Présidentielle 2022 : Macron et Le Pen favoris, mais Xavier Bertrand ou un candidat de la gauche unie seraient en position de créer la surprise

A 15 mois du scrutin, Ipsos, en partenariat avec Sopra Steria, a interrogé les Français sur leurs intentions de vote au premier tour de l'élection Présidentielle de 2022.

Le décryptage de Brice Teinturier

Marine le Pen et Emmanuel Macron en tête des intentions de vote

A plus d’un an de l’élection présidentielle, l’enquête réalisée par Ipsos pour L’Obs et France Info les 27-28 janvier montre que le Président sortant et la dirigeante du Rassemblement national sont à ce stade les deux favoris du scrutin : Emmanuel Macron est crédité de 24% à 27% des intentions de vote selon les hypothèses de candidatures testées, et Marine Le Pen de 25% à 26,5%. Les deux candidats potentiels bénéficient d’un électorat solide : environ 85% des électeurs ayant voté pour Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 feraient à nouveau ce choix, ce chiffre étant d’environ 65% pour l’électorat d’Emmanuel Macron en 2017.

Derrière ces deux favoris, Xavier Bertrand fait à ce stade figure de « troisième homme », avec 14% à 16% des intentions de vote selon les hypothèses. Si une partie de son électorat « naturel » lui échappe (environ un tiers des électeurs de François Fillon en 2017 voteraient pour Emmanuel Macron, et 1/6ème voterait pour Marine Le Pen), il peut espérer tirer partie d’une campagne électorale pour améliorer sa notoriété (33% des Français n’ont pour l’instant pas d’opinion à son égard), conquérir de nouveaux électeurs et, en cas de dynamique positive, accéder au second tour.

Divisée, la gauche serait laminée au premier tour de l’élection présidentielle : s’ils sont tous trois candidats, Jean-Luc Mélenchon (10%), Anne Hidalgo (9%) et Yannick Jadot (7,5%) seraient loin de la barre de qualification pour le second tour. En revanche, une candidature commune entre le PS et EELV pourrait changer la donne : dans ce cas, Yannick Jadot arriverait en troisième position avec 17% des intentions de vote, et si cette candidature commune était menée par Anne Hidalgo, la maire de Paris obtiendrait 16% des voix, à égalité avec Xavier Bertrand. Des niveaux qui restent encore éloignés de ceux d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, mais qui ne mettraient pas un termes aux espoirs de la gauche pour 2022.


Fiche technique : enquête Ipsos en partenariat avec Sopra Steria pour l'Obs et franceinfo menée les 27 et 28 janvier 2021 auprès de 1 000 personnes inscrites sur les listes électorales, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Auteur(s)

  • Mathieu Gallard
    Mathieu Gallard
    Directeur de clientèle, Public Affairs
  • Brice Teinturier
    Brice Teinturier
    Directeur Général Délégué, Ipsos bva (@BriceTeinturier)
  • Stéphane Zumsteeg - Directeur Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs
    Stéphane Zumsteeg
    Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs

Articles liés

  • Un monde prêt à prendre des risques

    2025 : un monde prêt à prendre des risques ?

    Comment la prise de risques est-elle perçue et vécue à travers le monde ? C’est ce qu’Ipsos bva a cherché à comprendre en novembre 2025, à travers une enquête conduite pour les Entretiens de Royaumont auprès de 11 000 personnes, dans onze pays développés et émergents .
  • Sondage Municipales 2026 | Comprendre le vote

    Municipales 2026 : comprendre le vote au second tour

    Comme au premier tour, les enjeux locaux ont primé ce dimanche sur les débats nationaux. L'enquête Ipsos-CESI École d'ingénieurs réalisée pour France TV, Radio France, Public Sénat et LCP-Assemblée nationale nous donne les clés pour décrypter le vote des Français, tout en mettant le cap sur la Présidentielle 2027.
  • Baromètre de l'accès aux soins

    Baromètre de l'accès aux soins

    La troisième édition du Baromètre FHF x Ipsos BVA sur l’accès aux soins révèle une dégradation inédite de la situation. La crise de l’accès aux soins se traduit concrètement : près de trois Français sur quatre disent avoir déjà renoncé à un soin ces cinq dernières années. Elle pèse également fortement sur l’hôpital public, déjà largement en tension : un Français sur deux indiquant qu’il s’est déjà rendu aux urgences sans être en situation d’urgence médicale. Ce contexte appelle un débat public le plus large possible pour améliorer concrètement l’accès aux soins au bénéfice des Français.