La victoire de la gauche s'appuie sur la popularité des premières mesures du quinquennat

Le sondage Ipsos/logica Business Consulting réalisé pour France Télévisions, Radio France, Le Monde et Le Point détaille la sociologie du vote, et dessine un état politique de l'opinion à la fin de la séquence 2012 : adhésion aux premières mesures du gouvernement, avantage à Fillon pour le leadership à l'UMP.

Le second tour des Législatives a d'abord été marqué par une abstention record pour ce type de scrutin sous la cinquième République, supérieure à 40%. Comme au premier tour, ce sont surtout les 18-24 ans (64%), les ouvriers (59%), les chômeurs (60%), les "bas revenus" (61%) qui ne se sont pas rendus aux urnes.

Dans les 414 circonscriptions présentant un duel gauche / droite, la gauche l'emporte dans un rapport de force légèrement supérieur à celui du second tour de la Présidentielle : 52,5% / 47,5%. Comme en mai dernier, la gauche est majoritaire dans toutes les catégories sociodémographiques testées, à l'exception des "plus de 60 ans", des retraités, des indépendants et des hauts revenus. La droite sort donc de la séquence électorale 2012 repliée sur son électorat traditionnel.

Le succès de la gauche s'explique en partie par l'adhésion très forte des Français aux premières mesures prises ou envisagées par le gouvernement : baisse de 30% du salaire du Président et des ministres (92% d'approbation), plafonnement du salaire des patrons d'entreprises publiques (85%), création de 150 000 emplois d'avenir (82%), contrats de génération (80%), coup de pouce au SMIC (78%), taxation à 75% des très hauts revenus (76%), rétablissement partiel de la retraite à 60 ans (73%), création de 60 000 postes dans l'Education nationale (59%). Même les sympathisants UMP adhèrent majoritairement à la plupart de ces mesures, sauf en ce qui concerne la taxation à 75% (49% d'approbation), le rétablissement partiel de la retraite à 60 ans (43%) et la création de 60 000 postes dans l'Education nationale (22%). Ces mesures sont également largement approuvées par l'électorat FN, à l'exception des recrutements dans l'Education nationale (46%).

Les clivages politiques sont en revanche plus nets dans la confiance portée à l'exécutif pour réduire le déficit public. Les électeurs de gauche font confiance à 91% à l'exécutif pour "ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 et à 0% en 2017", alors que les électeurs du Modem (60%), du FN (80%) et de l'UMP (93%) expriment une défiance largement majoritaire.

A droite, la stratégie du "ni, ni" concernant les duels gauche / FN au second tour est approuvée par 61% des proches de l'UMP (contre 39% d'avis contraires), mais désapprouvée, pour des raisons opposées par 69% des sympathisants de gauche et 74% de ceux du FN. Plus globalement, une majorité de Français souhaite que le FN soit représenté à l'Assemblée Nationale, par "quelques élus" (45%) ou même "beaucoup d'élus" (18%). Les deux tiers des sympathisants UMP (68%) souhaiteraient quelques élus FN à l'issue du scrutin. A gauche, un tiers de l'électorat est aussi de cet avis, contre 67% qui ne souhaitent "aucun élu FN".

En ce qui concerne l'avenir de l'UMP, 89% des sympathisants de ce parti souhaitent "qu'il reste le principal parti de la droite, mais en donnant plus d'importance aux différentes sensibilités qui la composent". Les jugements sont plus équilibrés chez les proches du FN : 54% sont également de cet avis, contre 46% qui se prononcent en faveur de la séparation en deux formations, l'une de centre droit, l'autre de droite. L'électorat centriste est à 63% favorable à la séparation de l'UMP.

L'ancien Premier ministre François Fillon est du point de vue de l'opinion, le mieux placé pour assurer le futur leadership de l'UMP : 50% des Français, 55% des sympathisants UMP et 53% des proches du FN souhaitent le voir diriger ce parti après les législatives. Alain Juppé recueille 35% de citations grâce notamment au soutien de l'électorat de gauche (47%) et Modem (44%), alors qu'il n'est choisi que par 24 % des sympathisants UMP. Jean-François Copé est plus en retrait : 15% de citations sur l'ensemble de l'échantillon, et 21% chez les sympathisants UMP.

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