Pour leurs obsèques, les Français opteront désormais très majoritairement pour la crémation

Pour la première fois depuis sa création en 2008, l’étude Services Funéraires-Ville de Paris / Ipsos « Les Français et les obsèques » montre que désormais, les Français sont majoritairement favorables à la crémation pour eux-mêmes comme pour un proche. Si l’on regarde dans le détail, ces résultats montrent des différences d’opinion dues non pas à la pratique religieuse mais plutôt à l’âge.

La préférence pour la crémation s’affirme de plus en plus

En 2008, si le choix de la crémation était majoritaire pour soi (53%), elle a gagné 10 points en 10 ans et même 12 points si l’on compare l’étude 2018 avec le baromètre 2015. 

Selon les données constatées par les Services Funéraires-Ville de Paris, dans l’analyse du portefeuille de contrats obsèques, ce taux dépasse même les 68% chez les souscripteurs. 
Ce chiffre est un indicateur intéressant car il donne une bonne vision des évolutions des comportements d’ici à 10 ans.

Pour un proche, le changement de perception est désormais complètement opéré avec des résultats totalement inversés par rapport à 2008 : 56% préfèrent la crémation, 44% l’inhumation. Il semble même que le mouvement s’accélère : 44% y étaient favorables en 2008, puis le taux est resté stable (47% en 2010 et 2013, 48% en 2015) et augmente de 8 points en 3 ans. 

Le choix de la crémation domine surtout chez les seniors

Pour leurs propres obsèques, 70% des 60 ans et + sont favorables à la crémation, il est de 56% « seulement » chez les - de 35 ans.
Quand il s’agit d’un proche, près des deux tiers des 60 ans et + (65%) choisissent la crémation, 56% des 35-59 ans, 47% des - de 35 ans. 
Pour expliquer leur préférence pour l’inhumation, les Français (40% femmes et 35% d’hommes et plutôt des jeunes : 48% des - de 35 ans) avancent que les proches puissent venir se recueillir sur une tombe dans laquelle il y a un corps (42%) ou pour que leur corps ne disparaisse pas brutalement (27% des femmes vs 17% des hommes et 26% des - de 35 ans), la religion n’intervenant qu’en cinquième place (21%). 

L’environnement est le principal critère de choix pour près de 40% des Français ayant opté pour la crémation 

Il est intéressant de noter que chez les jeunes, c’est le rapport au corps qui détermine le choix de la crémation : 34% déclarent préférer la crémation pour que « leur corps ne se dégrade pas après la mort ». C’est aussi la principale motivation pour près d’un tiers des femmes (32%) qui l’ont choisie. 

Chez les + de 60 ans, les motivations sont différentes : on trouve en premier lieu le souhait de ne pas laisser de trace ou de ne pas prendre de place (42%), puis l’environnement qui est une préoccupation croissante pour les hommes comme pour les femmes (39%-36%), que l’on soit croyant non-pratiquant ou athée (39%-38%).

À noter, les Services Funéraires - Ville de Paris ont demandé à DURAPOLE en 2017 de mener une étude comparative sur l’impact environnemental de l’inhumation et de la crémation. Les résultats sont en libre consultation sur www.servicesfuneraires.fr. C’est la seule disponible à ce jour en France.

La cérémonie reste incontournable

Les Français restent très attachés à l’organisation d’une cérémonie lors des obsèques, encore plus quand il s’agit d’un proche (80%) que dans la projection pour eux-mêmes (71%).

Ce sont les femmes (75% vs 67% des hommes) et les - de 35 ans (85%) qui y sont le plus sensibles. 

Par ailleurs, plus d’un quart des Français déclare ne souhaiter aucun hommage dans le cadre d’une crémation pour un proche.

La réalité du terrain est tout à fait différente : au crématorium du Père Lachaise, géré par les SFVP, à peine 1% des crémations ne sont précédées d’aucune cérémonie. 

Une demande croissante de personnalisation 

Un peu plus de la moitié des Français (51%) souhaiterait pouvoir personnaliser les obsèques d’un proche. Parmi eux, ce sont surtout les seniors (57% des 60 ans et +) et ceux qui ont déjà participé à l’organisation d’obsèques (54%). Ces chiffres démontrent que l’on est d’autant plus conscient de l’importance d’une cérémonie et que son organisation est abordée de façon sereine qu’on en a déjà vécu l’expérience. 

48% préfèrent que tout ait été défini à l’avance, par le défunt lui-même, et même dans les moindres détails, dans le cadre d’un contrat de prévoyance obsèques.

Des choix discutés au sein de la famille proche

Lorsqu’on les interroge sur le fait qu’ils aient fait connaitre leur choix en matière d’obsèques à leur entourage, c’est essentiellement au sein du couple que le sujet est évoqué : 79%. 78% des parents ont fait part de leurs désirs à leurs enfants. Entre frères et sœurs, le sujet n’a été évoqué que par 53% des répondants.  

EN SAVOIR + SUR LES SERVICES FUNÉRAIRES-VILLE DE PARIS

Fiche technique :
Étude réalisée du 30/08 au 07/09 sur 1000 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. Échantillon interrogé par Internet via le panel d’Ipsos. 

Auteur(s)

  • Etienne Mercier
    Etienne Mercier
    Directeur du département Public Affairs Santé

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