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Municipales 2026 : profil des abstentionnistes

Plus de quatre électeurs sur dix ne se sont pas rendus aux urnes pour voter ce dimanche. Si l'on met de côté l'exception de l'édition 2020 qui s'est déroulée en pleine crise sanitaire de la Covid-19, on n'avait jamais enregistré un tel niveau d'abstention pour un premier tour d'élections municipales. Le record de 36,4% enregistré en 2014 est largement battu. L'enquête Ipsos bva CESI Ecole d'ingénieurs réalisée pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN détaille le profil de ces abstentionnistes.

En premier lieu, ce sont les jeunes qui n'ont pas voté ce dimanche. De toutes les variables sociodémographiques testées, la catégorie d'âge aura été la plus discriminante. L'abstention a été majoritaire chez les moins de 25 ans (56%) et a culminé à 60% dans la tranche supérieure, 25-34 ans. Elle a encore concerné près de la moitié des électeurs entre 35 et 59 ans (47%), mais tombe à 30% au-delà de 60 ans (et même à 20% chez les plus de 75 ans).

On constate également de gros écarts de participation en fonction du revenu. Si l'on se réfère au revenu mensuel net du foyer, le taux d'abstention a dépassé les 60% dans la tranche la plus basse (moins de 1250€), a concerné encore la moitié des électeurs de la catégorie 1250€-2000€ (51%), et s'établit à 40% au-delà, ce qui reste très important. Par rapport au milieu social auto-déclaré, l'abstention a été majoritaire au sein des catégories populaires (51%) et défavorisées (52%), pour environ 40% dans les classes moyennes (42%) et supérieures (38%).

Les écarts sont significatifs mais tout de même moins nets sur les autres critères. On a dépassé les 50% sur l'ensemble des salariés (51%) et chez les chômeurs (55%). C'est aussi le cas sur l'ensemble des actifs, avec des niveaux assez similaires entre les cadres (48%), les professions intermédiaires (49%), les employés (50%) ou les ouvriers (55%). En comparaison, les trois quarts des retraités sont allés voter (73%). Peu de différence non plus par rapport au niveau d'études, c'est assez rare pour être souligné : on mesure 45% d'abstention chez les non-bacheliers, 46% chez ceux qui se sont arrêtés au baccalauréat, 43% chez les bac+2 et les plus hauts diplômes.

Politiquement, et cela renvoie à la structure des électorats, le différentiel de participation a plutôt favorisé la droite et le centre. Les deux tiers des sympathisants LR et 70% des proches du bloc central (Renaissance, Horizons, MoDem) se sont rendus aux urnes, pour 58% des proches du RN et 57% des sympathisants de gauche. Chez ces derniers, ce sont les sympathisants écologistes qui se sont le plus abstenus (48%).

Les électeurs ont donc été nombreux à bouder les urnes, et on ressent leur lassitude dans les raisons évoquées. "Parce que ces élections ne changeront rien à ma vie quotidienne" pour 31% des abstentionnistes, dont principalement les plus jeunes (35%) et les plus âgés (39%), ou "parce que les maires et les conseillers municipaux n'ont pas beaucoup de capacité d'action pour améliorer la situation dans la commune" (15%). "Parce que dans ma commune les résultats sont connus d'avance", pour 31% des abstentionnistes et jusqu'à 50% dans les communes de moins de 1000 habitants. "Parce qu'aucune liste ou candidat ne me plaît" (29%). Un abstentionniste sur six témoigne encore plus directement "de son désintérêt par rapport à la politique de manière générale" (17%), "de son mécontentement à l'égard des hommes politiques" (16%), ou de son "mécontentement à l'égard du gouvernement et d'Emmanuel Macron" (15%). Le "manque d'information" est aussi évoqué par 15% des abstentionnistes. Enfin 6% ne votent "jamais ou presque".

Rapport complet

Présidentielle 2022 - séparateur

À propos de cette enquête

Enquête Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs menée du 12 au 14 mars 2026 auprès de 2 000 personnes inscrites sur les listes électorales, constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

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