Présidentielle 2017 : la place de la religion et de la laïcité dans l’élection présidentielle

Ipsos / Sopra Steria se sont intéressés, pour France Télévisions et Radio France, aux rapports des Français à la place de la religion et la laïcité dans la campagne Présidentielle.

Un sujet qui prend trop de place dans le débat public 

Seuls 14% des Français estiment que la place des religions en France et la laïcité doivent occuper une place prioritaire dans la campagne électorale, quand 40% pensent que ce sujet doit être secondaire (pour rappel, la semaine dernière, ces chiffres étaient respectivement de 37% et 5% pour la protection sociale). Une partie des Français semblent en effet réservée quand est évoquée la présence de ces enjeux dans le débat public : les trois quarts d’entre eux (77%) pensent que l’on parle trop de religion, et 72% estiment que les élus ne devraient pas évoquer leurs croyances religieuses.

Préserver une laïcité.. dont les français se font des idées très différentes 

Une très large majorité des Français (90%) estime que la laïcité est une valeur essentielle de la République, et dans le même temps, 74% pensent qu’elle est aujourd’hui menacée (dont 92% des électeurs de Marine Le Pen).

Ce très vif attachement à la laïcité ne doit pas faire oublier qu’elle recouvre des acceptions très différentes : pour les électeurs potentiels de M Le Pen, elle signifie avant tout « la préservation de l’identité traditionnelle de la France » (46%), alors que les soutiens d’Emmanuel Macron et Benoît Hamon y voient avant tout « la liberté de pratiquer la religion que l’on souhaite » (46% et 57%) ou « la possibilité pour des gens de convictions différentes de vivre ensemble » (51% et 50%). Enfin, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon se montrent attachés à une laïcité de combat, 45% y voyant avant tout « la séparation des religions et de l’Etat ».

Des tensions qui restent vives, notamment vis-à-vis de l'islam 

Une majorité des Français (60%) juge que la cohabitation entre les différentes religions ne se passe pas bien en France, donc 85% des électeurs de Marine Le Pen, mais seulement 32% des soutiens de Benoît Hamon et 48% chez ceux d’Emmanuel Macron.

C’est notamment vis-à-vis de l’Islam que ces crispations prospèrent : seuls 39% des Français pensent que « la manière dont la religion musulmane est pratiquée aujourd’hui en France est compatible avec les valeurs de la société française », contre 83% pour la religion juive et 94% pour la religion catholique. On constate que cette perception d’une compatibilité entre l’Islam et la société française recule, perdant 8 points depuis les attentats de janvier 2015.

La volonté de réduire la visibilité des religions 

Dès lors, la plupart des propositions ayant trait au maintien de l’Islam dans la sphère privée rencontrent une forte approbation : 79% sont favorables à l’interdiction du voile dans les universités et 77% à l’interdiction du burkini dans l’espace public. Par ailleurs, 60% des Français s’opposent au financement public de mosquées pour éviter les financements étrangers et les lieux de culte clandestins.

Cette volonté de réduire la visibilité du fait religieux ne touche cependant pas que l’Islam : 58% s’opposent à la mise en place d’un enseignement spécifique à l’école sur le fait religieux, et près de la moitié des Français (46%) se prononcent pour la suppression du financement public des écoles privées. 

Auteur(s)

  • Stéphane Zumsteeg - Directeur Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs
    Stéphane Zumsteeg
    Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs

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