Grenoble : la majorité sortante en passe d'être reconduite

Après trois mandats successifs, Michel Destot, le député-maire socialiste de Grenoble, a décidé de ne pas se représenter et laisse son premier adjoint, Jérôme Safar, conduire la liste PS-PCF-PRG. L'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Alpes montre que ce dernier a de bonnes chances de l'emporter, malgré la forte concurrence à gauche d'une alliance EELV-Parti de Gauche.

A trois semaines du scrutin, la liste PS-PCF-PRG recueille en effet 34% d'intentions de vote, et compte huit points d'avance sur la liste EELV-Parti de Gauche conduite par Eric Piolle, à 26%, qui séduit donc tout de même le quart des électeurs potentiels. Bien que ces électeurs semblent plus motivés — 76% d'entre eux sont d'ores et déjà sûrs de leur choix alors que ce n'est le cas que de 65% des électeurs potentiels de la liste Safar - le retard sera difficile à combler.

Les deux listes de gauche devancent aujourd'hui la liste UMP-UDI conduite par Matthieu Chamussy, en troisième position à 22% d'intentions de vote. Ce score renvoie aux difficultés de la droite grenobloise, qui peine à retrouver la confiance des électeurs depuis la condamnation d'Alain Carignon en 1995 pour corruption. Après avoir purgé sa peine de prison et ses années d'inéligibilité, l'ancien maire figure d'ailleurs en neuvième place sur la liste UMP-UDI. En retrait, le FN recueille quant à lui 9% d'intentions de vote, juste en dessous de la barre des 10% qui lui permettraient de se maintenir.

Le rapport de force global est donc largement favorable aux forces de gauche, qui totalisent 61% d'intentions de vote, soit presque deux fois plus que la droite et l'extrême droite (33%). Au centre, la liste conduite par Philippe de Longevialle, adjoint de Michel Destot, est à 5%.

Les intentions de vote second tour confortent le leadership de la majorité sortante. En triangulaire, la liste conduite par Jérôme Safar recueille 42% des suffrages, contre 33% pour la liste de Matthieu Chamussy et 25% pour la liste d'Eric Piolle. La liste Safar augmente son score du premier tour en bénéficiant du renfort d'un bon tiers de l'électorat centriste, mais aussi du soutien d'environ 10% des électeurs de la liste EELV-PG au premier tour. En cas de fusion entre les deux listes de gauche dans l'entre-deux tours, le match semble joué : la liste d'union menée par Jérôme Safar obtient 63% des intentions de vote, contre 37% à la liste de droite. Si "l'autre gauche" arrivait en tête au premier tour - ce qui ne semble pas être le cas vu les intentions de vote - et que la liste d'union était conduite par Eric Piolle, l'écart serait du même ordre (61% / 39%). L'hypothèse n'a pas été testée, mais si le FN parvenait finalement à se qualifier, le rapport de force serait logiquement encore plus défavorable à la droite parlementaire.

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