L'Europe vue par les Français : entre attachement et scepticisme

À quelques semaines des élections européennes, une enquête Ipsos pour France Télévisions révèle un rapport ambivalent des Français à l'égard de l'Union européenne, marqué à la fois par un soutien au projet européen et une forte défiance envers sa mise en œuvre actuelle.



Un soutien mitigé à l'égard du projet européen

Cette enquête montre dans un premier temps un attachement au projet européen, malgré une perception critique de la manière dont il est mené à l’heure actuelle. 79% des Français se déclarent ainsi globalement favorables au projet européen, mais une grande partie (56%) est globalement favorable au projet européen mais pas tel qu’il est actuellement mis en place. 
Pour un Français sur deux, l’appartenance de la France à l’UE est une bonne chose, moins d’un quart y voit une mauvaise chose (23%) tandis que 27% estiment que ce n’est ni une bonne ni une mauvaise chose. 


Mais une globale approbation des mesure phares de l'UE

Concernant les grandes mesures adoptées par l’UE depuis 2019, les Français s’y montrent favorables dans la plupart des cas, notamment pour le fait que les travailleurs des plateformes accèdent au statut de salarié s’ils le souhaitent (64% des Français y sont favorables), pour la mise en place d’objectifs communs au niveau d’européen en matière d’accès au marché du travail, de conditions de travail ou de protection sociale (58%) ou l’achat en commun de vaccins durant la période du Covid (57%).
Seules deux grandes mesures ne font pas l’objet d’une approbation majoritaire : le pacte asile et immigration (39% des Français y sont favorables contre 36% qui y sont opposés) et l’ouverture de négociations pour l’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie (33% contre 40%). 
Sur ces différentes mesures, une part importante de Français a du mal à savoir si Renaissance ou le RN y est favorable ou opposé. Néanmoins, les Français qui se prononcent ont le plus souvent tendance à estimer que Renaissance est favorable à ces différentes mesures et que le RN y est opposé.


L’immigration, un enjeu européen prioritaire pour les Français

Sur ces différents enjeux, les Français ont plus tendance à faire confiance au RN qu’à Renaissance pour améliorer les choses au niveau européen, même si le plus souvent ils considèrent qu’aucun des deux partis ne pourrait réellement améliorer les choses.
C’est sur l’immigration, principal enjeu pour l’UE selon les Français, que l’écart apparait le plus important. 46% des Français feraient plus confiance au RN sur ce sujet contre 14% qui feraient plus confiance à Renaissance et 40% qui ne feraient confiance à aucun des deux partis.


Une timide confiance envers les partis politiques

Le RN apparait mieux placé que Renaissance sur la plupart des sujets économiques ou sociaux comme la lutte contre l’inflation (27% feraient plus confiance au RN contre 21% pour Renaissance), la protection des intérêts économiques de l’Europe (29% contre 24%), la réduction des inégalités sociales (29% contre 19%) ou encore la lutte contre le chômage (28% contre 21%). 

Néanmoins, sur ces différents sujets, une proportion importante de Français (environ 1 sur 2 pour chaque sujet) ne feraient confiance à aucun des deux partis pour améliorer les choses. Renaissance apparait mieux placé que le RN sur seulement trois sujets : la lutte contre le changement climatique (19% contre 17%), la construction d’une défense européenne commune (29% contre 22%) ou encore la guerre en Ukraine (27% contre 19%).


Attal-Bardella : une perception contrastée des deux figures politiques

Nous avons également interrogé les Français sur l’image qu’ils ont du premier Ministre Gabriel Attal et du président du RN, Jordan Bardella. Jordan Bardella apparait mieux placé sur cinq des sept qualificatifs testés. Les Français sont ainsi 36% à estimer Jordan Bardella « Dynamique » contre 35% pour Gabriel Attal et 29% qui estiment que c’est le cas ni de l’un ni de l’autre. 
Les Français sont aussi plus nombreux à considérer le président du RN comme à la hauteur de la situation du pays (28% contre 25%), comme ayant une vision claire pour le pays (32% contre 25%) et capable de changer les choses (34% contre 21%). Jordan Bardella est aussi davantage considéré proche des préoccupations des Français, sujet sur lequel l’écart est le plus important (37% contre 21%).
Gabriel Attal est lui mieux placé sur deux qualificatifs : compétent (33% contre 29%) et sympathique (33% contre 31%).
Un écart important apparait selon l’âge, les plus jeunes ayant systématiquement tendance à davantage citer Jordan Bardella sur tous les qualificatifs que Gabriel Attal, tandis que c’est l’inverse auprès des personnes âgées de 70 ans ou plus. 

Rapport complet

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A propos de ce sondage

Enquête Ipsos pour le France Télévisions menée du 16 au 20 mai 2024 auprès 11 531 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française, inscrites sur les listes électorales, âgées de 18 ans et plus.

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