La bonne image de l'artisanat chez les Français et les artisans eux-mêmes
L'artisanat, un métier attractif pour le grand public, et source de satisfation pour ceux qui l'ont choisi. Tels sont dans les très grandes lignes les enseignements d'une étude réalisée par Ipsos à l'initiative du Groupe Banque Populaire, à l'occasion de la remise du Prix National de la Dynamique Artisanal Artinov qui s'est déroulée le 27 septembre au palais Brongniart en présence de Renault Dutreil. Le PNDA Artinov récompense chaque année des chefs d’entreprises artisanales pour leur exemplarité en matière de performances économiques et commerciales, de création, reprise ou transmission d’entreprise et de gestion des salariés et d’innovation.
Le grand public et l'artisanat
Les Français témoignent d'une bonne connaissance des métiers de l'artisanat. Un quart des personnes interrogées identifie au moins 8 professions parmi les 10 proposées comme "métier de l'artisanat" et 84% au moins 4 parmi les 10 proposées. Les trois métiers les plus reconnus en tant que métier de l'artisanat sont chocolatier (93%), peintre en bâtiment (88%), fleuriste (86%), les moins reconnus étant ambulancier (26%), prothésiste dentaire (37%) et déménageur (37%).
On constate par ailleurs une surestimation de la taille moyenne des entreprises artisanales. Le nombre moyen d'employés dans une entreprise artisanale est évalué à 9,5 personnes par les Français alors que, la taille moyenne réelle est de 2,8 personnes. Ceci peut être dû en partie à l'emploi du mot "entreprise" dans le libellé de la question qui, dans l'esprit de nombreux répondants, exclut les TPE. Il est à noter que les hommes et les plus de 35 ans semblent les mieux informés sur ce point.
L'enquête met aussi en évidence l'attractivité des professions de l'artisanat : un Français sur trois déclare avoir envie de devenir un jour artisan lui-même. Malgré une moins bonne connaissance de l'artisanat que leurs ainés, de nombreux jeunes (42%) envisagent de rejoindre cette catégorie professionnelle. Parmi ceux qui envisagent de devenir artisan, la majorité (59%) préfèrerait reprendre l'activité d'un artisan qui part à la retraite, les autres étant partisans de la création de leur propre entreprise. Enfin, la majorité des personnes interrogées (57%) pense qu'il faut disposer à la fois d'un diplôme et d'expérience pour devenir artisan. En réalité, une expérience de trois ans de travail dans un métier artisanal suffit pour obtenir le statut d'artisan.
Les artisans jugent leur situation
Globalement, les professionnels interrogés sont satisfaits de leur situation : q uel que soit le secteur, plus des deux tiers des artisans (69%) se déclarent satisfaits de leur situation actuelle dont plus d'un sur cinq (22%) "très satisfaits". Ils se déclarent dans les mêmes proportions "confiants dans l'avenir" (65%). Les artisans du bâtiment se montrent les plus confiants (72% contre 65% de l'ensemble), les professionnels de l'alimentation sont les plus réservés (42% ne sont "pas confiants", contre 34% de l'ensemble).
Vu cet optimisme, il est logique que les deux tiers des artisans soient prêts à recommander à un proche de suivre leur exemple et d'embrasser une des nombreuses professions de l'artisanat. Les sources de satisfaction sont en effet multiples. Le fait de travailler pour son propre compte constitue le principal attrait de l'artisanat : l'indépendance, la liberté et le fait de ne pas avoir de patron sont les raisons les plussouvent évoquées (par 37% des artisans satisfaits). La passion pour le métier est la deuxième source de satisfaction (32% de citations chez les artisans "satisfaits"). Sont encore cités la satisfaction d'avoir une activité qui marche bien (19%), le contact avec les clients (18%), l'aspect artistique du métier (10%), la flexibilité des horaires (7%).
Des motifs de mécontentement existent néanmoins. Par exemple, l es artisans se plaignent des prélèvement obligatoires. Trois quarts (74%) des artisans "insatisfaits" évoquent ansi les charges (50%) ou les taxes (18%). Ensuite, sont cités à un niveau équivalent (environ 1/3 des mécontents) la mauvaise conjoncture économique, les conditions de travail de l'artisanat (longue journées de travail, manque de reconnaissance, difficultés de gérer tout en étant seul), le manque d'aide de la part de l'Etat.
Les artisans se montrent également préoccupés par le financement de leur retraite (57% s'en préoccupent beaucoup), le financement de leur entreprise (53%) et son développement (51%). Le recrutement de nouveaux salariés et la transmission de leur entreprise apparaissent moins prégnants (respectivement 46% et 47%) .
L'image de l'artisanat
Les Français comme les artisans ont exprimé une hiérarchie comparable des éléments constituant l'image de l'artisanat actuel. Ainsi, la quasi-totalité des artisans a relevé "la proximité" existant avec les clients. Cette caractéristique est également la première citée par le grand public. La "créativité", le "dynamisme" apporté localement et la place clé dans l'économie de l'artisanat sont aussi reconnus, par 9 artisans sur dix et autant de Français. En revanche, la "modernité technologique" des métiers semble être une donnée avant tout connue des hommes de l'art eux-mêmes, qui classent ce trait d'image en cinquième position, tandis que le grand public lui réserve la huitième place (avec néanmoins un score proche).
L'attractivité des métiers de l'artisanat pour les femmes est affirmée : plus des trois quarts des artisans constate ent l'entrée des femmes sur des secteurs de l'artisanat traditionnellement réservés aux hommes, et les deux tiers approuvent l'idée selon laquelle de plus en plus de femmes prennent la direction d'entreprises artisanales. On ne relève pas un même phénomène par rapport aux jeunes, puisqu'à peine la moitié des artisans déclarent que les jeunes se montrent attirés par leur secteur d'activité, les plus pessimistes appartenant au secteur du bâtiment.
Les traits d'image à connotation négative sont rares ; ils arrivent bons derniers auprès des artisans comme auprès de l'ensemble de la population française. Néanmoins, plus d'un tiers évoquent un côté "traditionaliste" de l'artisanat (42% auprès du grand public / 39% auprès des artisans) et un quart pense que sont image est "vieillotte et dépassée" (28% / 29%).
Parmi les différents secteurs, les artisans du secteur alimentation se montrent les moins sévères, particulièrement en ce qui concerne l'utilisation des technologies de pointe, la créativité déployée et les perspectives d'avenir. Les artisans des services sont les plus enthousiastes lorsqu'il s'agit d'évoquer la créativité, l'avenir des métiers de l'artisanat, l'attractivité de ses métiers pour les jeunes et l'avancée des femmes chefs d'entreprises artisanales. Enfin, les Français dans leur ensemble ont une meilleure image de l'artisanat que les artisans eux-mêmes concernant la "féminisation" de l'artisanat (79% des artisans vs. 83% du grand public), la "transmission du savoir-faire" de génération à génération (61% vs. 74%), l'attrait des métiers de l'artisanat auprès les jeunes (51% vs. 63%).