Européennes : les implications en Allemagne

Allemagne, Espagne, Italie, UK, République Tchèque et Suède : les expertises politiques du Groupe Ipsos se sont mobilisées pour décrypter l’impact des élections Européennes sur leur pays. Trois questions : taux d’abstention, implication des élections sur le pouvoir en place, montée de l’euroscepticisme. Trois réponses à découvrir ci-dessous. Première de la série : l’Allemagne. Par Tobias Michael et Alexander Glantz, Ipsos.

Doit-on s'attendre à une abstention record en Allemagne lors de ces élections ? Pourquoi ?

« Comme dans les autres pays, le taux de participation aux élections européennes est bien plus bas que celui aux élections fédérales ou régionales. Ce taux a évolué au fil des ans, se retrouvant parfois au-dessus, parfois en-dessous de la moyenne européenne. Globalement, il a baissé depuis le premier scrutin organisé en Allemagne en 1979, mais s'est stabilisé aux trois dernières élections pour s'établir à 43% en 2009. Les élections européennes de 2014 ont lieu en même temps que 10 élections régionales, mais nous ne nous attendons pas à une hausse considérable du taux de participation, puisque les élections de 2009 coïncidaient déjà avec 7 élections régionales. Bien que le Parti socialiste européen bénéficie pour la première fois d'un candidat commun et acclamé en la personne de Martin Schulz, ce dernier reste largement inconnu en Allemagne. Par conséquent, la mobilisation des électeurs ne passera pas par les chefs de file. La seule nouveauté, c'est l'abolition par la Cour Constitutionnelle allemande du seuil des 3%, qui avait été introduit en 2013 en Allemagne. Certes, cette réforme pourrait mobiliser les électeurs puisqu'elle vient atténuer les risques de voix gaspillées pour les plus petits partis. Pour autant, il n'est pas certain que les électeurs soient conscients des complexités du système électoral. D'une manière générale, nous pensons que le taux de participation en Allemagne restera au même niveau qu'à la précédente élection. »

Comment se présentent ces élections pour le ou les partis au pouvoir en Allemagne ?

« Les Chrétiens-démocrates (CDU) constituent la plus grande force d'Allemagne d'après le résultat de nos sondages. Avec leurs partenaires de coalition, les Sociaux-démocrates, ils remportent 65% des intentions de vote. En outre, la popularité du gouvernement est restée quasiment au même niveau depuis les élections fédérales de 2013. Nous ne nous attendons pas à des surprises sur ce plan. »

 

Les forces eurosceptiques espèrent réaliser une percée en Europe. L’Allemagne sera-t-elle concernée par cette tendance ?

« Début 2013, nous avons vu la création du parti anti-euro AfD, qui a échoué de peu son entrée au Bundestag, le Parlement allemand. L'AfD a de bonnes chances de mobiliser une partie de l'électorat eurosceptique dans l'élection à venir. Nos sondages placent l'AfD à 7%, soit bien au-dessus du résultat des élections fédérales. Cependant, le parti chrétien-démocrate compte également des eurocritiques qui, historiquement, canalisent le sentiment anti-européen vers le spectre politique traditionnel. De ce fait, l'AfD fera son entrée dans le Parlement européen, mais une victoire écrasante des eurosceptiques n'est pas à l'horizon en Allemagne. »

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