Présidentielle 2022 | Le pouvoir d'achat, enjeu n°1 du scrutin présidentiel

La septième vague de l'Enquête Electorale 2022 réalisée par Ipsos / Sopra Steria pour le Cevipof, la fondation Jean Jaurès et Le Monde témoigne d'un léger tassement de la préoccupation vis à vis de la guerre en Ukraine, par rapport à la précédente mesure réalisée une semaine après le début du conflit. Si ce sondage montre que l'inquiétude reste massive et que le sujet comptera au moment de choisir pour qui voter, le pouvoir d'achat se détache comme l'enjeu principal de la Présidentielle.

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  • Brice Teinturier Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
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Ipsos-Sopra Steria | Intentions de vote
 

 

La guerre en Ukraine n'éclipse pas les autres sujets de campagne

En deux semaines, la préoccupation pour la guerre en Ukraine a baissé d'intensité. L'inquiétude reste massivement partagée - par 87% des Français - mais la part de personnes "très" inquiète a diminué de dix points par rapport à la précédente mesure des 2 et 3 mars, passant de 43% à 33%. On s'inquiète aujourd'hui surtout "des conséquences économiques de la guerre" (92% d'inquiets, dont 50% "très inquiets", en hausse de 6 points), un petit peu moins "d'une extension du conflit" (81%, dont 34% "très inquiets", - 5 points) ou "d'un possible conflit nucléaire" (69%, 26% "très inquiets", -9 points). "Quand ils pensent à la situation du pays", la guerre en Ukraine reste pour 44% des Français un des trois sujets les plus préoccupants, mais là encore la proportion est en baisse de 6 points (50% de cet avis début mars).
Dans la perspective de l'élection présidentielle, la guerre en Ukraine recule aussi dans les déterminants du vote. Un Français sur trois (32%) déclare que cette guerre "aura un impact sur son choix de vote", mais les deux tiers (68%) sont d'avis contraire. Surtout, un peu plus d'un électeur sur quatre (27%) cite toujours la guerre parmi les trois enjeux qui compteront le plus au moment de choisir pour qui voter, alors qu'on était à 33% début mars. Cette baisse ramène le sujet presque au même niveau que "l'environnement" (26% de citations), "le système de santé" (26% également), "l'immigration" (24%) ou la question des "retraites", qui progresse de 8 points par rapport à la précédente mesure (16%). A ce stade, c'est bien "le pouvoir d'achat" qui se détache comme l'enjeu central de la Présidentielle : le sujet recueille deux fois plus de citations que tous les autres, 57%, en progression de 5 points par rapport à la mesure de début mars.

Derrière Emmanuel Macron, Marine Le Pen se détache légèrement

Si la guerre en Ukraine reste omniprésente dans les esprits, on n'est plus tout à fait dans le choc et la stupeur des premières images de l'invasion russe. Le niveau d'intérêt pour l'élection Présidentielle, qui était monté à 80% dans les premiers jours du conflit, est retombé à 74%. Et à moins d'un mois du premier tour, le potentiel de participation reste assez faible : 67%, soit dix points de moins que ce que nous mesurions en 2017 à un mois du scrutin (78%).
Pour autant, l'effet drapeau que nous relevions début mars - dans ce contexte de guerre, le chef de l'État bénéficie du réflexe légitimiste d'une partie de l'opinion - est toujours d'actualité. Deux Français sur trois (65%) estiment toujours qu'Emmanuel Macron a été à la hauteur des événements et, selon une large majorité des répondants, aucun autre candidat n'aurait fait mieux à sa place. L'accueil de réfugiés ukrainiens en France ne fait pas non plus débat : 85% des personnes interrogées y sont "plutôt" (50%) ou "tout à fait" (35%) favorables. Même s'il y a des différences de niveaux, le soutien est largement majoritaire dans tous les électorats, y compris à l'extrême droite (74% d'avis favorables dans l'électorat de Marine Le Pen, 65% dans l'électorat d'Eric Zemmour).

En termes d'intentions de vote premier tour, Emmanuel Macron reste nettement en tête, même si à 29% son score est en baisse d'1,5 points en deux semaines. On reste néanmoins 4,5 points au-dessus du niveau moyen enregistré avant le début de l'invasion russe. Le Président sortant est en outre le candidat qui semble avoir le socle électoral le plus solide : plus de 70% de ses électeurs du premier tour de 2017 sont prêts à réitérer leur choix cette année. Ils sont rejoints par un tiers (34%) des électeurs 2017 de François Fillon. Les électeurs potentiels d'Emmanuel Macron sont aussi ceux qui sont les plus sûrs de leur choix : 77% d'entre eux déclarent leur choix "définitif", pour 23% qui se réservent le droit de changer d'avis. On est à 71% de choix définitif dans l'électorat potentiel de Marine Le Pen, à 68% pour Eric Zemmour, à 58% pour Jean-Luc Mélenchon, à 53% pour Valérie Pécresse, à moins de 50% pour tous les autres.

A moins d'un mois du scrutin, Emmanuel Macron semble donc bien placé pour se qualifier au second tour. Si la deuxième place reste incertaine, la dynamique électorale est favorable à Marine Le Pen, qui a gagné 1,5 points d'intentions de vote sur les quinze derniers jours pour se retrouver à 16%, un niveau qu'on n'avait plus enregistré pour elle depuis la première vague de l'Enquête Electorale 2022 réalisée en octobre 2021. Rien n'est joué, mais la candidate du Rassemblement National s'est quelque peu détachée de ses concurrents directs : Eric Zemmour est à 13% d'intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon est à 12%, Valérie Pécresse à 10,5%. Fortement concurrencée par Emmanuel Macron sur l'électorat Fillon 2017, la candidate LR est retombée à son niveau d'avant la victoire à la primaire. Aucun autre candidat n'atteint les 10% d'intentions de vote : Yannick Jadot est à 7%, Fabien Roussel à 4%, Anne Hidalgo à 2,5%, Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Lassalle ferment la marche à 2% chacun.

 

 

 

RAPPORT COMPLET

Retrouvez notre dossier spécial Présidentielle 2022

Présidentielle 2022 - séparateur
Fiche technique : sondage Ipsos-Sopra Steria pour le Cevipof, Le Monde et la Fondation Jean Jaurès menée du 10 au 14 mars 2022 auprès de 13 749 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française, inscrite sur les listes électorales, âgée de 18 ans et plus.

 

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  • Brice Teinturier Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)
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