Pau : François Bayrou favori

Devancé de seulement 342 voix par la candidate socialiste en 2008, François Bayrou repart à la bataille avec cette fois le soutien de l'UMP (malgré les frictions que cette décision a pu provoquer dans le parti). Selon l'enquête Ipsos/Steria réalisée pour France 3 Aquitaine, France Bleu Béarn et Sud Ouest, sa liste Modem-UMP-UDI est créditée de 37% d'intentions de vote premier tour, ce qui la place nettement en tête. La liste PS-PRG-MRC conduite par David Habib - la maire sortante Martine Lignères-Cassou ne se représentant pas - est en effet neuf points derrière, à 28% d'intentions de vote.

Cet écart ne doit cependant pas masquer un rapport de force gauche / droite plus équilibré qu'il n'y paraît : par rapport à 2008, l'offre électorale à gauche est en effet éclatée, avec une liste Front de Gauche qui recueille 7% d'intentions de vote, et une liste EELV à 6%. L'ensemble des forces de gauche totalise ainsi 41% des intentions de vote premier tour, en légère progression par rapport au premier tour de 2008 (39,7%), contre 45% au total Centre, Droite + extrême droite.

Dès lors, la liste sans étiquette conduite par Yves Urieta pourrait jouer comme en 2008 le rôle d'arbitre. A l'époque, l'ancien maire (de 2006 à 2008 suite au décès d'André Labarrère) n'avait pas participé à la primaire d'investiture socialiste, préférant conduire une liste dissidente, finalement soutenue par l'UMP. Cette liste avait obtenu plus de 21% des suffrages au second tour, provoquant ainsi la courte défaite de François Bayrou. Créditée aujourd'hui de 12% d'intentions de vote, elle est à nouveau en capacité de se qualifier. Ce sera en revanche plus difficile pour la liste du Front National (8% d'intentions de vote), qui aura besoin d'une dynamique de fin de campagne favorable pour atteindre la barre des 10%.

Bien que les niveaux d'intentions de vote promettent donc un second tour indécis, François Bayrou endosse tout de même le statut de favori : sa liste est en tête dans les quatre configurations testées dans cette enquête. En triangulaire façon 2008, la liste Bayrou recueille 46% d'intentions de vote, contre 40% à la liste Habib et 14% à la liste Urieta. En duel, si la liste Urieta ne se qualifie pas, l'avance est encore plus nette : 55% pour François Bayrou contre 45% pour David Habib. En quadrangulaire, si le FN et la liste Urieta se qualifient, l'avance est plus limitée, mais François Bayrou reste en tête avec 42% d'intentions de vote, contre 39% à la liste de la majorité sortante, 14% à la liste Urieta et 5% au FN. Une dernière hypothèse de triangulaire avec le FN mais sans Yves Urieta est encore favorable au candidat centriste : 50% d'intentions de vote pour François Bayrou, 43% pour David Habib, 7% au FN.

Dans chacune de ces configurations la gauche pâtit de ses divisions. Si les reports de voix des électeurs de la liste Front de gauche sont plutôt bons - 85% d'entre eux choisissant la liste de la majorité sortante au second tour, la déperdition est importante dans l'électorat premier tour de la liste EELV, dont environ un tiers choisit la liste Bayrou au second tour (contre 50% pour David Habib et 15% qui préfèrent s'abstenir). Comme dans le même temps l'électorat FN se reporte plutôt bien vers François Bayrou, l'écart se creuse. Dans les hypothèses où le FN n'est pas présent au second tour, la moitié des électeurs frontistes choisissent en effet la liste de François Bayrou au second tour (l'autre moitié préférant s'abstenir) ; et même dans les configurations où le FN est présent, un tiers de ceux qui ont voté Front National au premier tour choisit tout de même la liste Bayrou au second.

Au final, si François Bayrou n’est pas en terrain conquis à Pau, ville historiquement de gauche (André Labarrère y a été maire de 1971 à 2006) et qui a voté à 60% pour François Hollande au second tour de la Présidentielle 2012, l'enquête Ipsos/Steria montre qu'à trois semaines du scrutin, il est malgré tout le mieux placé pour l'emporter.

Auteur(s)

Articles liés

  • Featureflash Photo Agency / Shutterstock.com

    Retour de Céline Dion : une ferveur partagée par un quart des Français

    Alors que Céline Dion a fait son grand retour depuis le mois septembre en France avec une série de concerts devant un public conquis, une étude Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs réalisée début octobre 2026 décode les ressorts d'un engouement sans précédent : la star québécoise, longtemps éloignée des scènes par la maladie, cristallise à la fois l'admiration pour une voix exceptionnelle, une nostalgie collective et une forme d'attachement très personnel des Français à son destin.
  • Education alimentaire | Diététique | Santé publique

    Présidentielle 2027 : un Français sur deux pourrait faire de l'éducation alimentaire un critère de vote

    À six mois de la présidentielle, l'éducation alimentaire sort de la cuisine pour entrer dans le débat politique. 74 % des Français estiment que l'éducation alimentaire des enfants et des adolescents n'est pas satisfaisante, 53 % considèrent que l'école n'en fait pas assez, et 90 % y voient la marque d'inégalités sociales fortes. Résultat : 63 % attendent des candidats des propositions concrètes, et 49 % se disent prêts à favoriser un candidat qui s'emparerait du sujet.
  • Mondial de l'Auto | Mobilité | Automobile
    Automobile Enquête

    Mondial de l’Auto 2026 : le nouveau portrait des automobilistes français

    La nouvelle enquête Ipsos bva, menée en partenariat avec le Mondial de l'Auto, souligne le rapport paradoxal des Français à leur véhicule. Si la voiture reste un puissant symbole de liberté (94 %) marquant une forte dépendance dans les régions (81 %), la transition vers l'électrique se heurte au réalisme économique, avec seulement 19 % d'intentions d'achat malgré un fort désir (53 %). Côté technologies, les conducteurs plébiscitent les aides à la conduite mais rejettent l'automatisation totale (34 %), exigeant de rester maîtres à bord.