Les Français renouent avec leur traditionnel pessimisme

What Worries the World, notre baromètre international Ipsos / Sopra Steria, mesure l'optimisme des citoyens à travers le monde et présente leurs préoccupations principales. La vague de septembre confirme que les Français renouent avec leur traditionnel pessimisme...

La montée du pessimisme chez les Français

La vague de septembre du baromètre What Worries the World confirme que les Français renouent avec leur traditionnel pessimisme : 24% nous disent que « les choses vont dans la bonne direction » en France, contre 76% qui sont d’un avis opposé. C’est le plus mauvais chiffre enregistré depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, et cela représente un recul de 16 points par rapport à janvier dernier où l’on atteignait les 40%. Si l’affaire Benalla, les démissions au sein de l’équipe gouvernementale ou encore les cafouillages récents (prélèvement à la source, par exemple) expliquent en partie le décrochage de la popularité d’Emmanuel Macron enregistré dans les sondages depuis l’été, la publication d’indicateurs économiques décevants (croissance, chômage, inflation) ont eu un rôle au moins aussi déterminant dans cette dynamique de montée du pessimisme : la même enquête montre notamment que seuls 24% des Français jugent désormais que « la situation économique actuelle de la France est bonne ». La promesse de résultats concrets pour pays mais aussi sur le plan personnel qui structurait l’attrait pour Emmanuel Macron s’éloigne aux yeux de l’opinion.

Le recul de l’optimisme concerne toutes les catégories sociales

Cependant, il est particulièrement fort au sein des catégories populaires : seuls 20% des Français disposant d’un niveau de revenu modeste estiment que « les choses vont dans la bonne direction » (-24 points par rapport à janvier), de même que 16% de ceux qui ont un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat (-21 points). Politiquement, le recul est net aussi bien à gauche (-14 points chez les sympathisants FI depuis janvier 2018 à 8%, -8 points chez les sympathisants PS à 30%) qu’au centre (-7 points chez les sympathisants LREM à 78%) ou à l’extrême-droite (-7 points chez les sympathisants FN à 10%), mais c’est parmi les proches des Républicains que la chute est la plus massive, et de loin : plus de la moitié d’entre eux (54%) se montraient optimistes en janvier dernier, contre moins d’un tiers aujourd’hui (29%), soit un recul de 25 points en quelques mois. 

Les Français rejoignent le bas du classement mondial dont ils étaient sortis au cours des derniers mois

Seuls les Sud-Africains (19%), les Espagnols (19%) et surtout les Brésiliens (12%) se montrent désormais plus pessimistes que les Français. Le pessimisme massif au Brésil explique en grande partie le score impressionnant du candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro au premier tour de l’élection présidentielle, alors que les Brésiliens se montraient plutôt optimistes jusqu’au début de l’année 2013. Parmi les autres pays où des évolutions intéressantes ont lieu, on compte l’Italie : celle qui était encore « l’homme malade de l’Europe » il y a encore quelques mois retrouve en partie l’optimisme depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition M5S / Ligue. 43% des Italiens jugent en effet que « les choses vont dans la bonne direction » dans leur pays, un chiffre certes minoritaire, mais sans commune mesure avec la moyenne inférieure à 20% qu’on enregistrait avant les élections de mars et la mise en place du nouveau gouvernement en juin. Reste à voir si cette dynamique ne durera qu’un temps, comme en France.

« La pauvreté et les inégalités sociales » reste pour le 3ème mois consécutif la première préoccupation des Français 

Avec 38% de citations, cet enjeu est particulièrement présent à l’esprit des sympathisants de gauche (63% chez les sympathisants FI, 49% au PS) et parmi les catégories populaires (40% chez ceux qui ont un revenu modeste contre 28% chez les revenus aisés). Un indice de plus qui va dans le sens d’un lien étroit entre la défiance croissante envers l’Exécutif et l’inquiétude économique et sociale de la population. Traditionnellement en tête des préoccupations des Français depuis plusieurs décennies, « le chômage » (34%) arrive en deuxième position, suivi par « les impôts et les taxes » (29%). Avec 27% de citations, « le terrorisme » arrive en 4ème place du classement, soit son niveau le plus bas enregistré depuis octobre 2015. A noter enfin que la focalisation sur les enjeux environnementaux suite à la démission de Nicolas Hulot conduit une légère hausse des préoccupations sur « les menaces sur l’environnement » (18%, +4) ou sur « le changement climatique » (17%, +2), mais ces éléments restent néanmoins assez secondaires aux yeux des Français face aux questions économiques et sociales. 

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