections municipales (et au suffrage universel direct)

En dépit du traitement médiatique qui a accompagné les péripéties liées à l’investiture du Parti présidentiel pour les élections métropolitaines, leurs dates et modalités d’organisation sont encore peu connues du grand public. Moins de la moitié des personnes inscrites sur les listes électorales des communes membres de la Métropole (47%) sait que ces élections se dérouleront le même jour que les élections municipales au suffrage universel direct (notamment les plus âgés et les CSP+). 

Si ce niveau de notoriété devrait logiquement progresser à partir du lancement de la campagne officielle, cette méconnaissance massive (ajoutée au différentiel de notoriété entre l’actuel et l’ancien président de la Métropole) explique en partie l’écart mesuré entre les listes Collomb et Kimelfeld au 1er tour.

Gérard Collomb en position de force dans la perspective du 1er tour 

Si le 1er tour des élections métropolitaines avait lieu dimanche prochain, les listes soutenant Gérard Collomb se trouveraient, selon notre enquête, dans une situation particulièrement favorable : elles obtiendraient 31% des suffrages exprimés, devançant de 16 points celles présentées par David Kimelfeld (15%).

C’est notamment auprès du cœur électoral de la Macronie que Gérard Collomb fait la différence : les personnes s’étant prononcées pour Emmanuel Macron au 1er tour de l’élection présidentielle voteraient à 42% pour Gérard Collomb et à 23% pour David Kimelfeld. De la même manière, les électeurs de la liste menée par Nathalie Loiseau lors des élections européennes de cette année voteraient à 59% pour Gérard Collomb et à 24% pour David Kimelfeld. Signe également de l’attrait que représente la candidature de l’actuel Maire de Lyon à droite, les électeurs de François Fillon voteraient à 37% pour Gérard Collomb, à 17% pour David Kimelfeld et seulement à 28% pour François-Noël Buffet.

Autre enseignement majeur de cette enquête, les écologistes d’EELV représentent aujourd’hui, et de loin, la principale force électorale à gauche dans la Métropole: les listes emmenées par Bruno Bernard obtiendraient 19 % des voix, ne laissant que très peu d’espace à celles du Parti socialiste (6 %) et de La France Insoumise (4%). 

A droite, les listes des Républicains (François-Noël Buffet) peinent également à s’imposer, en partie victime de la compétition entre Gérard Collomb et David Kimelfeld. Elles rassembleraient 14 % des voix, bien loin des 23 % obtenus par François Fillon au 1er tour de l’élection présidentielle au niveau du Grand Lyon (elles enregistreraient néanmoins un meilleur score que celui de la liste de François-Xavier Bellamy sur ce même territoire lors des dernières élections européennes soit 10%).

Enfin, sur un territoire qui ne lui est traditionnellement pas très favorable, le Rassemblement national est crédité de 11% des voix (Marine Le Pen ayant obtenu 13,5 % au 1er tour de l’élection présidentielle et la liste de Jordan Bardella 14,8% le 26 mai dernier).

Environnement - pollution et sécurité: les deux principales préoccupations dans le Grand Lyon 

Quand on leur demande de se projeter dans l’avenir, les habitants de la Métropole considèrent que l’environnement et la lutte contre la pollution (citées par 46% des personnes interrogées) ainsi que la sécurité (43%) constituent les principaux sujets prioritaires dans leur commune dans les années à venir. Suivent ensuite, mais avec moins d’insistance, les transports en commun (29%), les écoles (29%), la circulation et le stationnement (28%), le logement (25%) et la propreté (23%). 

Le niveau atteint par les préoccupations environnementales est ici bien plus élevé que généralement ailleurs dans les agglomérations françaises de plus de 200000 habitants (34% à l’échelle nationale contre 46% dans cette enquête), signe d’une vraie spécificité lyonnaise dans ce domaine et qui est à relier au score encourageant dont la liste EELV est créditée au 1er tour des élections (à ce titre, cette préoccupation est encore plus forte dans la ville de Lyon –54%). Ce sont notamment les plus jeunes, les CSP+ et, logiquement, les sympathisants et électeurs écologistes qui se révèlent les plus soucieux de cet enjeu.

La sécurité (43%) est à un niveau quasi équivalent à celui mesuré à l’échelle nationale (42%) et est, comme c’est très souvent le cas dans les enquêtes d’opinion, cité plus particulièrement par les personnes les plus âgées et par les sympathisants de droite et d’extrême-droite. 

Enfin, autre spécificité locale, les écoles constituent une priorité pour 29% des habitants (contre 11% en moyenne dans les grandes agglomérations françaises).


Fiche technique : enquête Ipsos/Sopra Steria pour France Info, France Bleu et Le Progrès menée du 7 au 9 novembre 2019 auprès de 608 personnes inscrites sur les listes électorales de la métropole de Lyon, constituant un échantillon représentatif des habitants âgés de 18 ans et plus de la métropole de Lyon.

Auteur(s)

  • Stéphane Zumsteeg Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Ipsos Public Affairs
  • Laurène Boisson Chargée d'études Senior - Public Affairs

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