Les Français et les enjeux sociaux et environnementaux du 21e siècle

À l'occasion de la COP24, Doing Good Doing Well a demandé à Ipsos d’interroger plus de 2000 Français sur 11 enjeux sociaux et environnementaux du 21e siècle*. Comment se positionnent les Français face à ces enjeux ? Ont-ils encore l'espoir de changer les choses ? Les entreprises peuvent-elles porter le changement ?

Auteur(s)

  • Etienne Mercier Directeur Politique et Opinion - Public Affairs
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L'espoir de changer la situation

Face aux grands enjeux environnementaux et sociaux du 21eme siècle, une large majorité de Français espère et considère que l’on peut encore changer la situation. Un espoir qui transcende les différences socio-démographiques de la population

C’est d’abord à l’égard des grands enjeux liés à la condition des femmes qu’ils éprouvent le plus d’espoir : 86% estiment qu’il est possible d’agir et de changer la situation dans le domaine des violences faites aux femmes si nous nous en donnons vraiment les moyens. De même, 85% considèrent aussi que l’on peut changer les choses en ce qui concerne l’égalité femmes-hommes. Leur espoir est aussi très fort en ce qui concerne les grands problèmes de santé et de survie liés à l’alimentation (83%).

En pleine COP 24, alors même que les engagements actuels sont jugés insuffisants et trop tardifs, près de 7 Français sur 10 espèrent encore et considèrent qu’il est possible de résoudre les problèmes de la détérioration des ressources naturelles de la terre et de réussir à préserver le climat (68%).

L’espoir est aujourd’hui majoritaire au sein de la population sur ces 11 grands enjeux du 21ème siècle : aucun des problèmes testés ne suscite un pessimisme majoritaire ou le sentiment qu’il n’y a plus vraiment d’espoir. Surtout, on observe un faible écart entre les domaines pour lesquels ils éprouvent le plus d’optimisme (la lutte contre les violences faites aux femmes, 86%) et ceux pour lesquels ils en éprouvent le moins (l’aide aux migrants, 63%)

Qui peut résoudre les problèmes sociaux et environnementaux ?

Les Français placent d’abord leur espoir dans l’action des associations et des ONG, devant celle des pouvoirs publics : les chercheurs et les entreprises sont aussi plébiscités par beaucoup

C’est dans les ONG et les associations qu’ils placent le plus d’espoir pour agir sur les problèmes sociaux et environnementaux (63%), devant les pouvoirs publics, qu’ils agissent au niveau national (le Gouvernement, 49%), local (élus locaux, 39%) ou encore européen (l’Union Européenne, 32%).

Toutefois, bon nombre de Français placent aussi leurs espoirs dans d’autres acteurs et notamment les chercheurs (38%) et les entreprises (32%). Leurs craintes à l’égard de l’évolution de ces problèmes les amènent probablement à considérer que désormais tout le monde doit s’y mettre.

Les Français considèrent que le rôle des entreprises est de s’engager face aux grands enjeux du 21eme siècle et pour beaucoup, celles qui le font arrivent à avoir des résultats

Autre marqueur de leur inquiétude face à l’évolution de la situation, une majorité des Français considère que les entreprises et leurs dirigeants sont légitimes pour lutter contre 9 de ces 11 grands problèmes environnementaux et sociétaux, et plus spécifiquement dans les domaines des inégalités femmes-hommes (74%) ainsi que la détérioration des ressources naturelles de la terre et la préservation du climat (71%). La plupart des personnes interrogées cite également la désertification des territoires (65%), mais aussi les grands problèmes de santé et de survie liés à l’alimentation (61%), l’isolement et la discrimination (61%) ou encore les violences faîtes aux femmes (60%). Seule la lutte contre le problème de l’aide aux sans-abris (48%) et aux migrants (44%) ne sont pas majoritairement perçus comme relevant de leur rôle.

Les Français se montrent plus circonspects sur l’efficacité de leurs actions mais beaucoup considèrent que les entreprises qui s’engagent, parviennent à avoir des résultats. C’est le cas dans les domaines de la lutte contre inégalités femmes-hommes (56%), les cyberattaques (50%) mais aussi dans une moindre mesure quand elles mènent des actions contre les problèmes de la détérioration des ressources naturelles de la terre et la préservation du climat (42%), les violences faîtes aux femmes (42%), l’isolement et la discrimination (41%) ou encore les grands problèmes de santé et de survie liés à l’alimentation (40%) et la désertification de certains territoires (40%).

Les actifs Français attendent de leur entreprise qu'elle s'engage face aux enjeux sociaux et environnementaux

Les actifs et les salariés attendent désormais beaucoup de leur employeur en termes d’actions mises en place face à ces enjeux : un critère qui devient important au moment du recrutement.

Quels que soient les enjeux, les actifs français estiment très majoritairement qu’il est important que l’entreprise ou le secteur dans laquelle ils travaillent s’investisse face aux grands défis du 21ème siècle. Pour certains d’entre eux, ils considèrent qu’il est même « essentiel » qu’elles leur permettent de s’engager : c’est le cas pour la préservation des ressources naturelles de la terre (67%), la mise en place d’une véritable politique d’égalité femmes-hommes au sein de l’entreprise (64%) ou encore de l’amélioration de la qualité de vie de leurs clients (54%).

Il s’agit pour les entreprises de donner plus de sens à leur travail en s’engageant véritablement dans des actions qui comptent. D’ailleurs, seuls 41% des interviewés estiment essentielles les initiatives collectives mises en place en interne comme les clean up days ou les défis pour changer les comportements.

En outre, les actifs et les salariés français déclarent que si demain ils avaient le choix entre deux entreprises qui leur proposent un poste et un salaire équivalent, la mise en place de mesures permettant de lutter contre ces 11 problèmes environnementaux et sociaux entreraient en ligne de compte. Ce serait encore plus le cas si ces actions concernaient la détérioration des ressources naturelles (83%, dont 44% qui disent même que ce serait « tout à fait » le cas), les inégalités hommes-femmes (83%, dont 45% de « tout à fait ») ou encore les violences faites aux femmes (82% dont 40% de « tout à fait »).

Fiche technique : enquête Ipsos pour Doing Good Doing Well réalisée du 23 au 27 novembre 2018 auprès de 2144 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 16 ans et plus via le Access Panel Ipsos
* Liste des enjeux présentés de manière aléatoire aux répondants : La détérioration des ressources naturelles de la terre, les grands problèmes de santé et de survie liés à l’alimentation, les violences faites aux femmes, les inégalités femmes-hommes, les difficultés dans certains quartiers péri-urbains, l’isolement et la discrimination, la désertification de certains territoires urbains et ruraux, le problème de l’aide aux sans-abris, le problème de l’aide aux migrants, les difficultés rencontrées par les agriculteurs, les cyberattaques.

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  • Etienne Mercier Directeur Politique et Opinion - Public Affairs

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