Sur-confiance au volant et banalisation des comportements dangereux : un frein à la baisse de l’accidentalité
Les enseignements clés de l'étude
▶︎ Des comportements à risque persistants qui confirment une sous-estimation des dangers : 88 % des conducteurs français déclarent dépasser de quelques kilomètres/heures la limitation de vitesse indiquée ; 35% déclarent qu’il leur arrive de prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués.
▶︎ L’ultra-connectivité impacte l’attention des automobilistes au mépris de la sécurité : 62% téléphonent au volant et 36 % utilisent des applications pour signaler un événement aux autres.
▶︎ L’autosatisfaction des conducteurs - « Le problème c’est les autres » : 71 % décrivent négativement le comportement des autres conducteurs alors qu’ils sont 98 % à juger positivement leur conduite.
▶︎ Les jeunes conducteurs de 16 à 24 ans largement sur-représentés dans les comportements à risque : 49 % envoient et/ou lisent des SMS (vs. 29 % des conducteurs en général) ou des mails et 6 % d’entre eux conduisent en ayant consommé des drogues — cocaïne, ecstasy, etc. — (vs. 2 % des conducteurs en général). Des chiffres à mettre en parallèle avec la mortalité importante des 18-24 ans sur la route (16 % ).
Incivilités au volant : la crainte des autres conducteurs toujours très élevée malgré une légère amélioration des comportements
- 87 % des conducteurs français déclarent avoir peur du comportement agressif des autres conducteurs (= ; 82 %) ;
- 62 % admettent injurier d’autres conducteurs (-1 ; 49 %) ;
- 51 % klaxonnent de façon intempestive les conducteurs qui les énervent (-3 ; 45 %) ;
- 29 % « collent » délibérément le véhicule d’un conducteur qui les énerve (-1 ; 28 %) ;
- 13 % descendent de leur véhicule pour s’expliquer avec un autre conducteur (= ; 17 %).
Respect du code de la route : un accommodement avec les règles, incompatible avec la sécurité de tous
- 88 % déclarent dépasser de quelques kilomètres/heures la limitation de vitesse indiquée (-2 ; 83 %) ;
- 66 % ne respectent pas les distances de sécurité (- 2 ; 55 %) ;
- 45 % roulent sur la voie du milieu de l’autoroute alors que la voie de droite est libre (+2 ; 50 %) ;
- 26 % doublent à droite sur l’autoroute (-1 ; 33 %) ;
- 8 % n’attachent pas toujours leur ceinture de sécurité (-1 ; 17 %).
Distracteurs au volant : une augmentation préoccupante des usages qui altère l’attention des conducteurs
- 77 % des conducteurs français utilisent leur smartphone ou programment leur GPS au volant (+2 ; 77 %) ;
- 62 % téléphonent au volant (+1 ; 65 %). Plus d’1 conducteur sur 2 (58 %) le fait via un système de conversation Bluetooth avec haut-parleur intégré (+3 ; 58 %) et 16 % le font avec le téléphone tenu en main (-1 ; 21 %) ;
- 29 % envoient ou lisent des SMS ou des mails en conduisant (= ; 24 %) ;
- 81 % déclarent qu’il leur arrive de détourner le regard de la route plus de 2 secondes lorsqu’ils sont au volant (-3 ; 78 %).
Somnolence et fatigue au volant : des prises de risque aux conséquences trop sous-estimées
- 35 % des conducteurs français déclarent prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués
(-4 ; 30 %).
Parmi eux :
- 83 % reconnaissent qu’il leur arrive d’être moins attentifs à leur conduite et que leur esprit vagabonde vs. 65 % des conducteurs en général (77 % vs. 53 %)
- 44 % ont déjà eu l’impression de s’assoupir au volant vs. 28 % des conducteurs en général (39 % vs. 24 %) ;
- 35 % ne s’arrêtent jamais au cours du trajet pour faire une sieste vs. 37 % des conducteurs en général (38 % vs. 36%) ;
- 23 % considèrent qu’il est vraiment très dangereux de prendre le volant en se sentant très fatigué vs. 41 % des conducteurs en général (25 % vs. 49 %).
Alcool, drogues et médicaments : une situation particulièrement préoccupante chez les jeunes conducteurs
- 7 % des conducteurs (5 %) ont déjà pris le volant en état d’ébriété, c’est-à-dire en étant au-dessus de la limite du taux d’alcool autorisé et en ressentant les effets de l’alcool sur leur état physique ou leur perception. Parmi eux, seulement 52 % considèrent qu’il est vraiment très dangereux de conduire en état d’ébriété vs. 85 % des conducteurs en général (44 % vs. 84%) ;
- 8 % ont déjà conduit en ayant consommé des médicaments qui sont susceptibles d’altérer leur vigilance (-4 ; 7 %) ;
- 6 % des 16 à 24 ans (+1 ; 4 %) conduisent après avoir consommé des drogues — cocaïne, ecstasy, etc. — vs. 2 % des conducteurs en général (2 %).
Sécurité des intervenants : la règle du corridor de sécurité plus connue et plus respectée mais le risque demeure du fait de son application trop aléatoire
- 85 % (+ 12 vs. 2020) des conducteurs déclarent connaître la règle du corridor de sécurité. Pourtant, ils sont encore 59 % (-14 vs. 2020) à ne pas l’appliquer systématiquement ;
- 52 % oublient de ralentir à proximité d’une zone de travaux (+2 ; 53 %).
Rapport complet
À propos de la Fondation VINCI Autoroutes
Créée en février 2011, la Fondation VINCI Autoroutes est à la fois un laboratoire, un observatoire et un outil d’information dédié à l’évolution des comportements. Investie depuis l’origine dans la promotion de la responsabilité individuelle et collective sur la route, elle a progressivement élargi son territoire d’action à l’éducation, au respect de l’environnement et à l’ouverture aux autres par la lecture. Autant de traductions, pour tout un chacun, de l’aspiration à bien (se) conduire sur la route.
Depuis 2022, la Fondation soutien également des projets de préservation et de restauration du patrimoine naturel dans les territoires.
À propos de ce sondage
Pour réaliser cette enquête, Ipsos bva a interrogé du 11 février au 17 mars 2026, par Internet, 12 100 personnes âgées de 16 ans et plus, dont 3 600 Français et 700 personnes minimum dans chacun des 10 autres pays sondés (Allemagne, Belgique, Espagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Pologne, République Tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie). En France, pour répondre aux objectifs de l’étude, 300 personnes ont été interrogées dans chacune des 12 régions administratives, chaque échantillon étant représentatif de la population de la région âgée de 16 ans et plus. La représentativité de chaque échantillon est assurée par la méthode des quotas.