Prostitution : que pensent vraiment les Français en 2025 ?
Les chiffres clés de l'étude
▶︎ 76 % considèrent la prostitution comme une violence, et 68 % comme un obstacle à l’égalité femmes-hommes.
▶︎ 86 % jugent urgent d’agir contre la prostitution face à ses évolutions récentes (mineurs, réseaux sociaux…).
▶︎ 92 % estiment que la loi de 2016 est « une bonne chose », dont 55 % « une très bonne chose ».
▶︎ 93 % pensent que les « clients » portent une responsabilité dans le système prostitutionnel.
▶︎ 96 % souhaitent renforcer l’accompagnement des personnes voulant quitter la prostitution (vs 75 % pour renforcer la pénalisation des clients).
▶︎ 97 % des femmes de moins de 30 ans jugent la loi de 2016 positive, mais seuls 41 % des hommes du même âge partagent cet avis.
La perception de la prostitution : une sensibilité au phénomène et une inquiétude qui progressent
Pour les personnes interrogées, la prostitution est clairement identifiée à une violence (76%) et un obstacle à l’égalité homme/femme (68%). 83% des Français pensent également que la prostitution a des conséquences graves sur la santé et le bien-être des personnes.
Les évolutions de la prostitution, comme le développement de la prostitution des mineurs et le rôle joué par les plateformes et les réseaux sociaux, sont perçues comme inquiétantes par les Français et appellent des réponses fortes : pour 86% des personnes interrogées, la lutte contre la prostitution est devenue un sujet sur lequel il est important et urgent d’agir.
La perception de la loi de 2016 : un soutien largement majoritaire
La perception de la loi dans sa globalité est positive : 92% disent que cette loi est « une bonne chose », dont 55% « une très bonne chose ».
Les Français font preuve d’un bon niveau de connaissance autour de la pénalisation des « clients » de la prostitution, mais 81% pensent encore que les personnes en situation de prostitution peuvent être poursuivies pour délit de racolage.
Pour neuf Français sur 10, les « clients » sont responsables du système prostitutionnel
77% des personnes interrogées savent que l’achat d’actes sexuels est interdit en France et en comprennent les raisons. Plus de neuf Français sur 10 (93%) pensent en effet que le « client » porte une responsabilité (entière ou partagée) dans le système prostitutionnel.
Pour autant, lorsqu’on les interroge sur les mesures à renforcer pour lutter contre la prostitution, les Français se disent plus en faveur de la sensibilisation (95%) et de l’accompagnement des personnes souhaitant quitter la prostitution (96%), que pour la pénalisation des clients (75%).
Les positionnements des 18-30 ans : des clivages radicaux entre les femmes et les hommes
Sur l’ensemble du sondage, les femmes et les hommes, tous âges confondus, expriment des perceptions différentes. Ainsi, 83% des femmes considèrent la prostitution comme une violence contre 69% des hommes. Et les différences sont encore plus nettes quand il est question d’achat d'actes sexuels : 87% des femmes mais seulement 67% des hommes demandent que l’on renforce les sanctions envers les “clients”.
On retrouve ces divergences, très accentuées, chez les moins de 30 ans. Les jeunes femmes se montrent particulièrement sensibles à la gravité du phénomène, davantage même que la moyenne générale des femmes : 97% des femmes de moins de 30 ans disent que la loi de 2016 est une bonne chose ; de même 51% d’entre elles seraient choquées si elles apprenaient qu’un proche était “client”.
Face à elles, les hommes de cette génération sont loin d’avoir la même approche. Ils ne sont que 41% à voir la loi de 2016 comme une bonne loi, 56% à considérer la prostitution comme une violence… C’est d’autant plus inquiétant que 20% des garçons de cet âge ont déclaré avoir déjà eu une relation tarifée.
Une large majorité de l’opinion publique soutient largement le modèle abolitionniste incarné par la loi de 2016-444 et identifie la responsabilité des “clients” prostitueurs dans le système prostitutionnel. Mais les fractures générationnelles et genrées montrent qu’il reste un travail essentiel d’information, de prévention et de transformation culturelle pour que la loi porte pleinement ses effets dans notre société.
Rapport complet
En savoir plus sur La Fondation Scelles
À propos de l'enquête
Enquête Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour La Fondation Scelles menée du 13 au 20 octobre 2025 auprès de 1150 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus dont un sur-échantillon de 150 jeunes âgés de 18 à 30 ans.