Régionales 2015 : état d'esprit des Français à la veille du second tour des élections

L’impact du premier tour sur les leaders politiques, la perception de la progression du FN, l’opinion des Français sur le « ni, ni » et le retrait socialiste, les conséquences pour la région d’une victoire de telle ou telle force politique, la crédibilité comparée Gauche / Droite / FN pour gouverner le pays, les souhaits de candidature pour 2017… L’enquête Ipsos / Sopra Steria réalisée pour France Télévisions, Radio France et LCP/Public Sénat fait le point sur l’état d’esprit des Français à la veille du second tour du scrutin.

L’IMPACT DU PREMIER TOUR SUR LES LEADERS POLITIQUES

Pour les Français, Marine Le Pen a été la seule gagnante du premier tour des élections régionales. Les trois-quarts (73%) d’entre eux considèrent en effet que la leader du FN sort « plutôt renforcée » par les résultats du premier tour, alors que respectivement 64% et 60% jugent que François Hollande et Nicolas Sarkozy sortent eux « plutôt affaiblis ». La situation d’opinion pour le président des Républicains est bien différente de celle constatée après le premier tour des Départementales. A l’époque, il avait été perçu plutôt comme gagnant, 48% des Français pensant qu’il était sorti renforcé de ce scrutin, 18% seulement affaibli et 34% « ni affaibli, ni renforcé ».

L’impact des résultats du premier tour est moins négatif en ce qui concerne Alain Juppé : 53% des Français estiment qu’il ne sort « ni renforcé, ni affaibli » du premier tour des élections régionales, 28% le jugeant « plutôt affaibli » et 19% « plutôt renforcé ».

Les sympathisants de droite et de gauche semblent avoir intériorisé la défaite du premier tour. Seul un électeur sur cinq, de gauche comme de droite, juge ainsi que respectivement François Hollande et Nicolas Sarkozy sortent renforcés du premier tour.

LA PERCEPTION DE LA PROGRESSION DU FN

Le rapport d’opinion à l’égard de la progression électorale du FN reste strictement identique à celui mesuré en mars 2015, après le premier tour des élections départementales. 57% des Français disent éprouver « de  l’inquiétude » face aux bons résultats du FN alors que 26% éprouvent « de la satisfaction », 17% demeurant indifférents.

L’OPINION DES FRANÇAIS SUR LE « NI, NI » ET LE RETRAIT SOCIALISTE

Les questions de stratégie électorale face au FN divisent l’opinion publique. Une courte majorité (54% contre 46%) désapprouve la stratégie de Nicolas Sarkozy de maintenir dans toutes les régions les listes de droite, quel que soit le niveau du FN. Si l’électorat LR soutient largement (75%) la position de son président, les électeurs centristes, eux, la contestent majoritairement (57% chez les sympathisants UDI ; 65% chez ceux du Modem).

La question du retrait des listes PS en Nord-Pas-de-Calais/Picardie et en PACA partage quasiment l’opinion en deux blocs égaux : 51% des Français approuvent ce retrait alors que 49% le désapprouvent. La décision du PS est majoritairement soutenue par ses sympathisants (67%), mais suscite plus de réserves au sein des proches d’EELV (50%/50%) et du Front de Gauche (46% pour contre 54%).

LES CONSÉQUENCES POUR LA RÉGION D’UNE VICTOIRE DE TELLE OU TELLE FORCE POLITIQUE

Les résultats du premier tour n’ont pas fondamentalement changé les représentations que se faisaient les Français avant le premier tour d’une victoire de la gauche, de la droite ou du FN dans leur région. Le rapport d’opinion demeure défavorablement orienté pour la gauche : 24% des Français (-1 point par rapport aux mesures d’avant premier tour) voient comme « une bonne chose » sa victoire dans leur région alors que 40% (+2 points) la regardent comme « une mauvaise chose », 36% (-1 point) émettant une opinion neutre en jugeant cette victoire comme « ni bonne, ni mauvaise ».

Il est un peu plus équilibré mais en légère dégradation pour la droite : 27% des Français (-1 point) émettent un jugement positif sur sa victoire dans leur région, 30% (+2 points) un jugement négatif et 43% (-1 point) un jugement neutre.

Enfin, effet sans doute de la forte mobilisation anti-FN dans l’entre-deux tours, les représentations négatives sur une victoire de l’extrême droite sont en hausse au sein de l’opinion. 57% des Français (+4 points) jugent qu’une victoire du FN dans leur région serait une « mauvaise chose », 24% (-2 points) considérant à l’inverse que ce serait une « bonne chose » et 19% (-2 points) « ni une bonne, ni une mauvaise chose ».

LA CRÉDIBILITE COMPARÉE GAUCHE/DROITE/FN POUR GOUVERNER LE PAYS

La droite dispose d’un niveau de confiance pour gouverner le pays très légèrement supérieur à celui de la gauche (41% contre 39%).  Droite et Gauche distancent nettement le FN (20%) sur cet indicateur de crédibilité globale. En revanche, en crédibilité par thématiques, la FN s’impose sur les enjeux sécuritaires. Il est ainsi jugé le plus crédible sur le sujet de « l’immigration » (47% de confiance contre 28% à la gauche et 25% à la droite), de « l’insécurité et de la délinquance » (40% contre 32% à la droite et 28% à la gauche) et de « la menace terroriste » (35% contre 33% à la gauche et 32% à la droite).

La gauche demeure plus crédible que droite et l’extrême droite sur les sujets écologiques et sociaux. Elle l’emporte ainsi sur les thèmes de « l’environnement »   (58% contre 28% à la droite et 14% au FN), de « l’exclusion » (50% contre 28% à la droite et 22% au FN), de « l’éducation « (42% contre 39%  à la droite et 19% au FN) et des « retraites » (42% contre 38% à la droite et 20% au FN). La droite est considérée comme plus crédible sur les sujets économiques (43% sur les « déficits publics » contre 34% à la gauche et 23% au FN ; 42% sur les « impôts et les taxes » contre 36% à la gauche et 22% au FN), le « pouvoir d’achat » (42% contre 38% à la gauche et 20% au FN) et le « chômage » (44% contre 32% au chômage et 24% au FN).

LES SOUHAITS DE CANDIDATURE POUR 2017

Alain Juppé arrive nettement en tête des personnalités que les Français désirent voir candidate à l’élection présidentielle de 2017 en étant le seul à bénéficier d’une majorité absolue de soutien (55%). Auprès des sympathisants LR-UDI, il dispose d’un niveau de souhait de candidature (71%) supérieur à Nicolas Sarkozy (55%). Avec 37% de citations en faveur de sa candidature, Marine le Pen se classe au deuxième rang de la hiérarchie des candidatures souhaitées, devant Manuel Valls (36%), François Bayrou (36%), François Fillon (34%), Nicolas Sarkozy (27%) et François Hollande (24%).

Par rapport au lendemain du premier tour des départementales, le souhait de candidature de Nicolas Sarkozy en 2017 est en recul de 17 points auprès de l’électorat LR-UDI. Cette baisse fait écho à la perception très largement partagée, sur l’ensemble des Français comme chez les sympathisants de droite, d’un affaiblissement du président des Républicains au soir du premier tour. Le souhait de candidature de François Hollande progresse, lui, de 16 points par rapport à cette date auprès de des sympathisants PS, lui permettant avec 70% de rattraper Manuel Valls (69%) en tête du classement.

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