Sondage Municipales 2026 | Comprendre le vote
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Municipales 2026 : comprendre le vote au second tour

Comme au premier tour, les enjeux locaux ont primé ce dimanche sur les débats nationaux. L'enquête Ipsos-CESI École d'ingénieurs réalisée pour France TV, Radio France, Public Sénat et LCP-Assemblée nationale nous donne les clés pour décrypter le vote des Français, tout en mettant le cap sur la Présidentielle 2027.

Les enjeux locaux, comme principaux déterminants du vote et de l'abstention

Avec 94% des communes qui ont élu leur maire dès le premier tour, le taux de participation agrégé sur les communes restantes est moins significatif qu'au premier tour. Il s'est élevé à 57%, selon notre estimation de 17h10, soit 1,3 points de plus que ce qui a été enregistré sur les mêmes villes au premier tour (55,7%). Globalement, les Municipales 2026 s'inscrivent dans la tendance continue, depuis le milieu des années 1980, d'une baisse de participation qui touche tous les scrutins sauf la présidentielle. Les 20 points d'écart entre la participation au premier tour des municipales 1983 (78,4%) et les 57,2% enregistrés dimanche dernier montrent le changement d'époque.

Les raisons de ce désengagement n'ont pourtant rien d'original et renvoient aux circonstances, plus qu'à une rupture qui serait désormais actée entre une grande partie des Français et la politique. Les abstentionnistes du 2d tour évoquent ainsi le fait "qu'aucune liste ou candidat ne leur plaisait" (29% de citations, 39% dans les villes de plus de 100 000 habitants), "que ces élections ne changeront rien à leur vie quotidienne" (27%), ou "que leur vote n'aurait rien changé, les résultats étant connus d'avance" (25%). Dans le même état d'esprit, 14% étaient d'avis que de toutes façons, "les maires et les conseillers municipaux n'ont pas beaucoup de capacité d'action pour améliorer la situation dans leur commune". 

Une proportion un peu plus importante qu'au premier tour souhaitait également par son abstention manifester un mécontentement à l'égard "des hommes politiques en général" (19%, +3) ou "du Gouvernement et d'Emmanuel Macron" (16%, +2). En revanche, la proportion de personnes qui assument un désintérêt de fond pour la politique reste assez marginale : 14% ne sont pas allés voter "parce qu'ils ne s'intéressent pas à la politique de manière générale", 7% citent encore dans leur top 3 le fait "de ne jamais voter ou presque".

Au-delà des abstentionnistes, près de 60% des Français appelés aux urnes se sont tout de même déplacés, et la hiérarchie des déterminants du vote tranche avec les débats de l'entre-deux-tours. Même si on en a beaucoup parlé, "les alliances entre les différents partis au sein des listes" (39% de citations) et "la perspective de l'élection présidentielle de 2027" (31%) ont été ainsi les deux éléments qui ont le moins influencé le choix des électeurs. Loin des problématiques nationales, ces derniers ont voté dans presque 90% des cas en fonction "des enjeux locaux et des problèmes qui se posaient dans leur commune". La plupart se sont aussi déterminés par rapport "à la connaissance de la commune et de ses enjeux par les candidats" (81%), "au programme des différentes listes" (74%), ou "au bilan du maire et de son équipe municipale" (74%). Six sur dix ont encore choisi leur candidat en fonction de "sa personnalité" (58%), un sur deux par rapport à "son expérience" (50%). On n'a là que des enjeux locaux. Le premier déterminant national, "le parti politique qui soutient les listes", n'arrive qu'en 7e position à 50% de citations (61% dans les villes de plus de 100 000 habitants).

Les fusions LFI / PS-Les Écologistes admises "au cas par cas"

Globalement, deux Français sur trois sont satisfaits des résultats du premier tour (68%), pour un tiers de mécontents (32%). Ce ratio masque des différences assez nettes selon la taille de la commune, avec 75% de satisfaction dans les communes de moins de 1 000 habitants, mais seulement 52% dans celles de plus de 100 000 habitants. Les différences sont moins marquées par rapport à la proximité partisane, avec 63% de satisfaction chez les sympathisants de gauche, 67% chez les proches du RN, 69% chez les sympathisants LR, 79% chez les proches du bloc central.

Si les alliances entre listes ont donc rarement pesé sur le choix final des électeurs, le rapprochement entre La France insoumise et le Parti socialiste/Les Écologistes suscite de réelles réserves. Une majorité de Français (59%) désapprouve ces fusions "quelle que soit la situation", pour 28% qui les valident "au cas par cas" et seulement 13 % qui les soutiennent systématiquement. L'adhésion systématique est minoritaire sur l'ensemble des sympathisants de gauche (36%), et n'est partagée que par un sympathisant socialiste sur cinq (21%). Elle est en revanche légèrement majoritaire du côté insoumis (53%).

On s'accorde en revanche beaucoup plus souvent sur les fusions "au cas par cas". Le principe est alors validé par la quasi-totalité des sympathisants insoumis (93%) et écologistes (81%), ainsi que par les deux tiers des proches du PS (67 %). Ces derniers restent néanmoins les plus réticents à gauche, avec un sur trois qui s'y oppose catégoriquement, peu importent les circonstances locales. Sans surprise, le rejet des fusions entre LFI et les autres partis de gauche est massif chez les sympathisants du bloc central (70 %), du RN (80 %) ou de LR (87 %).

Le souhait de victoire des partis politiques

On a également demandé aux Français ce qu'aurait pu donner la gestion de leur commune en fonction du parti qui aurait pu gagner. Les résultats semblent donner raison à l'écrasante majorité des listes qui se sont présentées "sans étiquette". LFI a plus mauvaise presse, 71% des Français pensent que cela aurait été "une mauvaise chose" si ce parti l'avait emporté dans sa commune. Mais on enregistre également une majorité absolue de mauvaises opinions pour tous les autres : 59% pour Renaissance, 57% pour Horizons, 53% pour le Parti Socialiste, 52% pour Les Écologistes et le Rassemblement national.

Sans surprise, le détail des avis selon la proximité partisane révèle des jugements tranchés, avec un soutien massif pour chaque parti dans son camp et une majorité de jugements négatifs dans les camps adverses. Le cas LFI est particulier, avec la moitié des sympathisants Écologistes (48%) et près des deux tiers des sympathisants socialistes (63%) qui pensent que ce serait "une mauvaise chose" que les insoumis dirigent leur ville. La question fait aussi apparaître une certaine proximité de l'électorat LR avec le Rassemblement National : 46% des sympathisants de droite verraient d'un bon œil le RN au pouvoir dans sa commune, pour 42% d'avis contraires. L'hostilité envers LFI, y compris chez ses alliés potentiels, contraste avec une porosité croissante entre la droite et le RN.

Cap sur l’élection présidentielle

Les maires ne sont pas encore tous installés que les regards se tournent déjà vers l'élection présidentielle de l'année prochaine. Les partis parviendront-ils à surmonter les différends affichés pendant les municipales ? Les Français restent dubitatifs.

Pour la gauche, la majorité des sympathisants LFI (55%) et Écologistes (62%) pensent qu'il faudrait "un seul candidat à la Présidentielle, quel qu'il soit, pour augmenter les chances qu'il figure au second tour". La moitié des sympathisants socialistes est aussi de cet avis, mais l'autre moitié, comme 44% des sympathisants LFI, pense plutôt "qu'il faut plusieurs candidats, pour que les électeurs aient le choix et puissent voter pour celui dont ils se sentent le plus proches". Quoi qu'il en soit, le pessimisme domine : 75 % des Français (et 63 % des électeurs de gauche) ne croient pas à la possibilité d'un accord sur un candidat.

La situation semble plus envisageable pour la droite et le centre, avec une majorité de sympathisants favorables à une candidature unique à la fois du côté LR (54%), Horizons (55%) et Renaissance (58%), et quatre sur dix qui pensent que c'est possible.

En majorité, les Français doutent de la capacité des partis à clarifier l'offre électorale, mais ils sont eux-mêmes très partagés sur les personnalités qu'ils souhaitent voir se présenter. En tête de liste, plus d'un Français sur trois serait "satisfait" de voir candidater Jordan Bardella (39%) ou Marine Le Pen (36%). Édouard Philippe est en troisième position (30%), légèrement devant Gérald Darmanin (27%) et Gabriel Attal (26%). Un Français sur quatre serait aussi satisfait que Marion Maréchal (25%) et Bruno Retailleau (25%) soient candidats. La première personnalité de gauche, en l'occurrence Raphaël Glucksmann, est en 8e position (21%).

Le détail des préférences selon les familles politiques précise l'ampleur de la tâche. Les sympathisants LFI souhaitent à 80% que Jean-Luc Mélenchon soit candidat, mais 70% des Écologistes et 80% des sympathisants PS en seraient mécontents : il fait presque figure de repoussoir. Les Écologistes lui préfèrent Marine Tondelier (52%), voire François Ruffin (44%) ou Raphaël Glucksmann (41%). Les proches du PS penchent également pour Raphaël Glucksmann (66%), mais un sur deux se rangerait également derrière la candidature de François Hollande (54%), voire d'Olivier Faure (49%).

Au centre-droit, l'horizon semble plus dégagé pour Édouard Philippe. Plébiscité dans son camp (96% seraient satisfaits de sa candidature), il fait presque jeu égal avec Gabriel Attal chez les sympathisants Renaissance (80% vs 83% de satisfaction), et recueille une majorité de soutien côté LR (50%). Il est tout de même assez nettement devancé dans cet électorat par Bruno Retailleau (77%) et Gérald Darmanin (64%).

La hiérarchie établie sur ces souhaits de candidature est similaire à celle mesurée dans un second temps sur les souhaits de victoire. Près de 40% des Français seraient satisfaits que Jordan Bardella (38%) ou Marine Le Pen (36%) soit "élu lors de l'élection présidentielle". Outre un plein soutien de leur camp, ces deux personnalités séduisent désormais la moitié de l'électorat LR. Par ailleurs, les taux relativement faibles de personnes qui seraient mécontentes d'une victoire de Jordan Bardella (52%) ou de Marine Le Pen (53%) confirment la banalisation du RN. À titre de comparaison, 78% des personnes interrogées seraient "mécontentes" que Jean-Luc Mélenchon soit élu, 72% seraient mécontents d'une victoire d'Éric Zemmour, et même 66% seraient mécontents d'une réélection de François Hollande. Derrière Jordan Bardella et Marine Le Pen, seuls Édouard Philippe (28 %), Marion Maréchal (25 %) et Gérald Darmanin (25 %) parviennent à convaincre au moins un Français sur quatre.

Rapport complet

Présidentielle 2022 - séparateur

À propos de cette enquête

Enquête Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour France télévision, Radio France, LCP assemblée nationale et Public Sénat, menée du 19 au 20 mars 2026 auprès de 2 000 personnes inscrites sur les listes électorales, constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthodologie complète dans le rapport d'étude.

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Municipales 2026

Auteur(s)

  • Brice Teinturier
    Brice Teinturier
    Directeur Général Délégué, Ipsos bva (@BriceTeinturier)

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