COP26 : La crise de la Covid-19 est passée devant les préoccupations à l’égard des changements climatiques

A l'occasion de la COP26 organisée du 1er au 12 novembre 2021 à Glasgow, Ipsos a mené via sa plateforme Global Advisor une grande enquête auprès des citoyens de 29 pays pour mieux comprendre la place de la question environnementale dans leur quotidien. Yves Bardon, directeur du programme Ipsos Flair, décrypte les résultats.

La Cop 26 a commencé avec les propos extrêmement pessimistes du Secrétaire général des Nations Unies, qui organisent la Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques du 1er au 12 novembre 2021 en Écosse, au coeur du Royaume-Uni.

António Guterres n’y est pas allé de main morte : « Alors que s’ouvre cette conférence sur le climat tant attendue, nous courons tout droit à la catastrophe. Nous sommes en train de creuser notre propre tombe. Les six années qui se sont écoulées depuis l’Accord de Paris sur le climat ont été les six années les plus chaudes jamais enregistrées. Notre addiction aux énergies fossiles conduit l’humanité tout droit vers l’abîme ; le choix est simple : soit nous y mettons fin, soit c’est elle qui nous fera disparaître ».

Les citoyens du monde sont-ils conscients de la gravité de la situation ou semble-t-elle exagérée ? Pour s’en faire une idée, Ipsos a réalisé une enquête dans vingt-neuf pays, notamment sur les nouveaux comportements en lien avec les changements climatiques.

Il est clair que la crise de la Covid-19 est aujourd’hui passée au premier plan des préoccupations et a donné moins d’importance à la question du climat : en janvier 2020, à l’échelle mondiale, 69% des interviewés déclaraient avoir modifié leurs pratiques de consommation par souci des changements climatiques, contre 56% en octobre 2021. À 52% (-21pts vs 2020), la France fait partie des pays où la baisse de la proportion des gens soucieux de l'environnement est la plus importante avec la Malaisie (62%, -23pts), l'Espagne (53%, -23pts) et la Pologne (49%, -23pts).

On note toutefois que 20% des Français de moins de 35 ans disent avoir beaucoup transformé leur consommation eu égard au changement climatique, contre 15% des 35-49 ans et 9% des 50-74 ans. Les femmes sont aussi plus nombreuses que les hommes (44% vs 30%) à affirmer avoir un peu changé leurs habitudes en raison de préoccupations climatiques, comme éviter de jeter de la nourriture (53% vs 38%), économiser l'eau à la maison (51% vs 40%), acheter moins de nouveautés en conservant ses affaires (39% vs 26%) et plus de produits recyclés (27% vs 17%).

Pour savoir si les gens se sentent plus ou moins actifs que leur entourage, les interviewés ont été invités à répondre à des questions sur les comportements adoptés par leurs voisins en raison de leurs préoccupations à l’égard du changement climatique. A l’échelle mondiale, 30 % déclarent que leurs voisins ont adapté leurs pratiques, 34 % disent qu’ils n'ont apporté aucun changement et 37 % déclarent qu'ils n’en savent rien. Le score français : 20%, 38%, 43%.

Recycler et composter viennent en tête des choses que les Français disent faire eu égard aux changements climatiques (58%), devant éviter le gaspillage alimentaire et économiser l’eau (46%) ou l’énergie à la maison (43%). On rappellera que, loin d’être réellement efficace, le recyclage des déchets n'économise que 0,2 tonne de CO2 par personne et on notera que 7% des Français seulement (en dernière position) envisagent d’acheter une voiture avec une source d’énergie autre que les carburants actuels, alors que leur impact sur les changements climatiques fait partie du problème.

La crise de la Covid-19 n’est pas terminée et continuera d’occuper les esprits tant qu’elle ne sera pas définitivement jugulée. Il sera intéressant de voir l’année prochaine si les préoccupations à l’égard du climat redeviendront prioritaires ; en attendant, il n’est pas inutile de se demander si le catastrophisme et l’injonction sont la meilleure méthode pour convaincre.

António Guterres en semble convaincu quand il affirme : « Le moment est venu de dire : Ça suffit ! Détruire la biodiversité ? Ça suffit ! S’autodétruire à cause du carbone ? Ça suffit ! Jeter la nature à l’égout ? Ça suffit ! Brûler, forer et excaver toujours plus profond ? Ça suffit ! ».

Mais on se souviendra des débats Fin du Monde ou Fin du Mois et de toutes les ressources à mettre en œuvre (explications et accompagnement, rapport qualité-prix, accès à des solutions alternatives abordables, etc.) pour faire passer les consommateurs de « Devoir » à « Vouloir ».

Télécharger le rapport complet


Fiche technique : enquête menée par Ipsos dans 29 pays via sa plateforme en ligne Global Advisor. Ipsos a interrogé 23 055 personnes âgées de 18 à 74 ans en Afrique du Sud, au Canada, en Malaysie, en Turquie et aux USA, 16 ans et plus en Norvège, et 16 à 74 ans dans 23 autres marchés du 24 septembre au 8 octobre 2021.

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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