Popularité : Manuel Valls et Marine Le Pen victimes collatérales de l’affaire Dieudonné ?

Réalisée après l’interdiction du spectacle Le Mur et les révélations concernant la liaison supposée de François Hollande avec Julie Gayet, la nouvelle édition du Baromètre de l’action politique Ipsos Le Point fait état d’un président de la République toujours largement impopulaire. Manuel Valls et Marine Le Pen apparaissent quant à eux comme les victimes collatérales de l’affaire Dieudonné, tout au moins à court terme.

Malgré une actualité présidentielle riche (vœux présidentiels, affaires « Dieudonné » et « Julie Gayet ») la cote de popularité de François Hollande n’évolue pas : avec 24% de jugements favorables (+1 point) et 74% d’avis critiques à l’égard de son action (inchangé), le président de la République reste largement impopulaire. Soutenu par seulement 58% des sympathisants socialistes (stable), François Hollande peine surtout à convaincre la gauche non socialiste : seulement 26% des proches du Front de Gauche et 24% des sympathisants écologistes (-1 point à chaque fois par rapport au mois dernier) ont une bonne opinion de son action, soit environ le même score que celui mesuré pour l’ensemble des Français.     

Jean-Marc Ayrault progresse quant à lui légèrement : 26% des Français (+3 points, +5 points en deux mois) jugent aujourd’hui favorablement son action, contre environ deux tiers (68%) qui expriment leur insatisfaction.    

Parmi les plus fortes évolutions du mois, on notera les baisses enregistrées pour Manuel Valls et Marine Le Pen, tous deux victimes collatérales de l’affaire Dieudonné. En première ligne sur ce dossier, le ministre de l’Intérieur perd 6 points par rapport au mois dernier, à 53% de bonnes opinions. C’est auprès des plus fragiles (les faibles revenus, 34%, -19 points) et des moins politisés (les proches d’aucun parti, 29%, -17 points) que l’on observe les plus fortes baisses. Une partie des Français semble ainsi se montrer critique, moins sur le fond de l’intervention de Manuel Valls que sur l’importance accordée à cette affaire jugée par certains « mineure » par rapport aux difficultés que traverse aujourd’hui la France. Signalons néanmoins que le ministre de l’Intérieur reste la personnalité politique préférée des Français, devant Alain Juppé (2ème avec 52% d’opinions positives, +3 points) et Bertrand Delanoë (3ème, 50%, +1 point) et qu’il pourrait même, à moyen terme, capitaliser sur la fermeté et l’efficacité dont il a fait preuve.  

Autre forte baisse de la première vague de l’année, Marine Le Pen perd 4 points et recule de la 19ème à la 29ème place du classement général. Avec 29% de jugements favorables, elle enregistre son plus faible score depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée. La présidente du Front national peine actuellement à faire entendre sa différence vis-à-vis de ce qu’elle appelle « l’UMPS » sur les sujets qui font aujourd’hui l’actualité : tout comme l’ensemble de la classe politique, elle condamne les propos de Dieudonné (même si elle a critiqué l’interdiction du spectacle), elle souligne l’importance de préserver la vie privée des personnalités politiques, elle se démarque des dérapages de certains représentants locaux du FN. Cette difficulté à symboliser l’antisystème dans le cadre de sa stratégie de dédiabolisation se traduit également par un soutien moins massif de la part des sympathisants FN : 48% d’entre eux portent désormais un jugement très favorable sur Marine Le Pen, contre 61% il y a seulement deux mois.    

Dans une vague orientée globalement à la hausse (27 personnalités sur 38 voient leur cote de popularité augmenter), on relèvera surtout les progressions mesurées pour François Fillon, Jean-Louis Borloo et Anne Hidalgo. Après la baisse observée en décembre, l’ancien Premier ministre gagne ce mois-ci 6 points auprès des Français à 41% de bonne image et 9 points chez les proches de son parti (73%), retrouvant ainsi la troisième place du palmarès établi par les sympathisants UMP, derrière Nicolas Sarkozy (82%, -3 points) et Christine Lagarde (75%, -3 points) et très loin devant Jean-François Copé (53%, +2 points). La tendance est la même pour Jean-Louis Borloo qui progresse de 5 points (46%) et regagne le terrain perdu en fin d’année. Enfin, à deux mois des municipales, Anne Hidalgo passe pour la première fois devant sa rivale à Paris Nathalie Kosciusko-Morizet dans le classement général, malgré son déficit de notoriété. En hausse de 6 points, la candidate socialiste obtient 31% de jugements favorables, contre 26% de mauvaises opinions, alors que sa principale adversaire recueille 30% d’opinions positives (+2 points) et 46% de jugements critiques.

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