Présidentielle | Que retenir du premier tour du 10 avril ?

Dès le soir du premier tour de l’élection présidentielle, Ipsos a publié trois enquêtes, « Comprendre le vote des Français », « Sociologie des électorats et profils des abstentionnistes » et un premier sondage d'intention de vote au second tour. Pour aller plus loin que les simples résultats, retrouvez les deux premières sur les raisons de l'abstention, les motivations et les enjeux du vote ; elles reviennent sur l’image et la perception des candidats et de la campagne électorale et permettent de se faire une idée de la situation que les Français anticipent. Quant à la troisième, elle pronostique un duel gagné par Emmanuel Macron avec 54% des suffrages.

Quels enseignements retenir au lendemain du 1er Tour ?

La campagne électorale n’a pas été à la hauteur des attentes des Français

L'enquête Ipsos & Sopra Steria réalisée pour france•tv et radiofrance auprès de 4000 électeurs du 6 au 9 avril montre que 68% des Français ont jugé la campagne pour l'élection présidentielle « pas intéressante », que pour la majorité d’entre eux, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont les seuls candidats à avoir fait une « bonne campagne », et que pour Emmanuel Macron, la perception est mitigée même dans son propre camp où seulement 54% de ses électeurs jugent que sa campagne a été bonne. Retrouver les principales raisons de l'abstention, les motivations et les déterminants du vote, la perception pour les électeurs des différents candidats et de leur campagne électorale dans « Comprendre le vote des Français » ici.

Le différentiel de mobilisation selon l'âge des électeurs est de plus en plus marqué

26% des personnes inscrites sur les listes électorales ne se sont pas rendues aux urnes ce dimanche. Si la proportion d'hommes et de femmes est sensiblement la même, de nombreuses questions se posent sur la capacité des candidats à s’adresser aux 18-24 ans et aux 25-34 ans (respectivement 42% et 46% d’entre eux ne sont pas allés voter), contre 12% des 60-69 ans et 23% des plus de 70 ans. Cela dit, qui a voté pour qui ? L'âge, la profession et le statut, le revenu ou le dernier diplôme obtenu, la proximité politique, la satisfaction à l’égard de sa vie, tous ces critères et d’autres impactent le choix final, avec parfois des surprises. Découvrir « Profil des abstentionnistes et sociologie des électorats » ici.

La campagne de l'entre-deux tours s'ouvre sur un rapport de force nettement plus serré qu'en 2017

La première mesure d'intentions de vote réalisée à chaud par Ipsos et Sopra Steria au soir du premier tour montre un rapport de force favorable à Emmanuel Macron, à 54% contre 46% à Marine Le Pen, mais bien loin des scores il y a cinq ans, 62% / 38%, pour une victoire finale à 66% / 34% deux semaines plus tard. Retrouver « L'intention de vote au second tour » ici.

La cristallisation ultime du vote se fait de plus en plus souvent dans les tout derniers jours

A l’exception des quatre candidats arrivés en tête le 10 avril, le rolling poll d’Ipsos a montré que le choix n’était pas absolument arrêté pour les autres, avec des électeurs hésitants et tentés par le « vote utile ». 42% des électeurs de Yannick Jadot et 38% de ceux de Fabien Roussel indiquaient, dans la dernière vague d’enquête, qu’ils pouvaient changer d’avis, notamment en faveur de Jean-Luc Mélenchon ; 32% des électeurs de Valérie Pécresse étaient dans le même cas et hésitaient entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Dans l’enquête réalisée dimanche, 30% des électeurs de Mélenchon déclarent s’être décidés au tout dernier moment ou le jour même, le chiffre le plus élevé.

Auteur(s)

  • Brice Teinturier
    Brice Teinturier
    Directeur Général Délégué, Ipsos bva (@BriceTeinturier)