Européennes : les implications en Italie
Doit-on s'attendre à une abstention record en Italie lors de ces élections ? Pourquoi ?
« En Italie, nous enregistrons généralement un taux élevé de participation aux élections. Lors des dernières élections politiques (en février 2013), 75% des électeurs se sont présentés aux urnes, tandis que 65% des citoyens italiens sont allés voter lors des dernières élections européennes (en 2009), soit 22% de plus que la moyenne européenne (43%).
Bien que le contexte soit favorable à une participation élevée, nous nous attendons à constater une baisse du taux de participation, ce qui devrait engendrer un taux d'abstention d'environ 40%, chiffre élevé pour l'Italie.
Cependant, nous ne pouvons établir aucun lien entre cette chute du taux de participation et les élections qui se profilent, puisqu'il s'agit d'une tendance qui se développe depuis un certain temps déjà. Nous pensons qu'avec le temps, l'Italie finira par adopter une attitude plus européenne. »
Comment se présentent ces élections pour le ou les partis au pouvoir en Italie ?
« Le gouvernement actuel est soutenu par une coalition réunissant le parti de centre gauche (Parti démocrate), les partis du centre (UdC et Scelta Civia) ainsi que le parti de centre droit (NCD).
Il est difficile de prédire quels seront les résultats, étant donné que les affaires judiciaires sont constamment marquées par de nouveaux rebondissements et que, ces derniers jours, des personnalités politiques du Parti démocrate, du NCD et de Forza Italia (le parti de Silvio Berlusconi) ont fait l'objet d'enquêtes.
De ce fait, la scène politique est très instable, de profonds changements se profilent et par conséquent, les élections pourraient donner lieu à des résultats surprenants.
Les derniers sondages indiquent que le Parti démocrate devrait récolter 33% des votes (le Parti démocrate est le plus grand parti en Italie, le Premier ministre italien en est l'un des membres). Les partis du centre, qui soutenaient le gouvernement de Mario Monti, peinent à trouver un terrain d'entente (moins de 3% d'intentions de vote), tandis que le NCD, qui a été fondé par des anciens membres du parti de M. Berlusconi, recueille 6% des intentions de vote.
En supposant que ces chiffres s'avèrent exacts et que les 15 jours de campagne restants (sans compter les éventuels nouveaux scandales, les enquêtes judiciaires et autres rebondissements) n'influencent pas ces tendances, les résultats devraient jouer en faveur du gouvernement actuel, notamment parce que le Parti démocrate ne cesse de gagner de l'ampleur par rapport à 2009 (26,1%) et par rapport aux résultats de l'an dernier (25,4%). »
Les forces eurosceptiques espèrent réaliser une percée en Europe. L’Italie sera-t-elle concernée par cette tendance ?
« L'Italie demeure un pays essentiellement pro-européen, même si ce sentiment a perdu du terrain en raison de la crise économique.
Dernièrement, les sondages Ipsos ont indiqué une hostilité grandissante à l'égard des politiques de rigueur, qui ont ébranlé la confiance accordée à l'Union européenne.
Les résultats des prochaines élections pourraient envoyer un message fort dans ce sens, tandis que la majorité des candidats italiens élus au Parlement européen exprimeront des sentiments eurosceptiques. Ensemble, Forza Italia (le parti de Silvio Berlusconi), Lega Nord, Fratelli d'Italia et Movimento 5 Stelle (parti fondé par Beppe Grillo), qui expriment tous des critiques à l'égard de la monnaie européenne et de l'Union, pourraient recueillir plus de 50% des voix.
Il convient d'indiquer que Matteo Renzi, notre Premier ministre, est très critique à l'égard de certaines politiques imposées par l'Union européenne, notamment en matière d'économie et d'immigration. »