Chefs d’entreprises : préoccupés mais confiants
AXA Entreprises a souhaité donner la parole aux dirigeants de TPE, PME et ETI pour appréhender et comprendre leurs préoccupations actuelles. Réalisée par Ipsos auprès de 500 chefs d’entreprises de 10 à 500 salariés, la 1ère édition du baromètre AXA des préoccupations des chefs d’entreprise révèle leur état d’esprit, leurs préoccupations ainsi que leurs attentes.
Manque de reconnaissance, difficultés à embaucher, problèmes de fiscalité... L’entrepreneuriat serait-il la bête noire de notre économie ?
Les chefs d’entreprises, des mal-aimés ? C’est en tout cas un sentiment largement partagé par ce corps de métier qui considère à 93% que leur statut est aujourd’hui peu valorisé et mériterait de l’être d’avantage « compte tenu de leur rôle vis-à-vis de l’emploi ».
De même, ils sont 92% à estimer qu’« on parle beaucoup des grandes entreprises mais que les PME sont souvent oubliées ». Enfin, 74% d’entre eux pensent qu’ils sont souvent vus, à tort, comme des « patrons bien payés ».
A ce manque de reconnaissance s’ajoutent aussi les difficultés à recruter, reconnues par 73% des chefs d’entreprises comme un frein important. Le manque de main d’œuvre qualifiée (66%) est cité ainsi par ces patrons comme l’une des principales raisons de leur difficulté à recruter. Le turnover des employés est également un souci pour 41% d’entre eux.
« La difficulté à recruter les profils dont on a besoin dans l'entreprise n'est pas une préoccupation exclusive du marché français, il y a un certain nombre d'études qui montrent qu'elle est partagée. En revanche ce qui est clair c'est qu'elle est beaucoup plus aiguë en France que sur les autres marchés européens », commente pour sa part le directeur général d'Axa Entreprises, Jad Ariss.
Dans ce contexte, l’assouplissement du temps de travail ou des règles régissant les contrats sont au 1er rang des attentes. Ainsi, plus de 8 dirigeants sur 10 souhaitent :
- une amélioration du statut fiscal des heures supplémentaires (89%),
- une révision de la durée du travail (82%)
- et un assouplissement des CDD (81%)
De même, 2 sur 3 voudraient voir assouplies les obligations liées aux changements de seuils.
Autre piste pour faciliter le recrutement, 76% préconisent que les formations initiales soient plus opérationnelles.
Malgré ces difficultés à recruter, ces chefs d’entreprises se sentent néanmoins concernés par les évolutions sociologiques et notamment par le nouveau rapport des jeunes au travail (78%), le bien-être des salariés et la lutte contre le stress au travail (69%).
Dans ce quotidien complexe et incertain, les chefs d’entreprises doivent aussi faire face avant même les difficultés liées à l’activité - trésorerie, impayés, concurrence, nouvelles technologies – au poids de la fiscalité, pointée comme la difficulté majeure pour 92% d’entre eux. Le caractère incertain de la fiscalité et la complexité de la réglementation sont également vécus comme une épreuve pour 90% des patrons. Le manque de visibilité dans ce domaine et, plus largement, sur la situation économique, pèse tout particulièrement.
Au-delà des préoccupations économiques, des préoccupations plus nouvelles émergent : mise en cause de leur responsabilité civile ou pénale, risque d’image, crise médiatique, cyber risques…
Interrogés sur les risques qui les préoccupent, les dirigeants mettent en tête, parmi 16 menaces identifiées, une mise en cause de leur responsabilité civile et pénale (80% d’entre eux se disent « préoccupés » par ce point et même « très préoccupés » pour 3 sur 10). Ce sentiment de vulnérabilité s’accentue également pour les deux tiers des chefs d’entreprises interrogés par le risque de procédure prud’homale.
Ces risques de mise en cause, qui « n’étaient pas forcément une source d’inquiétude auparavant, prennent de l’importance avec ce que les dirigeants perçoivent comme une judiciarisation croissante de la société », indique Jad Ariss.
La gestion de l’image et de la réputation de leur entreprise véhiculées par Internet préoccupent aussi 61% des chefs d’entreprise et un sur deux se dit inquiet par le risque de crise médiatique.
Amplifiés par la place croissante des réseaux sociaux, ces risques deviennent aujourd’hui une véritable angoisse pour ces patrons. Autre nouveauté : les cybers risques prennent une place notable parmi les sujets de préoccupation avec là aussi près d’un chef d’entreprise sur deux qui mentionne ce risque (46%).
Malgré le contexte économique, les chefs d’entreprise restent cependant positifs sur la situation de leur propre entreprise.
Avec toutes ces préoccupations, les trois quarts des chefs d’entreprise interrogés avouent qu’il est aujourd’hui plus difficile de monter une entreprise qu’il y a 20 ans.
Pour autant sont-ils abattus ?
Pas vraiment ! Et heureusement… Les dirigeants sont plutôt positifs sur la situation de leur propre entreprise : 58% estiment qu’elle se porte bien ou très bien, seuls 9% jugeant au contraire qu’elle va mal. De même, leur vision de l’avenir est plutôt positive, puisqu’un quart des chefs d’entreprise pensent que leur entreprise va connaître une croissance et seuls 6% que leur activité risque de se dégrader.
Confirmation que les chefs d’entreprise gardent une certaine confiance : seulement 8% déconseilleraient à une personne tentée par la création d’entreprise de se lancer dans cette aventure.
Fiche technique :
Enquête réalisée auprès de 500 dirigeants d’entreprises de 10 à 500 salariés, un échantillon national représentatif selon la méthode des quotas appliquée au secteur d’activités, à la taille de l’entreprise et la région d’implantation. Étude menée du 15 mai au 20 juin 2014 par entretiens téléphoniques de 25 minutes.