Les Américains sont soulagés par l’acquittement de Bill Clinton

Selon les sondages réalisés après l’acquittement du président, les Américains sont satisfaits, à une large majorité, du vote du Sénat. La popularité du président des Etats-Unis atteint aujourd’hui 66% d’opinions favorables, un de ses plus hauts niveaux.

Auteur(s)
  • Christelle Alexandre Directrice de Développement, Ipsos Connect
Get in touch

Les Américains poussent un immense "ouf" de soulagement, c’est un des enseignements majeurs que l’on peut tirer des sondages réalisés au lendemain du vote du Sénat sur la procédure de destitution du président. Selon un sondage réalisé le 12 février après le scrutin par CBS News auprès de 926 adultes, 74% des Américains sont satisfaits du maintien de Bill Clinton à la Maison blanche. Une autre enquête, effectuée le même jour auprès de 664 adultes pour le Los Angeles Times indique que 65% des personnes interrogées estiment que le Sénat a eu raison d’acquitter le président. Si celui-ci sort juridiquement indemne de ces treize mois de scandale, il n’en est pas pour autant totalement épargné. Selon un sondage réalisé par Princeton Survey Research Associates les 11 et 12 février pour l’hebdomadaire " Newsweek " auprès de 752 personnes, 71% des personnes interrogées estiment que son souvenir restera associé au scandale Lewinsky, seulement 21% pensent qu’il pourra modifier son image au cours du reste de son mandat.

Cette affaire laissera des traces dans l’opinion américaine. Celle-ci n’est pas dupe de la franchise de la parole de son président. Selon un sondage d’U.S News and Word Report réalisé les 7 et 8 février auprès de 800 personnes (avant l’acquittement), 56% estimaient que, de tous les présidents récents, Bill Clinton est celui qui a le moins de sens moral. Le sondage de CBS (après le vote) montre même que 64% des personnes interrogées estiment qu’il s’est rendu coupable de parjure devant le grand jury fédéral et 49% qu’il a bel et bien fait obstruction à la justice dans l’affaire Paula Jones (révélateur de l’affaire Lewinsky).

Le peuple américain souhaite surtout en finir définitivement avec cette affaire qui aura entaché l’image du pays et des institutions à l’étranger. Ils mettent en garde autant les Républicains que les Démocrates contre toute volonté de récupération politique du scandale. Pour 74% d’entre eux (enquête Newsweek), les Républicains ne devront pas chercher a exploiter l’attitude de Bill Clinton durant l’affaire. Même son de cloche chez les Démocrates : 76% expriment leur opposition à une éventuelle récupération de l’attitude républicaine par les Démocrates. Le président en est conscient, puisqu’il a réitéré une nouvelle fois ses excuses à la nation, samedi 13 février. Les Républicains auront pourtant du mal a se dépêtrer de cette affaire : 62% des Américains (sondage Los Angeles Times Poll réalisé le 12 février auprès de 664 adultes) croient que les représentants républicains du Congrès ont surtout voulu abattre politiquement et personnellement Clinton. "Le président, le Congrès et notre parti ont été blessés" par cette affaire, admettait dimanche Jim Nicholson, le président du comité national républicain. Le président souhaite maintenant "œuvrer à la réconciliation nationale", mais les rancœurs risquent de demeurer vivaces, celui-ci déclarait au lendemain du vote, "Je pense que toute personne qui demande le pardon doit être prête à l'accorder'.

Longtemps cloué au pilori médiatique, Bill Clinton et sa côte de popularité ont admirablement résisté au scandale. Avec aujourd’hui plus de 66% d’opinions favorables, la courbe de popularité Gallup-CNN-USA Today (National Barometers) se traduit par une stabilité tirant vers le haut (aux alentours de 60% d’opinions favorables) durant toute l’année 1998, avec un pic de progression se situant en décembre (73%) à l’annonce du lancement de la procédure de destitution. Les Américains n’ont pas voulu mélanger l’action politique du président et son attitude personnelle. L’action du Congrès est désapprouvée par 54% des Américains au mois de février, soit une baisse constante depuis septembre 1998.

Les Américains ne sont pas satisfaits de la tournure des événements ces derniers mois et de l’opprobre ainsi jeté sur les institutions nationales. La courbe d’évolution Gallup-CNN-USA Today relative à leur perception de la " manière dont les choses vont aux Etats-Unis " est passée de 40 à 71% de mécontents en moins de quatre mois. Au terme de près d’une année complète dominée par les divers rebondissements du scandale, les citoyens américains souhaitent maintenant l’apaisement. Les enquêtes d’opinion soulignent qu’ils regrettent que les affaires privées du président aient occupées le centre de l’actualité politique durant treize mois, éclipsant la situation du peuple américain.

Auteur(s)
  • Christelle Alexandre Directrice de Développement, Ipsos Connect

Marques et médias