Européens au volant : l’enfer, c’est les autres !

Vacances d’hiver : c’est le moment parfait pour faire le point sur le comportement des Européens au volant. Quels sont leurs sentiments face à la violence routière ? Comment jugent-ils leur propre attitude au volant ? Et celle des autres ? Quels sont les comportements dangereux qu’ils adoptent ? Pour répondre à ces questions, et à bien d’autres, la Fondation VINCI Autoroutes pour une conduite responsable et Ipsos se sont associés pour réaliser un observatoire des comportements des Européens au volant, interrogeant plus de 7000 Européens dans 7 pays emblématiques de l’Union Européenne.

Les Européens considèrent que la violence routière n’est pas inéluctable

61% des Européens sont convaincus que le nombre de personnes tuées sur les routes de leur pays peut encore baisser de façon très importante dans les prochaines années.

Les Français figurent parmi les plus convaincus qu’il est encore possible de faire baisser drastiquement le nombre de victimes (67%), avec les Belges (68%) et les Espagnols (78%). Seuls les Allemands et les Britanniques considèrent majoritairement qu’il sera difficile  de faire baisser beaucoup plus le nombre de victimes.

Les Européens ont conscience qu’il faut agir sur des causes d’accident diverses pour y parvenir : la vitesse, l’alcool et les stupéfiants mais aussi l’hypovigilance. Les Français l’ont bien compris puisqu’ils considèrent même désormais la somnolence comme la première cause d’accidents mortels sur les autoroutes de l’hexagone.

Au volant, l’enfer, c’est les autres

Les Européens se considèrent volontiers comme de très bons conducteurs : ils s’octroient en moyenne la note de 7,8/10 lorsqu’ils évaluent leurs qualités de conducteurs (7,7/10 pour les Français).

Pour décrire leur comportement au volant, 97% des conducteurs européens emploient d’ailleurs au moins un adjectif positif : ils seraient avant tout vigilants, calmes et courtois. Seuls 14% citent au moins un adjectif négatif, avouant tout au plus être stressés. Mais quand ils décrivent les autres conducteurs, 82% citent au moins un adjectif négatif : ils seraient stressés, irresponsables, agressifs ou même dangereux. Seuls 35% emploient au moins un adjectif positif pour les décrire.

Les Français sont particulièrement nombreux à juger leurs compatriotes dangereux au volant (39% contre 24% en moyenne) et irresponsables (45% contre 41%). Ils sont également les plus nombreux à déclarer qu’il leur arrive d’avoir peur du comportement agressif d’un autre conducteur (88% contre 83% en moyenne).

Le conducteur suédois, modèle de responsabilité aux yeux des Européens… aux antipodes des conducteurs Italiens

Pour les Européens, le conducteur modèle est un ressortissant suédois : 47% considèrent que la Suède est le pays où les conducteurs se montrent les plus responsables, devant l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Cette hiérarchie est identique quelle que soit la nationalité des répondants, Français y compris. 

Le pays des conducteurs les plus irresponsables est en revanche, de l’avis de tous, l’Italie (50% de citations, pays le plus cité quelle que soit la nationalité des répondants). Les Italiens eux-mêmes en sont convaincus : 71% disent que l’Italie est le pays des conducteurs les plus irresponsables. 

Le conducteur français : une mauvaise réputation pas toujours méritée

Les conducteurs français ont quant à eux plutôt mauvaise réputation. Ils sont certes loin d’être considérés aussi irresponsables que les Italiens, mais les Européens les placent tout de même dans le top 3 de l’inconséquence au volant. Les Français partagent d’ailleurs ce constat. Ils se placent même au 2ème rang des conducteurs les plus irresponsables d’Europe.

Les Français font pourtant a priori plutôt partie des bons élèves (ou des moins mauvais) puisqu’ils totalisent 4,6 mauvais comportements en moyenne sur 13 testés, un chiffre en dessous de la moyenne européenne. Certes, avec les Britanniques, les Français sont les plus nombreux à avouer dépasser de quelques kilomètres/heure la limitation de vitesse indiquée.  Mais en ce qui concerne les 12 autres comportements testés, ils ne sont jamais les plus à blâmer.

En matière d’incivilités, les Français ne sont en revanche pas un modèle. Ils sont, avec les Allemands, les champions d’Europe de l’injure au volant (67% déclarent qu’il leur arrive d’injurier un autre conducteur). Une majorité reconnait également klaxonner de façon intempestive les conducteurs qui les énervent, même si les spécialistes en la matière sont les Espagnols (63%).

Alcool, drogues, médicaments et fatigue : des comportements à risque qui restent trop fréquents

Si les Européens ont conscience que l’alcool est une des principales causes d’accidents de la route, leur comportement en la matière est loin d’être toujours exemplaire : 11% (et même 17% des Français) reconnaissent ainsi prendre le volant en étant au dessus de la limite d’alcool autorisée (sans pour autant avoir l’impression d’en ressentir les effets) et 5% le font alors même qu’ils les ressentent (7% des Français). Mais surtout, la limite d’alcool que les Européens se fixent pour prendre le volant est supérieure dans 5 des 7 pays sondés à celle fixée par la réglementation nationale, la situation la plus préoccupante étant celle de la Belgique (2,8 verres en moyenne), devant la France (2,6).

Le fait de consommer des drogues ou de fumer du cannabis avant de prendre le volant est reconnu par 2% des conducteurs européens (2% en France également).

Notons également que 10% des Européens déclarent qu’il leur arrive de prendre le volant en ayant consommé des médicaments susceptibles d’altérer leur vigilance. Cette proportion est encore plus élevée en France (18%), ce qui n’est sans doute pas sans lien avec l’importance de la consommation de psychotropes dans l’hexagone.

Plus généralement, si les Européens ont majoritairement (74%) conscience qu’il ne faut jamais conduire lorsqu’on est fatigué, 34% déclarent qu’il leur arrive de prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués (et même 40% en France).

Les outils d’aide à la conduite : source de sécurité ou d’insécurité routière ?

Ces dernières années, les outils d’aide à la conduite ont un succès croissant, notamment auprès des Français, qui comptent parmi les plus grands utilisateurs de ces outils : 68% déclarent utiliser un GPS ou une application GPS, 36% un dispositif d’alerte pour les prévenir à l’approche d’un radar ou d’une zone de danger, 46% un régulateur de vitesse (uniquement dépassés par les Suédois qui l’utilisent à 63%) et 32% un limiteur de vitesse.

Si ces outils ont pour intérêt de renforcer le confort de conduite et de faciliter le respect des limitations de vitesse, leur impact sur la vigilance des conducteurs au volant n’est pas toujours bénéfique. Près d’un conducteur européen sur 4 qui utilise un régulateur de vitesse constate d’ailleurs que lorsqu’il utilise de façon prolongée le régulateur de vitesse, il est moins attentif à la route (22%), il respecte moins les distances de sécurité préconisées (23%), il réagit moins rapidement en cas de ralentissement soudain ou de danger (26%), il a moins tendance à faire des pauses (26%) et il a plus tendance à somnoler au volant (21%).


Fiche technique :

Pour réaliser ce panorama européen des comportements au volant, Ipsos a interrogé du 29 janvier au 10 février 2014, par internet, plus de 7000 Européens (dont 1015 Français, 1001 Allemands, 1001 Belges, 1002 Espagnols, 1003 Britanniques, 1004 Italiens et 1006 Suédois), la représentativité de chaque échantillon national étant assurée par l’utilisation de la méthode des quotas.

Auteur(s)

  • Amandine Lama - Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs
    Amandine Lama
    Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs

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