Les médecins spécialistes, satisfaits de leur ministre et moins de leurs syndicats

Le 10 janvier, quatre syndicats de médecins libéraux et les caisses d'assurance-maladie ont signé un accord qui revalorise la consultation des spécialistes et qui ouvre la voie à une nouvelle convention médicale. Cet accord ne recueille pourtant pas l'adhésion de la majorité des médecins spécialistes interrogés par Ipsos pour Le Quotidien du Médecin.

Les médecins spécialistes libéraux émettent vis-à-vis de l'accord du 10 janvier une opinion majoritairement défavorable : 49% se disent "plutôt" ou "tout à fait opposés" à cet accord, contre 35% qui y sont favorables. De surcroît, rares sont ceux qui y sont "tout à fait" favorables, alors qu'à l'extrême inverse, 29% se disent tout à fait opposés.

Dans le détail des mesures testées, certaines recueillent néanmoins une majorité d'adhésion : les accords de bon usage du soin (71% d'avis favorable) et l'application de plusieurs niveaux de rémunération (56%) contentent une majorité de spécialistes libéraux. Sans excès toutefois, puisque moins de 20% d'entre eux y sont "tout à fait favorables".
Les plus fortes réticences des praticiens s'expriment sur "la revalorisation à 23 euros des consultations spécialisées", jugée à l'évidence insuffisante par une majorité : 56% y sont opposés (44% de "tout à fait opposés"). Contestation aussi par rapport aux "expérimentations de contrat de pratiques professionnelles" (47% y sont opposés).

Si un tiers des spécialistes libéraux déclare ne jamais effectuer de dépassement d'honoraires, 48% l'appliquent, systématiquement (21%) ou parfois (27%).
L'optique d'une prochaine négociation par les syndicats "d'espaces de liberté tarifaire pour les médecins du secteur 1" trouve un accueil très favorable (54% tout à favorable, 31% plutôt favorable).

Bonne image de Jean-François Mattei

Si les médecins spécialistes libéraux sont réservés quant aux accords du 10 janvier, la perception globale des actions menées par le ministre de la santé Jean-François Mattei est à l'heure actuelle largement positive : 61% d'entre eux portent un jugement favorable sur son action, contre 23% qui en ont une opinion négative.
Pour une majorité des spécialistes interrogés, la politique actuelle va "dans un meilleur sens que celle de ses prédécesseurs" (58%), contre 39% qui ne voient "pas de différence".

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