L’optimisme des Français progresse encore en ce début d’année

Depuis quelques années, tout fait peur en France : mondialisation, avenir, présent, absence de sens. Notre pessimisme systématique et notre immobilisme amusent même la presse internationale. Or, l'année commence avec une divine surprise : après avoir décrit la France comme une bombe à retardement au cœur de l'Europe et un pays en total déni, voilà que The Economist élit la France « pays de l'année 2017 » ! L’élection d'Emmanuel Macron n’est pas pour rien dans ce changement de regard… Pour autant, est-ce le signe que les Français arrêtent de se plaindre et commencent à regarder avec plus de confiance vers l'avenir ?

Ipsos / Sopra Steria se sont penchés sur les préoccupations des citoyens du monde via notre baromètre What Worries de World, conduit par Ipsos Global @dvisor dans 27 pays.

L’optimisme des Français progresse encore en ce début d’année

Ils sont désormais 40% à juger que « les choses vont dans la bonne direction en France », soit 5 points de plus par rapport à novembre dernier, et au total 11 points de progression depuis septembre 2017. Le repli de l’été dernier est totalement effacé puisqu’on retrouve le niveau enregistré juste après l’élection d’Emmanuel Macron en juin 2017, soit le niveau d’optimisme le plus élevé depuis le lancement du baromètre What Worries the World en mars 2010.

Si cet optimisme retrouvé d’une partie des Français est sans conteste lié à l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, il s’ancre dans un contexte mondial favorable : dans l’ensemble des 27 pays où l’enquête est réalisée tous les mois, 43% des citoyens jugent que « les choses vont dans la bonne direction ». Ce chiffre est certes minoritaire, puisque 57% sont d’un avis inverse, mais c’est néanmoins là encore le niveau le plus élevé depuis le lancement du baromètre What Worries the World, en progression lente mais régulière depuis le printemps 2016.

La France se situe désormais au 17e rang sur les 27 pays où l’enquête a été menée. Pour la première fois, les Allemands sont légèrement moins optimistes que les Français (36%), les difficultés politiques que traverse actuellement Angela Merkel ayant sans doute des conséquences sur l’opinion publique outre-Rhin. Les Britanniques (35%) et les Espagnols (26%) se situent aussi à des niveaux inférieurs aux Français. Tous restent néanmoins plus optimistes que les Italiens : seuls 18% estiment que « les choses vont dans la bonne direction » dans leur pays, un chiffre qui permettra de mieux comprendre la probable percée des partis populistes lors des élections législatives du 4 mars. Les jugements sur la situation du pays sont aussi très différents dans les pays en développement : autant en Asie, les Chinois (92%) ou les Indiens (72%) se montrent massivement optimistes, autant en Amérique latine, les Mexicains (18%) et les Brésiliens (17%) semblent démoralisés.

Le chômage reste en tête des préoccupations des Français

Cité par 40% des personnes interrogées, le chômage reste la préoccupation numéro un pour les Français. Un chiffre qui est toutefois le plus bas jamais enregistré dans le baromètre, bien loin des niveaux relevés jusqu’à la fin 2015, quand 60% et même parfois 70% des Français mentionnaient le chômage comme une de leurs craintes majeures. L’élection d’Emmanuel Macron a donc amplifié une tendance au recul des préoccupations sur le chômage qui était déjà perceptible dans les années précédentes. Seuls les sympathisants LREM citent désormais ce sujet comme leur crainte principale (48%), alors qu’elle est reléguée en deuxième position parmi les sympathisants PS (46%) et LR (42%), chez lesquels « le chômage » arrivait systématiquement en tête au cours des derniers mois.

Non loin derrière le chômage, « le terrorisme » (38%, dont 46% au FN et 45% chez LR) ainsi que « la pauvreté et les inégalités » (35%, dont 48% au PS et 55% à la FI) restent des préoccupations majeures de l’opinion. Enfin, « les impôts et les taxes » (30%, +3 points) inquiètent une partie non-négligeable des Français, en hausse régulière depuis quelques mois dans un contexte où les annonces fiscales du Gouvernement se multiplient. 

Trois tendances se dégagent :

  • Le sentiment d’un léger mieux ou d’améliorations possibles sur le front de l’emploi et de la relance de l’ascenseur social
  • L’impression que l’insécurité progresse globalement
  • La crainte de voir le poids de la fiscalité encore s’alourdir, notamment sur les carburants (on rappellera que la Frange est l’un des pays les plus taxés du monde)

Autrement dit, y aura-t-il ou pas plus de pouvoir d’achat et de trésorerie disponible pour les foyers ? Voilà le seul indicateur visible pour les Français, celui qui décidera ou pas du retour des résultats suite aux décisions initiées depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

Fiche technique : 
Enquête Ipsos / Sopra Steria réalisée dans 27 pays grâce au panel en ligne d'Ipsos Global @dvisor. Les pays inclus sont l'Argentine, l'Australie, la Belgique, le Brésil, le Canada, la Chine, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Hongrie, l'Inde, Israël, l'Italie, le Japon, le Mexique, Malaisie, le Pérou, la Pologne, la Russie, l'Arabie Saoudite, la Serbie, l'Afrique du sud, la Corée du sud, l'Espagne, la Suède, la Turquie et les États-Unis.  Un échantillon de 20 202 personnes âgées de 18 à 64 ans au Canada, en Israël et aux États-Unis, et de 18 à 65 ans dans les autre pays a été interviewé entre le 22 décembre 2017 et le 5 Janvier 2018. 1 000 personnes ont été interrogées dans chaque pays grâce au panel en ligne d'Ipsos, à l'exception de l'Argentine, de la Belgique, de la Hongrie, de l'Inde, d'Israël, du Mexique, du Pérou, de la Pologne, de la Russie, de l'Arabie Saoudite, de la Corée du sud, de la Suède et de la Turquie, où l'échantillon comptait environ 500 personnes.

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