Enquête électorale française - Vague 3 : François Hollande dans une position toujours plus difficile avant la Présidentielle

L’enquête électorale française du Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), réalisée par Ipsos / Sopra Steria en partenariat avec Le Monde, est un dispositif sans précédent. Jusqu’en juin 2017, elle interrogera une fois par mois un échantillon de plus de 20 000 personnes inscrites sur les listes électorales sur leurs intentions de vote à la primaire de la droite de novembre, puis à l’élection présidentielle du printemps 2017 et enfin aux législatives qui suivront. Voici les principaux enseignements de cette 3e vague de mars 2016.

Enquête électorale française - Vague 3 : François Hollande dans une position toujours plus difficile avant la Présidentielle

Auteur(s)

  • Brice Teinturier Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
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Les intentions de vote de 1er tour pour l’élection présidentielle de 2017 sont toujours plus défavorables à François Hollande (-4 points par rapport à janvier), que Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé soit le candidat de la droite. Dans un cas comme dans l’autre (et même si François Bayrou n’était pas candidat alors qu’Alain Juppé l’était), François Hollande n’est pas qualifié pour le second tour. Désormais, seule une minorité de ses électeurs de premier tour en 2012 a l’intention de voter à nouveau pour lui : 45% d’entre eux (-12 points par rapport à janvier) si Nicolas Sarkozy est candidat et 41% (-10) si c’est Alain Juppé.

Dans l’hypothèse d’une candidature de Nicolas Sarkozy, c’est toujours Marine Le Pen qui est largement en tête des intentions de vote (27% ; +1 par rapport à janvier), devant Nicolas Sarkozy (21% ; stable) et François Hollande (16% ; -4). C’est Jean-Luc Mélenchon qui dans cette configuration bénéficie de la hausse la plus importante des intentions de vote (11% ; +2).

Dans l’hypothèse d’une candidature d’Alain Juppé, Marine Le Pen n’est pas en tête des intentions de vote pour le premier tour. Avec 26% (+1) des intentions de vote, elle reste largement devancée par Alain Juppé 31% (stable). François Hollande est là encore en 3ème position, avec 14% des intentions de vote (-4).

6% (-1 point) des Français qui sont certains d’aller voter au premier tour de cette primaire. L’intention de s’exprimer lors de cette primaire baisse chez les sympathisants LR (16% ; -2) comme chez ceux de l’UDI (11% ; -4) ou de Debout la France (6% ; -4). Surtout, le contour de la population mobilisée fluctue. Parmi les 6% qui ont l’intention de se déplacer pour cette primaire, si 4% étaient déjà certains d’y participer en janvier, 2% sont aujourd’hui certains de vouloir le faire mais ne l’étaient pas en janvier et 3% étaient au contraire certains d’aller voter en janvier mais ne le sont plus aujourd’hui.

Quelles que soient ces fluctuations observées, Alain Juppé apparaît toujours très largement en tête des intentions de vote pour le premier tour de cette primaire à droite (42% ; -2 points néanmoins par rapport à janvier). Nicolas Sarkozy conserve sa deuxième position (26% ; -6) mais l’écart se resserre avec Bruno Le Maire (17% ; +6), qui profite de la mobilisation de nouveaux électeurs en mars. En effet, sur les 2% de personnes qui se disent désormais certaines d’aller voter (alors qu’elles ne l’étaient pas en janvier), l’écart entre Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire est de seulement 2 points (22% pour Nicolas Sarkozy et 20% pour Bruno Le Maire). Au contraire, les électeurs  démobilisés (ceux qui étaient certains de voter lors de cette primaire en janvier mais qui ne le sont plus) étaient beaucoup plus favorables à Nicolas Sarkozy (36% contre 10% pour Bruno Le Maire).

Quant à une éventuelle primaire à gauche qui pourrait être organisée par le PS et ses alliés, 7% des Français auraient très envie d’y participer, soit un score équivalent à celui de la primaire à droite. Si les sympathisants PS sont logiquement les plus enclins à vouloir y participer (21%), les autres sensibilités de gauche seraient elles aussi prêtes à faire entendre leur voix : 10% des sympathisants d’extrême gauche, 11% de ceux du Front de Gauche et 11% de ceux d’EELV.

François Hollande est loin d’apparaître comme l’une des personnalités qui incarnent le mieux la gauche aux yeux des Français (6% des Français le désignent et 10% de ceux qui auraient très envie de participer à une primaire à gauche). C’est Martine Aubry qui arrive en tête aux yeux de ces deux populations, devant Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls.

Les opinions fluctuent sans surprise de manière très importante en fonction de la sympathie politique des répondants, Emmanuel Macron devant sa deuxième place aux sympathisants de droite et du centre qui le plébiscitent (33% d’entre eux considèrent qu’il s’agit de la personnalité qui se rapproche le plus de ce que doit être la gauche, contre seulement 6% des sympathisants de gauche).

Quant au candidat de gauche le plus à même de se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle, il ne s’agit pas de François Hollande selon les Français (seuls 7% le pensent), mais plutôt de Manuel Valls (30%), devant Emmanuel Macron (25%) et Martine Aubry (16%). 

Auteur(s)

  • Brice Teinturier Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

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