Les PME touchées par la crise

La dernière vague du baromètre des petites et moyennes entreprises réalisé par Ipsos pour LCL et La Tribune montre que la crise financière a d’ores et déjà atteint le cœur du tissu productif français. L’incertitude politique et économique et le durcissement du crédit bancaire, déjà ressenti par la moitié des « petits patrons », plombe l’investissement, à un niveau historiquement bas, et pénalise l’emploi. L’indice synthétique d’état de santé des entreprises est retombé au niveau de juin 1993.

Auteur(s)

  • Yves Fradier Responsable du service des Grandes Enquêtes, Ipsos Observer
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Près du quart (24%) des patrons de PME-PMI interrogés mi-octobre nous déclarent que le nombre de salariés dans leur entreprise est actuellement en baisse (59% disent qu’il est stationnaire, 17% « en hausse »). Plus d’un patron sur trois notent parallèlement une baisse de l’achat d’équipement, et plus globalement des crédits d’investissements dont ils disposent. Nous sommes là à des niveaux historiquement bas, qui nous renvoient à la récession de 1993.
Le pessimisme patronal est entretenu par une perception particulièrement négative de l’environnement économique international (73%) et français (80%), que les efforts du gouvernement, jugés « peu efficaces » par 71% des répondants, ne parviennent pas à atténuer. Un patron sur deux n’est pas rassuré par « les 22 milliards d’euros prévus par l’Etat pour financer les PME » (contre 41% d’avis contraire). Par ailleurs la même proportion ressent d’ores et déjà « un durcissement du crédit bancaire » (41% d’avis contraire).

Si les patrons ont le moral en berne, c’est aussi qu’ils constatent pour un tiers d’entre eux une baisse de la demande, émanant de la grande consommation (36%), interne aux PME (38%), des grandes entreprises (31%) ou à l’export (20%). Pour ces quatre postes, moins de 10% voient plutôt la demande progresser, les autres estiment qu’elle stagne. Dès lors, le niveau de l’activité commerciale ne satisfait plus que 46% des petits patrons, contre 47% d’insatisfaits. La hiérarchie des principaux freins au développement des PME s’en voit modifiée. Si le poids des charges sociales conserve son éternelle première place avec 37% de citations, plus d’un patron sur cinq (22%) pointe désormais « l’incertitude politique et économique », devant « le niveau de la demande » (19%) et « le climat social » (11%). Le coût des matières premières, à la deuxième place tout au long du 1er semestre 2008, n’est plus cité que par 6% de l’échantillon.

Auteur(s)

  • Yves Fradier Responsable du service des Grandes Enquêtes, Ipsos Observer

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