Observatoire des métiers de l'air et de l'espace : un secteur marqué par l'optimisme

A quelques jours de l’ouverture du 53ème Salon du Bourget, Ipsos et l'IPSA dévoilent les résultats de la deuxième édition de l’Observatoire des métiers de l’air et de l’espace. Comme en 2017, peut-être même de façon encore plus marquée, les dirigeants d’entreprise se montrent très optimistes quant à l’avenir du secteur et aux perspectives de recrutement pour l’année à venir.

Les attentes des chefs d’entreprise du secteur aéronautique et spatial à l’égard des jeunes ingénieurs restent centrées autour de leurs capacités (d’adaptation, d’intégration à une équipe, d’apprentissage) plutôt que leurs connaissances.

Deux ans après notre première enquête, l’écart se creuse entre le trio des qualités les plus importantes aux yeux des dirigeants du secteur et celles qu’ils jugent secondaires. L’esprit d’initiative et les capacités d’adaptation (cités par 75% des répondants, en baisse de 12 points) et la capacité à s’intégrer à une équipe (71%, +4 pts), déjà en tête de classement en 2017, sont rejoints par la capacité à apprendre et progresser dans l’entreprise (60%, +7 pts). A l’inverse, le fait que les diplômés aient un bon niveau académique (culture générale et compétences techniques) (39%, -3 pts), un esprit d’ouverture à l’international (17%, -9 pts) ou une bonne connaissance du monde de l’entreprise (15%, +3 pts) sont des éléments qui ont une importance moindre.

La satisfaction des chefs d’entreprise vis-à-vis du profil des jeunes diplômés embauchés dans leur entreprise baisse très légèrement mais reste très élevée.

Comme c’était déjà le cas en 2017, 9 dirigeants sur 10 estiment que les jeunes diplômés d’écoles d’ingénieurs recrutés par leur entreprise ont une bonne capacité à apprendre et progresser dans l’entreprise (91%, -1 pt) – notons toutefois une baisse du nombre de diplômés correspondant « très bien » à cette attente (21% contre 29% en 2017). La capacité des diplômés recrutés à s’intégrer à une équipe continue elle aussi de donner entière satisfaction (89%, -2 pts), tout comme leur niveau académique (culture générale et compétences techniques) (84%, +1 pt). En ce qui concerne l’esprit d’initiative et les capacités d’adaptation des diplômés, qualité la plus importante aux yeux des sondés, leur satisfaction à cet égard progresse (84%, +8 pts), même s’ils sont moins nombreux cette année à juger que les diplômés répondent « très bien » à leurs attentes en la matière (14%, -8 pts). On observe la même tendance pour l’esprit d’ouverture à l’international (19% de réponses « très bien », en baisse de 6 pts) pour lequel la satisfaction globale décroît légèrement (68%, -3 pts).

Quant à la satisfaction concernant la bonne connaissance du monde de l’entreprise par les jeunes diplômés, elle recule également (48%, -6 pts).

L’optimisme des dirigeants pour l’avenir du secteur est encore plus marqué qu’en 2017

Les chefs d’entreprise du secteur aéronautique et de l’espace estiment très majoritairement que leur secteur se porte « bien » (98%, +4 pts). 46% d’entre eux, soit plus du double qu’il y a deux ans, jugent même qu’il va « très bien » (+26 pts) – un résultat particulièrement encourageant et signe d’une reprise économique forte.

Les dirigeants du secteur sont également plus nombreux encore qu’en 2017 à pronostiquer une croissance de leur entreprise pour les douze mois à venir (72%, +5 pts). Seuls 5% d’entre eux redoutent que leur entreprise subisse une baisse d’activité (-9 pts), modérée dans tous les cas. 

Cette vitalité confortée du secteur de l’aéronautique et de l’espace se répercute sur les perspectives de recrutement des entreprises : 84% des dirigeants interrogés sont optimistes à ce sujet (+10 pts), 18% étant « très optimistes » (+4 pts) – un score conséquent.

Les besoins de recrutement dans le secteur de l’aéronautique et de l’espace sont principalement portés par les diplômes qui étaient déjà les plus recherchés en 2017 : selon 90% des enquêtés, ces besoins sont « importants » en ce qui concerne les opérateurs et mécaniciens (+10 pts), voire même « très importants » pour 41% d’entre eux (+20 pts). 90% jugent aussi « importants » les besoins de recrutement de techniciens supérieurs (+6 pts), dont 27% de « très importants » (+9 pts). Les besoins en ingénieurs et en bachelors technologiques se maintiennent quant à eux à un niveau similaire à ce que l’on mesurait en 2017 (respectivement 89%, stable et 64%, +1 pt).

Pour ce qui est plus précisément des métiers où les besoins de recrutement semblent être les plus importants, celui d’ingénieur méthodes/industrialisation process ressort nettement en tête (42%) devant ingénieur en bureau d’étude (aéronautique ou spatial) (25%), ingénieur en cybersécurité aéronautique (25%), ingénieur en intelligence artificielle aéronautique (25%), ingénieur de production (24%) ou bien encore ingénieur qualité (24%).

Les besoins de recrutement d’ingénieurs dans le secteur de l’aéronautique et de l’espace augmentent particulièrement dans le domaine de la maintenance/ réparation/ après-vente

Dans les années à venir, la « recherche et développement » reste le domaine où les besoins de recrutement seront les plus importants (36%, -8 pts). Notons néanmoins que ces besoins augmentent nettement, par rapport à 2017, dans le domaine de la maintenance/réparation/après-vente (32%, +7 pts). Les domaines des bureaux d’études (25%; -4 pts), de la production (24%; -9 pts) et des systèmes embarqués (21%; +1 pt) sont, dans une moindre mesure, également cités.

Enfin, parmi les évolutions technologiques qui transforment actuellement les métiers du secteur, la plus créatrice d’emploi dans les années à venir est l’intelligence artificielle, mentionnée par 35% des dirigeants interrogés. Le big data (30%), l’avion électrique (29%), les drones (28%) et la cybersécurité (28%) ne sont pas en reste puisqu’elles sont toutes citées par plus d’un quart des répondants.

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