Sondage fonctionnaires | Ipsos bva | Casden | Fonction publique
Sondage fonctionnaires | Ipsos bva | Casden | Fonction publique

Fonction publique : le moral des fonctionnaires chute mais l’engagement résiste

À l’occasion de la journée mondiale de la fonction publique, la CASDEN Banque Populaire (Groupe BPCE), banque coopérative de la Fonction publique, dévoile les résultats de son baromètre annuel réalisé par Ipsos bva. En 2026, le moral des agents de la fonction publique repart à la baisse après le rebond de l'année précédente. L'étude met en lumière un profond sentiment de manque de reconnaissance et des conditions de travail sous tension, alors même que la fierté de servir l’intérêt général reste intacte et que l'usage de l'intelligence artificielle progresse rapidement.

Les chiffres clés de l'enquête

▶ Le moral des agents de la fonction publique repart à la baisse : 54 % affichent un bon moral, en recul de 8 points en un an

▶ Une majorité demeure pessimiste quant à l’avenir (61 %), sur fond de rémunération jugée insuffisante (63 % se disent mal payés) et de conditions de travail dégradées, où près d’un agent sur deux (49 %) déclare subir des incivilités ou des agressions verbales. 

▶ Pourtant, l’engagement ne faiblit pas : 87 % des agents se sentent utiles à la société, 84 % fiers de leur mission et 63 % recommanderaient malgré tout la Fonction publique à un proche. 

▶ L’usage de l’intelligence artificielle bondit de +10 points en un an.

 

Une baisse généralisée et inégale selon les profils

Le moral des fonctionnaires recule nettement en 2026 : 54 % des agents affichent un bon moral, contre 62 % en 2025 (-8 points), pour une note moyenne de 6,4/10 (6,6 en 2025). La baisse touche la quasi-totalité des profils, mais de façon inégale. 

Elle est particulièrement marquée dans la Fonction publique d’État (-12 points), chez les agents de catégorie B (-15 points) et chez les moins de 30 ans (-12 points), tandis que la Fonction publique hospitalière résiste (59 %, -1 point). Ce reflux intervient dans un contexte d’incertitudes économiques et politiques et de contraintes budgétaires accrues.

Des agents fiers et utiles en dépit d’un manque de reconnaissance

Malgré ce climat, l’attachement à la mission est certain : 87 % des agents se sentent utiles à la société et 84 % fiers de leur mission, des niveaux élevés et stables. Deux tiers se disent épanouis (69 %) et motivés au quotidien (68 %). 

Les fondamentaux du statut restent largement valorisés : la garantie de l’emploi (92 %), le service de l’intérêt général (91 %) et la solvabilité de l’employeur public (86 %) arrivent en tête, devant des règles de fonctionnement claires (82 %) et les possibilités de mobilité interne (77 %, leur plus haut niveau). 

En revanche, la reconnaissance fait toujours défaut : seuls 38 % des agents se sentent reconnus par la société et 36 % valorisés.

Un pessimisme qui reflue, mais reste majoritaire

61 % des fonctionnaires se déclarent pessimistes quant à leur avenir : un chiffre encore majoritaire, mais en recul de 5 points par rapport à 2025. Le pessimisme grimpe chez les enseignants (72 %) et les 50 ans et plus (66 %). 

La rémunération demeure le principal point négatif : 63 % des agents s’estiment mal payés (dont 15 % « très mal »), et 56 % peinent à boucler leurs fins de mois (+2 points). Dans ce contexte, la rémunération au mérite gagne du terrain : 69 % des agents y sont désormais favorables, dont plus d’un quart « tout à fait » (+4 points), même si l’idée reste clivante chez les enseignants (52 % favorables, 48 % opposés).

Des conditions de travail toujours sous tension 

Au quotidien, les contraintes s’accumulent : 77 % des agents pointent un manque d’information sur les décisions de leur administration, 75 % des procédures trop lourdes et autant une charge de travail excessive. 65 % dénoncent un matériel inadapté (+3 points). 

Fait préoccupant, près d’un agent sur deux (49 %) déclare subir des incivilités ou des agressions verbales d’usagers, un phénomène encore plus marqué chez les enseignants (67 %) et dans la Fonction publique hospitalière (61 %). Au total, 78 % des agents disent être confrontés, souvent ou parfois, à au moins la moitié de ces difficultés. 

L’intelligence artificielle s’installe tandis que la formation peine à avancer 

L’IA progresse fortement : 49 % des agents y recourent désormais dans leurs missions, soit +10 points en un an, dont 28 % d’utilisateurs réguliers (18 % en 2025). Mais l’accompagnement ne suit pas : 72 % des agents estiment ne pas être assez formés et seuls 19 % se sentent correctement formés (+5 points). 

Ce décalage entre usage et maîtrise, particulièrement net chez les jeunes, les enseignants et la catégorie A, premiers utilisateurs, interroge les dispositifs de formation. 

Même constat pour la dématérialisation, perçue positivement par 55 % des agents mais dont l’accompagnement des usagers reste jugé insuffisant (39 %). 

Les enseignants, un corps engagé mais sous pression 

Très investis (75 % épanouis et 74 % motivés, au-dessus de la moyenne), les enseignants n’en demeurent pas moins le corps le plus critique : 72 % se disent pessimistes pour l’avenir, 76 % dénoncent un matériel inadapté, 67 % subissent des incivilités et 47 % ne recommanderaient pas la Fonction publique. Un signal d’alerte que ce baromètre observe au fil des éditions.

Globalement, ce baromètre démontre une Fonction publique sous tension, mais loin du désengagement. Si le moral fléchit et les difficultés — rémunération, reconnaissance, conditions de travail — s’installent dans la durée, les agents restent profondément attachés à leurs missions, fiers de leur utilité sociale et, pour une majorité, prêts à recommander leur métier.

Rapport complet

 

À propos de la CASDEN Banque Populaire

CasdenBanque coopérative de la Fonction publique, la CASDEN Banque Populaire fait partie du Groupe BPCE, deuxième groupe bancaire en 2025. 
À fin 2025, la CASDEN Banque Populaire compte 586 collaborateurs, 250 Délégués CASDEN, 10 000 Correspondants dans les établissements de la Fonction publique, et plus de 2 millions de Sociétaires.

En savoir plus


À propos de cette enquête

Enquête Ipsos bva pour la CASDEN Banque Populaire menée du 14 au 24 avril 2026 auprès de 1 000 fonctionnaires constituant un échantillon représentatif des fonctionnaires français.

Auteur(s)

Articles liés

  • Automobile | Mobilité | Les Français et la mobilité
    Mobilité Enquête

    Les Français et la mobilité : l'automobile dans un monde post-travail

    Après notre immersion dans l'été des Français, Ipsos bva inaugure une nouvelle série dédiée à leurs habitudes en termes de mobilité. Dans ce deuxième épisode, nous nous intéressons à la place de l'automobile dans un monde post-travail. Si l'intelligence artificielle venait à remplacer le travail humain, quel serait l'avenir de nos déplacements ? Dans le prolongement de notre réflexion sur le revenu universel, la communauté Ipsos RealTalk a imaginé la place de la voiture dans un monde affranchi des trajets domicile-travail. Entre le maintien d'une dépendance vitale hors des métropoles, le passage à une mobilité tournée vers les loisirs et l'attrait grandissant pour l'autopartage, l'automobile réaffirme paradoxalement son statut de symbole d'indépendance.
  • Collegien
    Santé Enquête

    Vaccination contre le papillomavirus au collège : un dispositif bien identifié qui s'inscrit dans le parcours de prévention des adolescents

    Trois ans après le lancement de la campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) au collège, une étude menée par Ipsos bva pour MSD met en lumière une bonne connaissance du dispositif par les familles et un niveau de satisfaction particulièrement élevé parmi celles qui y ont eu recours. Les résultats soulignent également le rôle central des professionnels de santé dans l'accompagnement des décisions parentales et identifient des marges de progression en matière d'information auprès de certains publics.
  • Baromètre des mobilités du quotidien Wimoov
    Mobilité Enquête

    225€ par mois : le coût moyen de la mobilité pour les Français

    Wimoov, association qui œuvre en faveur de la mobilité inclusive et durable depuis près de 30 ans, dévoile les résultats de la 4ème édition du Baromètre des Mobilités du Quotidien. L'enquête Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs, menée auprès de 13 400 personnes en France hexagonale et en Corse, confirme une situation alarmante : la mobilité est devenue un facteur de précarité et aggrave les inégalités socio-économiques et territoriales.