Halloween 2020, quand la fiction rencontre la réalité

A l'occasion d'Halloween, nous avons interrogé les membres de la communauté #Home d'Ipsos. A l'heure du reconfinement, quels sont leurs projets pour cette édition 2020 qui s'annonce bousculée par la crise sanitaire ?

Des navets ou des citrouilles sculptées, Jack O Lantern, des créatures angoissantes, des feux de joie, des repas copieux près de la cheminée… Voilà parmi les ingrédients caractéristiques d’Halloween, héritage de la fête celtique de Samhain. 

Historiquement, Halloween est un moment de l’année très particulier : c’est la fin des récoltes et l’arrivée de la nuit, l’ouverture de passages entre les trépassés et les vivants, le visible et l’invisible. Comme la plupart des fêtes, les rituels d’Halloween veulent conjurer les peurs associées aux mondes sombres, à un soleil qui ne se lèverait plus, à notre propre fin. Il est donc essentiel que la lumière l’emporte sur les ténèbres, l’abondance sur la misère, la vie sur la mort.

Une résonance particulière 

Des siècles plus tard, l’inconscient collectif reste imprégné par ces archétypes. Les communautés d’Ipsos sondées en ligne* n’y échappent pas. Quand on leur parle d’Halloween, ils en donnent la définition suivante : « C'est la fête des morts, une fête où toutes les créatures étranges sont de sortie, on joue à se faire peur et on se goinfre de bonbons ».

Cette année, Halloween a une résonance particulière. Indépendamment des plus hostiles et indifférents – qui dénoncent la récupération mercantile de la fête et son origine américaine (pourtant fausse !) – nos communautés montrent que l’événement se reconnecte symboliquement à ses fondamentaux. La pandémie nous a brutalement rappelés aux réalités de notre condition humaine, fragile et vulnérable, alors que nous croyons dominer le monde et la nature. C’est la première fois depuis longtemps que la mort et la maladie font partie de notre quotidien collectif avec des statistiques permanentes sur les décès, les cas de contaminations, les hospitalisations…

Loin d’être un déguisement splendide ou macabre, les masques, normalement réservés au Carnaval et à Halloween, sont désormais l’accessoire incontournable de notre sécurité, sans fonction magique ni symbolique : nous sommes nous-mêmes devenus des « créatures étranges » à qui la tenue qui fait le plus peur est l'absence de masque !

Dans ce contexte que représente Halloween cette année ?

Pour ceux qui n’ont pas - ou plus - de jeunes enfants, ceux qui boycottent Halloween, que ça n’intéresse pas, qui n’organisaient pas d’événement particulier… Rien ne change.

Pour les autres, ils se demandaient avant les annonces de mercredi soir comment ils arriveraient à composer avec un ensemble de contraintes impossibles à harmoniser : limiter les risques de contamination, se soumettre aux restrictions, ne pas décevoir les enfants, et tenter de s’amuser tous ensemble.

Le nouveau confinement a sonné le glas d’Halloween pour un certain nombre de participants, ceux qui espéraient par exemple décaler l’heure de la récolte des bonbons ou circonscrire la quête « des bonbons ou un sort » à l’immeuble ou au voisinage immédiat avant de rentrer. Pour eux, la fête est terminée, ils ne feront rien et leur frustration est évidente.

Les autres veulent rester fidèles à l’esprit d’Halloween et décorent leur intérieur avec des citrouilles, des toiles d’araignées et des squelettes ; ils préparent des recettes à base de potiron et des repas à thème (« On fera des gâteaux et des saucisses en forme de doigts ! », « J'ai prévu simplement de faire une soirée à la maison avec mon mari et mes enfants. On va se déguiser et j'ai prévu une chasse aux bonbons pour faire plaisir aux enfants. En attendant, on a préparé la citrouille. »). En format encore plus resserré, certains couples prévoient de faire une « soirée film d’horreur » avec des costumes de circonstance.

Les plus déçus de tous par le reconfinement sont ceux qui avaient rêvé de partager un moment ensemble pour se changer les idées. Ou en allant avec leurs enfants dans un parc d’attraction pour retrouver leurs personnages préférés et les animations, notamment le Festival Halloween Disney à Disneyland Paris et Peur sur le parc chez Astérix ; ou en fêtant un anniversaire réunissant les générations ou en partageant une soirée plus ou moins arrosée entre amis. 

Cet Halloween confiné est d’autant plus ironique que la lumière nichée au cœur de la citrouille est la métaphore de la vie. 

*Communauté d’Ipsos #Home, sondée en ligne 

Pour en savoir plus sur les communautés Ipsos, contactez Nathalie Eskenazi via le formulaire en bas de page.

 

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

Articles liés

  • Baromètre Prospectif Groupe VYV 2026 | Les grandes transformations sociales à horizon 10 ans | Éco-anxiété
    Environnement Enquête

    Trois Français sur quatre veulent mieux suivre l’impact de l’environnement sur leur santé

    Alors que les effets du changement climatique se manifestent de façon toujours plus concrète avec canicules, incendies, épisodes de pollution ou tensions sur les ressources naturelles, les liens entre santé et environnement s'imposent progressivement dans le débat public. À l'occasion de la Semaine européenne du développement durable, le Groupe VYV publie les résultats du volet « transition écologique » de son Baromètre prospectif : « Les grandes transformations en France à horizon 10 ans : le regard des Français » réalisé avec Ipsos bva. L'étude révèle que les Français considèrent désormais l'environnement comme un déterminant majeur de leur santé et de leur qualité de vie.
  • Automobile | Mobilité | Les Français et la mobilité

    Les Français et la mobilité : l'automobile dans un monde post-travail

    Après notre immersion dans l'été des Français, Ipsos bva inaugure une nouvelle série dédiée à leurs habitudes en termes de mobilité. Dans ce deuxième épisode, nous nous intéressons à la place de l'automobile dans un monde post-travail. Si l'intelligence artificielle venait à remplacer le travail humain, quel serait l'avenir de nos déplacements ? Dans le prolongement de notre réflexion sur le revenu universel, la communauté Ipsos RealTalk a imaginé la place de la voiture dans un monde affranchi des trajets domicile-travail. Entre le maintien d'une dépendance vitale hors des métropoles, le passage à une mobilité tournée vers les loisirs et l'attrait grandissant pour l'autopartage, l'automobile réaffirme paradoxalement son statut de symbole d'indépendance.
  • Collegien
    Santé Enquête

    Vaccination contre le papillomavirus au collège : un dispositif bien identifié qui s'inscrit dans le parcours de prévention des adolescents

    Trois ans après le lancement de la campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) au collège, une étude menée par Ipsos bva pour MSD met en lumière une bonne connaissance du dispositif par les familles et un niveau de satisfaction particulièrement élevé parmi celles qui y ont eu recours. Les résultats soulignent également le rôle central des professionnels de santé dans l'accompagnement des décisions parentales et identifient des marges de progression en matière d'information auprès de certains publics.