Montreuil : Jean-Pierre Brard et Patrice Bessac sont les mieux placés

Dirigée par le PCF de 1935 à 2008, Montreuil est une ville acquise à la gauche. Sans véritable espace électoral, la droite représentée par une liste d'union UMP-Modem-UDI ne recueille que 14% d'intentions de vote, selon l'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Paris Ile-de-France à deux semaines du scrutin. Très fragmentée (pas moins de sept listes sont en concurrence), la gauche se partage les 86% des suffrages restants.

Deux forces émergent dans cette compétition à gauche : la liste divers-gauche conduite par l'ancien maire (de 1984 à 2008) Jean-Pierre Brard, qui recueille 27% d'intentions de vote, et la liste Front de Gauche conduite par Patrice Bessac, à 22%.

En retrait à 12% d'intentions de vote, la liste EELV d'Ibrahim Dufriche ne semble pas en mesure de contester la deuxième place au Front de Gauche, décisive dans le jeu d'alliances qui se nouera dans l'entre-deux tours. Les écologistes se retrouvent ainsi mal placés pour conserver la seule ville de plus de 100 000 habitants qu'ils dirigeaient jusqu'alors. Le bilan de Dominique Voynet, la maire sortante qui a préféré ne pas se représenter, est d'ailleurs fortement contesté : 58% des Montreuillois se déclarent mécontents de son travail (dont 22% de "très mécontents"), un taux rarement mesuré ailleurs. En moyenne sur les villes de plus de 25 000 habitants, 71% des électeurs se déclarent satisfaits du travail accompli par le maire sortant, contre 25% de mécontents.

A 11% d'intentions de vote, la liste PS-PRG-MRC conduite par Razzy Hammadi est également très loin du niveau atteint par le député socialiste au premier tour des élections législatives de 2012 à Montreuil (35,32% des voix). La liste divers gauche conduite par la socialiste dissidente Mouna Viprey, créditée de 10% des voix, lui fait sans doute du tort. Une liste NPA et une liste LO complètent l'offre électorale, chacune à 2% d'intentions de vote.

Entre les fusions et les rapprochements de listes, les stratégies de retrait ou de maintien, la configuration du second tour est à ce jour difficilement appréhendable. L'enquête ne propose donc pas d'intentions de vote pour le second tour. Au vu du rapport de force issu du premier tour, le fauteuil de maire devrait toutefois se jouer entre Jean-Pierre Brard et Patrice Bessac.

Invités enfin à désigner les deux enjeux qui compteront le plus au moment de choisir pour qui voter, au-delà de l'étiquette et de la personnalité de la tête de liste, les électeurs dressent à Montreuil un inventaire très éclaté, qui fait écho à la mauvaise perception du bilan de la majorité sortante : "le niveau des impôts locaux" arrive en tête (32% de citations), devant "les écoles et la petite enfance" (27%), "l'environnement et le cadre de vie" (27%), "la sécurité" (25%), "le logement" (23%), "la politique sociale" (21%), "l'emploi" (18%), "les transports en commun" (12%), "la circulation et le stationnement" (8%).

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