Popularité de l’exécutif : une baisse qui n’annule pas les points pris en janvier dernier

Après un spectaculaire rebond mesuré dans la foulé des événements de janvier, le baromètre Ipsos/le Point de février laisse apparaître une baisse de la popularité de l’exécutif. Cette évolution n’annule pas tous les points gagnés par François Hollande et Manuel Valls en janvier : sur les deux derniers mois, la popularité de l’exécutif reste en progression.

Dans cette vague, F. Hollande perd 8 points d’avis favorables (à 30%, contre 67% d’opinions défavorables, +10). Pour autant, les jugements positifs sont supérieurs à décembre 2014. Le Président reste à son meilleur niveau depuis février 2013. Il baisse dans toutes les catégories, mais le mouvement est plus marqué à droite de l’échiquier politique. Auprès des sympathisants de droite, F. Hollande perd la moitié voire plus du terrain conquis en janvier : -9 points à l’UMP (après +17 en janvier), -20 points au Modem (après +30) et -12 points au FN (après +17). Il résiste mieux à gauche : -7 auprès des sympathisants de gauche (après +24 en janvier) et -8 après des proches du PS (après +22). Chez les sympathisants du PS, les opinions positives restent à un niveau relativement élevé : 62% d’avis favorables contre 36% d’avis défavorables.

M. Valls perd quant à lui 7 points d’opinions favorables à 52% contre 43% d’avis défavorables. Le Premier ministre reste cependant à un niveau très supérieur à celui de décembre dernier (36% d’opinions favorables, contre 57%). Dans le détail des catégories politiques, sa situation est différente de celle de F. Hollande, notamment auprès des sympathisants de droite. Après de fortes hausses en janvier, il résiste plutôt bien à l’UMP (52% d’avis favorables, -2 après +31) et au FN (35% -3 après +9). En comparaison, à gauche sa progression était moins forte en janvier (+26 auprès de l’ensemble des sympathisants de gauche et +23 au PS) et sa baisse est plus marquée en février (60%, -11 à gauche et 73%, -9 au PS).

Dans le sillage du couple exécutif, de nombreuses personnalités ont vu leur popularité progresser en janvier. La tendance est différente dans cette vague qui est marquée par une hausse généralisée des jugements négatifs pour 30 des 31 personnalités testées et par de très rares améliorations des jugements positifs : quatre personnalités seulement sont concernées, et pour des hausses peu significatives (+1 ou +2 maximum). Peu de leaders voient leur popularité s’améliorer entre décembre 2014 et février 2015 à l’instar du couple exécutif (N. Sarkozy +5 points, F. Fillon +6 points et N. Vallaud-Belkacem +4 points). La plupart sont stables ou en baisse, signe qu’un mois après les événements, aucun leader politique n’a tiré profit de la mobilisation.

A gauche, aucune personnalité PS ne progresse auprès des sympathisants socialistes. Cela n’empêche pas cependant quelques passes d’armes : S. Royal reprend la tête du classement des proches du PS (avec 63% d’avis favorables, -3), suivie de N. Vallaud-Belkacem (62%, -4). M. Aubry passe de la septième à la troisième position (61%, =).

A droite, les sympathisants UMP sont également plus critiques vis-à-vis de leurs leaders, sans distinction selon leurs prises de positions récentes au sujet du duel PS/FN de l’élection législative partielle dans le Doubs. N. Sarkozy perd 3 points à l’UMP (à 76%) mais reste en tête du palmarès des sympathisants du parti. A. Juppé recule de 2 points (73%) et F. Fillon d’1 point (60%).

Les sympathisants FN renforcent leurs critiques à l’égard de N. Sarkozy (41%, -15 de jugements favorables) et d’A. Juppé (33%, -13), peut-être en écho à leurs positions sur le duel PS/FN de dimanche.

Dans le classement général des Français, bien qu’en baisse, A. Juppé reste la personnalité préférée, avec 56% d’avis favorables sur son action (-4). Il devance assez nettement C. Lagarde (47% +2) et L. Fabius (43%, -5).

La victoire de Syriza en Grèce ne profite pas à J.-L. Mélenchon. Sa popularité est même en recul par rapport à janvier : 31% (-4) des Français portent un jugement favorable sur son action (contre 56% un jugement défavorable). De même, la qualification du FN au second tour de la législative partielle dans le Doubs ne profite pas à M. Le Pen. 31% des Français sont favorables à son action (+1), soit un niveau conforme à ceux observés pour la Présidente du FN depuis plusieurs vagues.

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