Présidentielle US - A une semaine du début des primaires démocrates, une situation toujours très incertaine

A l'approche de l'élection présidentielle US, Ipsos ouvre un dossier spécial. Tous les mois, nos experts décryptent les dernières tendances de la campagne électorale et les dynamiques de l'opinion américaine.

Auteur(s)

  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Public Affairs
  • Benjamin Fishman Chargé d'études, département Public Affairs
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Dans les sondages nationaux, Joe Biden et Bernie Sanders sont au coude-à-coude

A une semaine du début des primaires démocrates, le dernier sondage Ipsos réalisé au niveau national donne l’ancien vice-président Joe Biden et le sénateur du Vermont Bernie Sanders au coude-à-coude avec 23% des intentions de vote pour le premier (en recul de 4 points par rapport à décembre) et 20% pour le second (+4 points).

L’autre représentante de l’aile gauche du parti, la sénatrice du Massachussetts Elizabeth Warren, reste arrimée à la troisième place avec 15% des intentions de vote (+1 point). Elle se situe donc nettement devant le milliardaire et ancien maire de New York Michael Bloomberg (8%, +2 points) et le maire de South Bend dans l’Indiana Pete Buttigieg (7%, -2 points). Les autres candidats sont largement distancés dans les sondages nationaux et ne parviennent pas à dépasser la barre des 5%.

La situation semble en revanche très fluide dans les premiers Etats à voter, quatre candidats étant à ce stade en position de tirer leur épingle du jeu

Le processus des primaires accorde une importance considérable aux premiers Etats qui voteront : l’Iowa le 3 février, le New Hampshire le 11 février, le Nevada le 22 février et la Caroline du sud le 29 février. Les candidats bien positionnés lors de ces premières primaires mobiliseront des ressources financières, médiatiques et logistiques importantes qui pourront leur permettre d’enclencher une dynamique d’opinion en leur faveur ; au contraire, les candidats moins bien placés dans ces scrutins disparaissent le plus souvent très vite des radars des médias comme des électeurs. Ainsi, lorsque se déroulera le Super Tuesday du 3 mars à l’occasion duquel les électeurs de 14 Etats (notamment de grands Etats comme la Californie, le Texas et la Virginie) seront appelés aux urnes, seuls deux ou trois candidats crédibles resteront probablement en course.

Dans les premiers Etats à voter, au moins quatre candidats semblent à ce stade compétitifs : les deux favoris au niveau national Joe Biden et Bernie Sanders, mais aussi Elizabeth Warren et Pete Buttigieg. En Iowa comme au New Hampshire, Biden, Sanders, Warren et Buttigieg sont compris entre 15% et 23% des intentions de vote ; au Nevada, Biden (28%) dispose d’une avance sur Sanders (22%) qui pourrait toutefois largement être remise en cause en cas de dynamique pour un autre candidat à l’issue des deux premiers scrutins ; enfin, en Caroline du sud, Joe Biden bénéficie d’un fort soutien au sein de la communauté afro-américaine numériquement importante dans cet Etat qui lui permet de caracoler en tête avec 37% des intentions de vote.

Deux autres candidats pourraient se démarquer dans la dernière ligne droite : en Iowa, la sénatrice de l’Etat voisin du Minnesota Amy Klobuchar mène une campagne de terrain acharnée qui pourrait la propulser en tête du caucus du 3 février, rebattant alors les cartes de la campagne. D’autre part, Michael Bloomberg s’est présenté trop tard pour participer aux primaires dans les quatre premiers Etats, mais on ne peut totalement exclure un succès tardif de sa part, car il dépense des sommes colossales (certains évoquent jusqu’à $200 millions) dans les Etats qui voteront lors du Super Tuesday.

Un parti démocrate divisé entre son aile modérée et son aile radicale, mais pour les électeurs l’objectif prioritaire reste de battre Donald Trump

La division du parti démocrate incarnée par l’opposition entre les candidats centristes - Joe Biden, Pete Buttigieg, Amy Klobuchar et Michael Bloomberg - et ceux de l’aile gauche - Bernie Sanders et Elizabeth Warren - ne doit pas masquer le fait que pour la plupart des électeurs démocrates, le facteur le plus important dans le choix du vote est la capacité à battre Trump en novembre prochain. 42% citent cet élément comme le critère le plus important, loin devant la crédibilité en matière économique (11%) ou de santé (11%), la nouveauté du candidat (10%), sa capacité à unifier le parti (7%) ou l’incarnation des valeurs progressistes (6%).

Sur ce terrain de la capacité à battre Donald Trump, c’est Joe Biden qui est jugé la plus solide par les électeurs démocrates (36%) avec plus de 20 points d’avance sur tous les autres candidats. Toutefois, si l’ancien vice-président ne remporte pas le caucus de l’Iowa, il lui sera plus difficile jouer la carte du vainqueur et la partie sera encore plus ouverte pour les autres candidats.

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  • Benjamin Fishman Chargé d'études, département Public Affairs

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