PME-PMI : l'avenir s'éclaircit

Le baromètre des petites et moyennes entreprises réalisé par Ipsos pour le Crédit Lyonnais, La Tribune et Radio Classique, suit depuis 1992 l'état de santé des PME-PMI françaises : une batterie d'indices et d'indicateurs permet de mesurer chaque mois un grand nombre de variables macro et micro économiques. Pour cette vague de juin, la chute de l'indice synthétique, sans interruption depuis février, est enrayée. Mais le rebond que l'on aurait pu attendre de l'optimisme des patrons quant à l'évolution de la conjoncture, internationale notamment, est pondéré par une perception de plus en plus négative de l'action gouvernementale.

Auteur(s)
  • Yves Fradier Responsable du service des Grandes Enquêtes, Ipsos Observer
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Pour la première fois depuis février, l’indice synthétique de l'état de santé des PME-PMI est à nouveau bien orienté (de 103 à 104). La progression aurait toutefois été plus nette si elle n'avait été freinée par une perception négative de l'action gouvernementale. En effet, les composantes de l'indice en baisse sur le dernier mois sont toutes dans le champ d'action du gouvernement. La perception de "l’environnement économique français" par exemple se dégrade (de 103 à 102 points), alors que celle de "l’environnement économique international" se redresse spectaculairement, de 105 à 112 points. Lorsque l'on interroge les patrons des PME sur "les principaux freins au développement", l'item "climat social" est de plus en plus souvent choisi (19% de citations, +6 points en un mois), derrière "le poids des charges sociales" qui reste tout de même la cible favorite (42%). Autre illustration, "les effort du gouvernement en matière d'aide aux PME" sont jugés de moins en moins souvent "efficaces". Cet indicateur est à son plus bas niveau depuis mai 2002.

La " pollution" de l’indice synthétique par ces réserves sur l'action gouvernementale est d'autant plus lisible que la plupart des autres variables testées sont reparties à la hausse. Les mesures de satisfaction quant au "niveau de production", à "l’activité commerciale", ou à la trésorerie sont toutes en progression (respectivement de 4, 3 et 1 points). Même tendance sur l'investissement : pour la première fois depuis mars, les patrons qui déclarent une hausse de "l'achat d'équipement" sont plus nombreux que ceux qui déclarent une baisse. Le solde des "crédits d’investissement" se redresse, de -16 à -11%, celui des "crédits de trésorerie" également (de -7 à -4%). Encore plus parlant, le comportement à l’égard de l’embauche est lui aussi bien orienté : de +1 à +6%, et même +9% dans les plus petites PME. Les patrons réagissent à l'augmentation globale de la demande, qui n'est toutefois pas uniforme. La demande "grande consommation" chute toujours (-5 points, près de 20 points de moins en deux mois), mais celle provenant des entreprises, les plus grandes en particulier, est en hausse.

Auteur(s)
  • Yves Fradier Responsable du service des Grandes Enquêtes, Ipsos Observer

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