48% des agents de la fonction publique estiment que le manque d'équipement est un frein à la pratique du télétravail
Les chiffres-clés de l’enquête :
- Le basculement de la fonction publique dans le travail à distance est moins rapide que dans le privé. Les agents publics sont deux fois moins nombreux (8%) que les salariés du privé (16%) à télétravailler plus de deux jours par semaine - alors même qu’ils disposent d’un accord intersyndical qui leur permet de le demander. Une grande majorité des actifs du secteur public (69%) a d’ailleurs le sentiment que la fonction publique est en retard sur le secteur privé en matière de télétravail.
- Les agents identifient des freins à la pratique du télétravail :
- Freins culturels. Malgré un an de pratique du télétravail, les freins culturels restent très forts dans la fonction publique. 68% (+3pts vs 2020) des agents jugent que, dans leur organisation, “les gens restent au bureau pour montrer qu'ils travaillent”. Par ailleurs 48% d’entre eux estiment que le manque de confiance des managers rend difficile le développement du télétravail.
- Manque d’équipement. Les agents sont bien plus nombreux à estimer que le manque d’outils adéquats est un frein à la pratique du télétravail (48% vs. 30%).Les agents sont plus nombreux que les salariés du privé à estimer que leur organisation sera probablement la cible d’une cyberattaque (67% vs. 57%) ; et 41% à penser qu’elle n’est pas bien armée pour y répondre (59%)
- Les actifs (du privé et du public) qui télétravaillent régulièrement (au moins deux fois par semaine) sont aussi ceux qui ont les cultures de travail les plus ouvertes : travail en équipe encouragé, autonomie dans la prise de décisions, confiance accordée aux collaborateurs par la hiérarchie, répartition des tâches claires.
- L'enquête révèle de fortes disparités entre les trois versants de la fonction publique : fonction publique d’État (FPE), fonction publique territoriale (FPT), fonction publique hospitalière (FPH). Les agents de la fonction publique hospitalière pratiquent actuellement le télétravail de manière moins fréquente : ils ne sont en effet que 23% à déclarer télétravailler au moins occasionnellement, contre 35% des agents de la fonction publique territoriale et 53% des agents de la fonction publique d’Etat.
N.B. Les actifs interrogés sont des actifs du secteur public et du secteur privé qui travaillent tous les jours ou plusieurs jours par semaine dans un bureau.
La fonction publique se convertit au télétravail… mais moins rapidement que le secteur privé
Le télétravail dans la fonction publique n’est pas simplement un phénomène conjoncturel imposé par les contraintes sanitaires : il y aura bien un “avant” et un “après” crise COVID en la matière.
Le télétravail est entré dans les moeurs - et les esprits - des agents de la fonction publique : 32% le pratiquent au moins une fois par semaine, contre 13% avant la crise (chiffre 2020).
62% des agents sont d’accord avec le fait que la crise actuelle a durablement impacté le travail dans leur organisation : selon eux, il y a aura demain davantage de travail à distance.
Ces changements sont globalement appréciés : 56% des agents de la fonction publique estiment que le télétravail a changé l’organisation du travail dans le bon sens. Une grande majorité (70%) souhaite le pratiquer (au moins occasionnellement) vs seulement 42% qui le pratiquent aujourd’hui.
Un certain nombre d’agents publics ont d’ailleurs pris acte de ces changements sur le long terme et ont déjà opéré des changements de vie importants. La pratique du télétravail a conduit :
- 31% d’entre eux à modifier leur aménagement intérieur
- 7% à déménager à la campagne
- 19% à réaliser des travaux dans leur logement pour faciliter la pratique du télétravail
En revanche, les agents sentent que la fonction publique a encore du retard par rapport au privé : 69% des agents ont le sentiment que la fonction publique est en retard sur le secteur privé en matière de télétravail.
Confiance, accès aux informations, répartition claire des tâches… Le portrait-robot du télétravailleur régulier
Ceux qui pratiquent régulièrement le télétravail (plus de deux jours par semaine) sont également ceux dont les organisations sont plus ouvertes : travail en équipe encouragé, autonomie dans la prise de décisions, confiance accordée aux collaborateurs par la hiérarchie, tâches bien réparties, accès aux documents à distance.
Les freins spécifiques à la fonction publique pour la mise en place du télétravail
Le télétravail est une révolution managériale sans précédent dans la fonction publique qui semble, aujourd’hui, moins bien armée que le secteur privé pour son déploiement. Des freins de plusieurs ordres apparaissent très clairement.
Les freins culturels demeurent forts
Malgré un an de pratique du télétravail, près de 7 agents sur 10 continuent d’estimer que dans leur organisation, les gens restent au bureau pour montrer qu’ils travaillent. Plus de la moitié des agents pensent que leur direction voit le télétravail d’un mauvais oeil (58%), et que ceux qui travaillent à distance sont considérés comme des planqués (57%). Interrogés sur les principaux éléments qui rendent difficile le développement du télétravail, les agents publics citent avant tout le manque de confiance des managers (48%) le manque d’équipement (48%) et le problème culturel (42%)
Près d’un agent sur deux juge que le manque d’outils adéquats pour pratiquer le télétravail est un frein à son déploiement, près de quatre sur dix soulignent le manque d’organisation pour la mise en place du télétravail et deux sur dix pointent du doigt le manque de moyens financiers. Des constats systématiquement plus largement répandus que dans le privé.
Les agents publics reconnaissent toutefois que leur organisation a réalisé des efforts pour déployer les bons outils. En effet, 61% jugent que leur organisation a déployé les bons outils pour faciliter le télétravail depuis le confinement de mars 2020 (+17% par rapport au premier baromètre de novembre 2020).
La sécurité des informations est un enjeu plus identifié par les agents publics que par les salariés du privé. 67% des salariés de la fonction publique considèrent comme “probable” le fait que leur organisation soit victime d’une cyberattaque (vs. 57% dans le privé). 41% des agents (40% dans le privé) considèrent par ailleurs que leur organisation n’est pas bien armée pour y répondre.
Trois versants de la fonction publique, trois mesures du télétravail
L’étude révèle des différences très marquées entre les trois versants de la fonction publique : fonction publique d’État (FPE), fonction publique territoriale (FPT), fonction publique hospitalière (FPH).
Lorsqu’on les interroge sur les outils et les moyens à disposition pour travailler à distance, 62% des agents de la fonction publique hospitalière estiment que leur organisation n’a pas déployé les bons outils (contre 28% dans la FPE et 42% dans la FPT). 63% des agents de la fonction publique hospitalière n’ont pas facilement accès à tous les documents dont ils ont besoin lorsqu’ils ne sont pas au bureau (vs. 33% dans la FPE et 38% dans la FPT).
En conséquence, on constate une différence très marquée dans la pratique du télétravail, avec des écarts très forts entre les trois versants. Les agents de la FPE (32%) sont deux fois plus nombreux que ceux de la fonction publique territoriale (15%) (FPT) et trois fois plus nombreux que ceux de la fonction publique hospitalière (9%) (FPH) à pratiquer le télétravail au moins 2 jours par semaine.
L’accord pour le télétravail dans la fonction publique, plébiscité mais inconnu par un agent sur deux
Si presque tous les agents publics approuvent le fait qu’ils puissent demander à télétravailler jusqu’à trois jours par semaine (80%), ils ne sont en revanche que 8% à travailler à distance plus de deux jours par semaine (vs. 16% dans le privé).
Pour cause, un agent public sur deux (48%) ne connaît pas l’existence de l’accord sur le télétravail pour la fonction publique signé en juillet dernier qui stipule que les agents publics peuvent demander à télétravailler jusqu’à trois jours par semaine.
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À propos de Wimi Wimi, éditeur de logiciel français et leader des outils collaboratifs professionnels, est un acteur engagé pour la souveraineté numérique et la transformation digitale partagée. Wimi équipe l’Assemblée Nationale, le Sénat, plusieurs ministères et services publics ainsi que le Service d’Information du Gouvernement (SIG). Sa plateforme intégrée offre un ensemble complet de fonctionnalités pour collaborer de manière agile en mode projet : tchat, visio, partage de documents, drive, tâches, agendas. L’entreprise a mis au point depuis 2010 des solutions exclusivement développées, opérées et hébergées en France, dans le strict respect du règlement général de protection des données (RGPD) et opérant hors des réglementations extraterritoriales (ex. Cloud Act US). En 2020, WIMI a été l’une des entreprises fondatrices du collectif Playfrance. |