Baromètre Edenred Ipsos – Motivation et Bien-Etre des salariés Français 2011 – La rupture ?

Depuis 2007, Edenred et Ipsos conduisent une enquête annuelle auprès d’un large échantillon de 4 000 salariés français. L'objectif : ausculter la motivation des salariés, l’état de leur relation au travail, de leur bien être au travail.

Auteur(s)

  • Antoine Solom Directeur International, Ipsos LEAD
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Depuis 2007, Edenred et Ipsos conduisent une enquête annuelle auprès d’un large échantillon de 4 000 salariés français.

Objectif : ausculter la motivation des salariés, l’état de leur relation au travail, de leur bien être au travail.

En 2010, au sortir de deux années de crise, les résultats témoignaient d’une place du travail toujours aussi fondamentale, voire renforcée. Certes, les fractures liées à l’âge des salariés (1er facteur de discrimination perçu), au statut (fonction publique vs. secteur privé), à la taille des entreprises soulignaient l’importance de la question de la cohésion au sein même du monde salarial. Par ailleurs, l’encadrement supérieur montrait les premiers signes d’une certaine lassitude, sommes toutes compréhensibles au sortir de deux années de difficultés pour les entreprises.

2011 présente une perspective nettement plus radicale (« rupture ? »). Au-delà de la conjoncture (l’effet « sortie de crise » pouvant accentuer les attentes des salariés),  on fait le constat...

… d’une impasse : satisfaction professionnelle et motivation atteignent des scores historiquement bas. En cause, un déficit toujours aussi massif en terme de rétribution (la question du pouvoir d’achat et du niveau de salaire restent très sensibles) ; mais aussi la question de l’utilisation des compétences, des conditions de l’accomplissement au travail.

… d’une confirmation : les blocages structurels du marché du travail sur le long terme empêchent la majorité des salariés de se projeter dans un avenir professionnel. Par ailleurs, la réforme des retraites a contribué à brouiller encore un peu plus les cartes (quelle fin de carrière professionnelle ?) et rendu plus aigue la question de l’employabilité des salariés. 

… de deux signaux d’alerte : le premier concerne l’encadrement supérieur. Les tendances soulignées en 2010 se confirment. Démotivation, sentiment de trop s’impliquer, stress… autant de signes qui doivent interpeller. Cause ou conséquence, la confiance dans le management baisse (surtout dans le secteur public), de même que l’appréciation portée aux pratiques managériales.    

Deuxième signal d’alerte, les salariés Français se disent moins souvent ‘heureux’ au travail. Pour la première fois, l’une des caractéristiques traditionnelles de la relation des salariés français à leur travail (une dimension affective, quasi hédoniste) semble atteinte, en particulier dans le secteur public.

Ce cocktail (blocages, décrochage du management, baisse du bonheur au travail) est il annonciateur d’une rupture plus durable ?

A défaut d’apporter une réponse définitive, quelques priorités se dégagent à court terme :

-          Le pouvoir d’achat. Le déséquilibre entre travail et rémunération est-il tenable sur la durée ? à noter : avantages sociaux et périphériques de la rémunération restent largement plébiscités, signes supplémentaires du caractère aigu de la question du pouvoir d’achat.

-          La formation, l’employabilité, l’accompagnement des salariés dans leurs parcours professionnels – la viscosité du marché du travail et l’incapacité des salariés à se projeter qui en découle, accentuée par la réforme des retraites, appellent des initiatives ambitieuses, innovantes et probablement un changement de posture de la part des entreprises / administrations : la fin du « soyez acteur de votre carrière » et la priorité à une démarche de conseil adaptée et personnalisée.

-          Le management : le traditionnel « malaise des cadres » va désormais bien au-delà de cette catégorie - par ailleurs de moins en moins signifiante. L’accumulation de résultats convergents au cours des deux dernières années, appellent à revoir les représentations liées aux pratiques managériales (du manageur ‘décideur’ au manageur ‘influent’) et met au centre du débat la question de l’autonomie et de la responsabilisation du management dans des organisations toujours plus complexes en recherche de contrôle et de résultats court terme. 

-          Le bien être, le « mieux vivre en entreprise » : du fait des blocages existants en matière de rétribution ou d’évolution, la qualité de vie au travail occupe une place centrale. Elle n’est pas nécessairement un accélérateur de motivation, elle apparait décisive  pour enrayer la démotivation.

Au-delà des éléments matériels (confort, conditions de travail, horaires…), il est surtout question à l’instar de ce que l’on observe dans les TPME, d’attention, de valorisation de la part du management, de proximité, de solidarité (‘travailler ensemble’), de capacité à donner des signes de reconnaissance.

Auteur(s)

  • Antoine Solom Directeur International, Ipsos LEAD

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