Européennes : les implications au Royaume-Uni

Allemagne, Italie, Espagne, UK, République Tchèque et Suède : les expertises politiques du Groupe Ipsos se sont mobilisées pour décrypter l’impact des élections Européennes sur leur pays. Trois questions : taux d’abstention, implication des élections sur le pouvoir en place, montée de l’euroscepticisme. Trois réponses à découvrir ci-dessous. Cinquième de la série : le Royaume-Uni. Par Gideon Skinner et Bobby Duffy, Ipsos.

Doit-on s'attendre à une abstention record au Royaume-Uni lors de ces élections ? Pourquoi ?

« Le taux de participation britannique pour les élections européennes est systématiquement inférieur à la moyenne européenne. En 2009, à peine 35 % des Britanniques avaient voté (taux de participation le plus bas de l'Europe de l'Ouest) et les derniers chiffres de l'enquête Ipsos European Pulse suggèrent que les Britanniques restent parmi les moins susceptibles d'aller voter aux prochaines élections. Avec la poussée du Parti pour l'Indépendance du Royaume-Uni (UKIP) comme force politique et une forte couverture médiatique, nous pourrions connaître une légère augmentation du taux de participation cette fois-ci, bien que nous nous attendions quand même à ce qu'il soit nettement inférieur à celui des élections législatives de l'année prochaine (notre recherche pour la société Hansard pour un audit de l'Engagement Politique montre que les Britanniques sont deux fois moins sûrs d'aller voter aux élections européennes qu'aux législatives). »

Comment se présentent ces élections pour le ou les partis au pouvoir au Royaume-Uni ?

« Aux élections législatives, les résultats du parti conservateur au pouvoir et du parti libéral-démocrate ont changé. Le soutien au Parti Conservateur est resté relativement stable, juste derrière la principale force d'opposition, le Parti Travailliste (les Conservateurs sont à 31 % des suffrages contre 34 % pour les Travaillistes dans notre dernier sondage). Les Libéraux Démocrates ont perdu une grande partie de leur soutien, avec toutefois actuellement 9 % des suffrages, quatrièmes derrière le UKIP à 11 %. Nous ne publions pas les sondages sur les intentions de vote pour les élections parlementaires européennes, mais on peut s'attendre à ce que les mauvais suffrages pour les Libéraux Démocrates se reflètent aux élections européennes, certains prédisant même qu'ils n'arriveront pas à obtenir le moindre siège. On s'attend à ce que les Conservateurs fassent moins que ce que le scrutin des élections législatives laisserait penser, certains de leurs soutiens étant attendus à voter pour le UKIP et il faut noter que l'enquête Ipsos European Pulse a montré que plus de la moitié des Britanniques pensent que les élections seront remportées par des mouvements anti-européens. Après les élections européennes, toutefois, il y a des signes selon lesquels le UKIP pourrait perdre de son élan, ce qu'espèrent les Conservateurs. »

Les forces eurosceptiques espèrent réaliser une percée en Europe. Le Royaume-Uni sera-t-il concerné par cette tendance ?

« Il faut garder à l'esprit que le Royaume-Uni a toujours été l'un des pays les plus eurosceptiques. L'enquête Ipsos European Pulse a montré par exemple que les Britanniques étaient parmi les plus nombreux à souhaiter quitter l'Union Européenne ou à réduire ses pouvoirs, bien que notre dernier sondage suggère qu'à choisir entre faire partie/sortir de l'Union Européenne, leur préférence est de rester au sein de l'Union Européenne. Il y a une incertitude sur les résultats du UKIP pendant ces élections, un parti pour lequel le retrait de l'Union européenne est un principe fondateur. On s'attend largement à ce qu'ils recueillent davantage de voix qu'en 2009, où ils avaient fini seconds. Ces dix-huit derniers mois, ils ont bénéficié d'un soutien accru. Ils n'avaient jamais recueilli plus de 8 % des voix aux législatives avant 2013 et ont depuis atteint un nombre à deux chiffres au cours des 15 derniers mois, à une exception près. Dans la situation actuelle, on ignore toujours s'ils seront en concurrence avec le Parti Travailliste pour remporter le plus de sièges possible au Parlement européen. Cela dépendra fortement du taux de participation. »

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